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Mar 4, 2017

La résolution de conflits selon la méthode Montessori

résolution de conflits selon Montessori

La résolution de conflits selon la méthode Montessori

L’émergence de conflits entre l’adulte et l’enfant survient lorsque celui-ci gagne en autonomie en commençant à marcher et à vouloir toucher aux objets. Il entreprend alors la conquête de son milieu environnant et s’intéresse davantage à tout ce qui l’entoure. Par rapport à l’adulte, le jeune enfant devient par conséquent celui qui dérange l’adulte et, engendre de ce fait, des conflits. Plus âgés, à l’âge de l’entrée à l’école maternelle, celui-ci se confronte à ses pairs et construit ses relations sociales vis-à-vis des autres. Parfois, la confrontation avec l’adulte et avec les autres élèves de sa classe ne se déroule pas sans heurts.

L’enfant affirme aussi, de plus en plus, son besoin d’indépendance et d’autonomie. De surcroît, le système scolaire dans lequel l’élève se trouve, ne répond pas toujours à ses besoins. Dans une structure Montessori, nous verrons en premier lieu, comment cette méthode pédagogique permet de restreindre et de résorber les confits. Dans un deuxième temps, au sein d’un système scolaire traditionnel, comment la méthode Montessori aurait-elle pu éviter certaines conflits ?

Afin de se faciliter la vie, l’adulte impose ses propres règles à l’enfant en fonction de ce qui l’arrange en posant des interdictions strictes sans parfois tenir compte de ses besoins réels. Maria Montessori parle d’ « adaptations » qui « se font au complet désavantage de l’enfant, dont l’infériorité sociale est absolue ; et la répression de l’enfant, dans l’ambiance où règne l’adulte, devient fatale, du fait que l’adulte, inconscient de cette attitude de défense, n’est conscient que de son amour et de sa généreuse abdication. » ».* « Un instinct de défense » vis-à vis de l’enfant se met alors en place. Par conséquent, l’enfant n’a d’autre choix que de s’adapter au monde de l’adulte avec ses exigences. Si aucune place n’est accordée dans le monde adulte, l’enfant aura des difficultés à trouver sa propre place. Or, « les enfants sont prisonniers d’une civilisation construite exclusivement par l’adulte pour le bien de l’adulte, qui se resserre toujours davantage, ne laissant à la liberté de l’enfant qu’un espace progressivement réduit. »*

Comment la méthode pédagogique Montessori permet-elle de restreindre et de résorber les conflits ?

Maria Montessori pense qu’en tant qu’adulte, nous devrions nous interroger sur nos propres attitudes afin de nous amener à analyser nos erreurs et à prendre conscience de l’impact de notre comportement ou de nos agissements envers l’enfant. Nous pouvons être injustes vis-à-vis de lui. L’essentiel est de comprendre les raisons pour lesquelles nous agissons de la sorte et surtout de travailler sur nous-mêmes pour éliminer l’injustice dont nous faisons preuve envers lui. « La première et la plus importante étape, pour chacun d’entre nous, doit être de faire un examen de conscience, de découvrir ses manques et déficiences et de chercher à y remédier.Pensons-nous que mettre fin aux injustices constitue un pas vers la paix ? Alors, nous devons commencer en reconnaissant la plus grande de nos injustices, celle envers les enfants,… »*Au regard de l’impérativité de prendre conscience de nos défaillances, nous devons savoir nous remettre en question afin d’agir de manière bienveillante vis-à-vis de l’enfant et ceci, en établissant « une collaboration avec les enfants. »*

De plus, l’adulte ignore complètement un paramètre essentiel : celui de prendre en considération le fait que l’élaboration d’un monde meilleur passe inéluctablement par ce qui se construit durant l’enfance. Avant de devenir les adultes que nous sommes, nous avons été des enfants ayant reçu une certaine éducation contribuant ou pas à avoir une vision pacifiste de l’humanité.

* Maria Montessori, L’enfant, Desclée de Brouwer, 1936.Pages 65 ,68 et 69. /Maria Montessori, L’éducation et la Paix, DDB, 1996.Page 102.

Afin de parvenir à cet équilibre, l’adulte devrait être capable de prendre du recul face à sa vision de l’éducation et de ce fait, s’inscrire dans un cheminement différent. L’homme doit avoir conscience que « rien ne peut être réalisé dans le monde de l’adulte qui n’ait d’abord été réalisé dans le monde de l’enfant. »*  Il est alors crucial d’accorder une importance capitale concernant l’éducation basée sur le respect, l’écoute et l’échange. Maria Montessori considère que « l’éducation est une forme de protection, d’aide donnée dans le respect des lois de la vie. »*

« En sachant repérer les périodes sensibles, l’éducateur sera en mesure de comprendre les conséquences de caprices chez un élève »

En sachant repérer les périodes sensibles, l’éducateur sera en mesure de comprendre les conséquences de caprices chez un élève. En effet, les caprices sont l’expression de conflits intérieurs liés aux périodes sensibles. A ce stade, la vigilance est de mise car « les caprices de la période sensible sont l’expression extérieure de besoins insatisfaits ; ils constituent de véritables avertissements d’une situation fausse, d’un danger ; ils disparaissent immédiatement, quand il est possible de les comprendre et de les satisfaire. »*En parvenant à comprendre et à déceler ces caprices, l’adulte que nous sommes pourra alors « préparer une période de compréhension et de paix dans nos rapports avec lui. »*

Afin de pouvoir permettre à l’enfant d’évoluer dans une ambiance appropriée, l’adulte ne doit pas se poser en détenteur de raisons et de ce fait, imposer ses lois et ses convictions à l’enfant.

Maria Montessori  parle véritablement d’ « Aide à la Vie » : l’adulte doit non seulement repenser son attitude autoritaire mais il doit se référer aux besoins de l’enfant en le considérant comme un guide.

Maria Montessori, en décrivant sa méthode d’éducation souligne le fait que celle-ci « est fondée sur le développement psychique de l’enfant normal. »*Elle considère l’enfant comme étant « le pivot de son éducation. »*L’enfant, embryon spirituel, se construit à partir de ses expériences. Pour parvenir à cette construction, l’enfant doit être l’élément principal auquel doit se référer l’adulte en répondant à ses besoins.

Il possède également sa propre personnalité dont l’adulte doit tenir compte. En effet, comme le souligne Maria Montessori, l’enfant « n’est pas un adulte en miniature. Il est, d’abord et avant tout, le détenteur d’une vie personnelle qui a des caractéristiques et un but spécifiques. »* L’enfant est un être à part entière avec son propre vécu et il est essentiel de respecter son individualité.

« Ainsi, la méthode pédagogique Montessori prend en considération et est centrée sur les besoins de l’enfant. C’est pourquoi, mise en application au sein d’une classe, elle tend à réduire d’emblée les conflits. »

Ainsi, la méthode pédagogique Montessori prend en considération et est centrée sur les besoins de l’enfant. C’est pourquoi, mise en application au sein d’une classe, elle tend à réduire d’emblée les conflits. En effet, le besoin d’autonomie de l’enfant, sa liberté et son besoin de mouvement sont respectés et, de ce fait lui permettent de se développer à son propre rythme dans une ambiance conçue spécialement pour lui et répondant à son désir de travailler.

Cette ambiance est primordiale dans la mesure où il ne peut se développer si et seulement si tous les éléments sont réunis pour favoriser son apprentissage. C’est pourquoi, »il faut créer pour l’enfant un contexte qui réponde à ses besoins, du point de vue tant de sa santé physique que de sa vie spirituelle. »*C’est une des conditions sine qua non à l’épanouissement de l’enfant au sein d’une ambiance.

Dans ce contexte précis, l’enfant n’a pas d’entrave à agir librement, à répéter son travail autant de fois qu’il le souhaite et selon la durée désirée. En conséquence de quoi, le sentiment de frustration est inexistant puisque ses besoins sont satisfaits. Etant donné que la liberté et l’autodiscipline s’allient, l’enfant n’éprouve alors plus l’envie de s’adonner à un comportement destructeur et conflictuel.

Maria Montessori, L’enfant, Desclée de Brouwer, 1936.Pages 69 et 36.

Maria Montessori, L’éducation et la Paix, DDB, 1996.Pages 104, 76,107 et 37

Lorsque l’enfant se plonge dans son travail, il s’adonne complètement à son activité sans se soucier de ce qui l’entoure. Grâce à l’esprit absorbant, il apprend inconsciemment et sans effort. Le côté fastidieux de l’apprentissage n’existe pas. Dans le respect des périodes sensibles, celui-ci réalise son travail avec une extrême concentration et n’a donc pas de propension à déranger ses camarades qui eux-mêmes trouvent dans l’ambiance, le travail désiré correspondant à leurs besoins.

Les conséquences qui découlent de cette éducation sont cette concentration quand il effectue un travail, et la normalisation.

« L’enfant est alors, parvenu à un comportement stable et sociable envers ses pairs et, s’adonne à son travail en adoptant une discipline naturelle, une joie à travailler tout en se faisant preuve de concentration et d’autonomie. »

L’enfant est alors, parvenu à un comportement stable et sociable envers ses pairs et, s’adonne à son travail en adoptant une discipline naturelle, une joie à travailler tout en se faisant preuve de concentration et d’autonomie.

C’est ainsi que l’enfant « se révèle incroyablement méticuleux(…) ; il accomplit ses tâches scrupuleusement ; il est capable d’une grande concentration ; il est apte à contrôler les mouvements de son corps ; enfin, c’est quelqu’un qui aime beaucoup le silence. Il est ponctuel dans l’obéissance ; il obéit promptement et se plaît à obéir. Il travaille très bien par lui-même et ne sent aucun besoin d’entrer en compétition avec les autres enfants. »*

L’absence de compétition est un point important puisque les enfants n’entrant pas en rivalité les uns envers les autres, s’entraident. De par cette attitude, il n’éprouve pas le besoin de surpasser l’autre mais bien au contraire, lui apporte naturellement ses connaissances pour aider un autre enfant à accomplir son travail. Grâce à cette entraide et cette absence de compétition, les enfants ne ressentent pas le besoin d’entrer en conflit avec l’autre.

« Au sein d’une classe, l’éducateur contribue à entretenir une ambiance sereine. Son attitude bienveillante vis-à-vis des enfants permet à la fois d’établir une relation paisible entre lui et les enfants et entre les enfants eux-mêmes. »

De plus, au sein d’une classe, l’éducateur contribue à entretenir une ambiance sereine. Son attitude bienveillante vis-à-vis des enfants permet à la fois d’établir une relation paisible entre lui et les enfants et entre les enfants eux-mêmes. Une de ses tâches est de veiller au bon déroulement de l’ambiance et de régler les petits litiges en privilégiant l’écoute.

La disponibilité de l’éducateur est essentielle car l’enfant se sentira pris en considération et écouté. Dans le point cinq du décalogue de l’éducateur, celui-ci insiste sur ce point : « soyez toujours prêt à répondre à l’appel de l’enfant qui a besoin de vous, écoutez et répondez toujours à l’enfant qui a recours à vous. »

Dans le cas précis d’un désaccord existant entre des enfants, l’éducateur peut tenter de dénouer le désaccord en instaurant une écoute attentive vis-à-vis de chaque enfant et ceci, soit autour d’une table représentant la paix ou bien dans une pièce calme propice à l’échange. Accorder du temps pour dissiper les petits malentendus et dissensions est réellement important car en privilégiant l’écoute et le dialogue, l’éducateur leur permet d’aplanir leurs différends et d’avoir l’occasion d’expliquer leurs griefs. La paix peut être alors restaurée. De nombreux exemples, au sein du jardin de l’école, viennent illustrer cette nécessité de d’apaiser les tensions existantes entres les enfants. Quand elles perdurent, la rancœur et l’incompréhension s’installent. Des petits règlements de compte apparaissent car à cet instant précis, l’enfant n’a pas trouvé d’autres solutions pour régler la situation que celle d’avoir recours à un geste leste et impulsif.

Il est important d’expliquer à l’enfant que face à un conflit difficile à gérer pour lui ; il peut demander l’aide de l’adulte dont le rôle sera celui de médiateur tout en s’efforçant de rester impartial dans son jugement. A travers ses réflexions, il est, dans un premier temps, en quête de justice et de réparations. Cela se traduit par des cris, des pleurs voire des comportements exacerbés empreints d’énervement. A ce moment précis, l’attitude de l’éducateur doit être calme et posée.

Afin de permettre un échange constructif, l’adulte ne doit pas émettre de jugement et d’à priori. Le recours au questionnement est approprié. L’enfant est ainsi renvoyé à s’interroger sur la raison de ce conflit. Le but ultime est de parvenir à rétablir la paix en échangeant tout en écoutant ce que l’autre enfant a à dire.

En appliquant au quotidien les exercices grâce et courtoisie, les enfants s’imprègnent des attitudes à adopter envers les autres. De ce fait, l’éducateur, étant un modèle pour l’enfant, doit adapter son comportement en conséquence, et rester bienveillant envers l’enfant.

« Si un enfant, au sein d’une classe, se trouve d’humeur belliqueuse, l’éducateur, en ayant au préalable observé le comportement de l’enfant, pourra intervenir en aidant celui-ci à choisir un travail. »

Si un enfant, au sein d’une classe, se trouve d’humeur belliqueuse, l’éducateur, en ayant au préalable observé le comportement de l’enfant, pourra intervenir en aidant celui-ci à choisir un travail.Le but sera alors de désamorcer une situation génératrice de tensions en devançant le conflit. En amenant l’enfant à se livrer à une activité, celui-ci fixera alors son attention sur la tâche qu’il effectue et oubliera ses intentions pugnaces.

Par contre, Maria Montessori préconise l’interruption directe d’ « une activité destructrice ». »L’interruption peut consister en une exclamation quelconque, ou dans le fait de montrer un intérêt particulier et affectueux envers le petit turbulent. »*Avant que la situation ne dégénère, il est nettement préférable de stopper auparavant un enfant qui déconcentre ses camarades en se livrant à des activités perturbatrices pour le groupe pouvant engendrer des désaccords et des conflits. De ce fait, l’éducatrice peut apporter une attention particulière à l’enfant par le biais de réflexions telles qu’une proposition de travail ou bien alors, en ultime recours, elle peut le confier à l’assistant qui sortira avec l’enfant de la classe durant un instant. »La maîtresse ira avec lui, ou le fera accompagner par son assistante ; et l’enfant qui taquinait passera directement aux soins de l’assistante ; les autres ne seront plus dérangés. »* Cependant, il est important de toujours l’accompagner lorsque celui-ci est hors de la classe. Afin de l’accompagner dans sa colère ou dans un questionnement, il est nécessaire de se trouver à ses côtés et de rester simplement avec lui.

Au sein d’un système scolaire traditionnel, comment la méthode Montessori aurait-elle pu éviter certains conflits ?

Dans un enseignement traditionnel, la méthode d’éducation étant foncièrement différente, peut engendrer chez certains enfants quelques dérives d’ordre comportemental telles que l’agressivité, la violence voire un manque de confiance en eux. Il en découle parfois une certaine forme de rébellion face au système qui se manifeste par des réactions d’opposition et de désobéissance face à l’adulte. Selon Maria Montessori, « l’enfant d’âge scolaire qui est continuellement découragé et réprimé en vient à manquer de confiance en lui. Il souffre d’un sentiment de panique qui porte le nom de timidité, de manque de confiance en soi, qui, chez l’adulte, prend la forme de la frustration, de la soumission et de l’incapacité à résister à ce qui est moralement mauvais. »* Pour citer un exemple, j’ai en mémoire une anecdote concernant une fillette qui se trouvait à l’école maternelle. Elle adorait faire des puzzles et les défaisait constamment pour les refaire. Ceci correspondait à son besoin de répétition. La maîtresse décida alors d’interrompre son activité car cette élève devait absolument faire « un travail sur feuille. »Face au refus de cette enfant qui continuait à réaliser son puzzle, la maîtresse décida alors de la punir non seulement en l’envoyant seule dans un coin de la classe mais en appuyant sa punition de propos désobligeants à l’encontre de l’enfant. Elle était, d’après cette enseignante « méchante »puisqu’elle lui avait désobéi !

Dans une école Montessori, ce genre de conflit entre l’adulte et l’enfant ne se serait sans doute pas produit puisque l’enfant a la liberté de choisir son travail et de le répéter autant de fois qu’il le souhaite. De surcroît, la maîtresse n’interrompt pas un enfant lorsqu’il travaille.

Cette fillette n’avait ni compris la raison de cette punition, ni même les paroles de la maîtresse.

Dans ce cas de figure précis, l’enfant a obéi sous la contrainte de l’adulte, en se rendant à l’endroit de pénitence indiquée par sa maîtresse ! « L’obéissance contrainte de l’enfant à la maison et à l’école, une obéissance qui ne prend pas en compte les droits de la raison et de la justice, prépare un adulte qui se résignera à n’importe quoi et à tout. » La discipline est apparentée à « un asservissement. » En pédagogie Montessori, l’éducateur n’a pas recours aux punitions et aux paroles humiliantes. La personnalité de l’enfant est respectée.

« L’adulte doit représenter pour l’enfant une source d’aide et non un obstacle. L’adulte doit aider l’enfant et surtout ne jamais en faire la victime impuissante d’une autorité aveugle qui ne tient pas compte de son véritable but. »

Il est préférable de privilégier un instant d’écoute et d’échange afin de régler le malentendu existant entre deux enfants. Pour l’enseignant, la compréhension de l’origine du problème lui permet d’analyser ce qu’il peut lui-même mettre en place pour rétablir une harmonie au niveau relationnel entre ces deux enfants. Bien souvent, quand l’enfant réalise qu’il n’a pas agi « convenablement » et constate qu’il a peiné son camarade, celui-ci ressent le besoin de « réparer » son petit écart de conduite en lui présentant ses excuses. Le malentendu dissipé, chacun reprend son activité sans tenir aucune rigueur de l’incident survenu. Si les bases de l’éducation s’appuient sur des attitudes bienveillantes de l’adulte envers les enfants, ceux-ci, autonomes et libres de tout jugement, se construiront en tant qu’être humain pacifiste.

Imprégné de ces attitudes, l’enfant n’a quelquefois même plus besoin de l’intervention de l’adulte. A l’école, j’ai plusieurs fois assisté à de véritables échanges entre des enfants qui s’expliquaient ensemble afin de rétablir la paix entre eux.

« En effet, quand l’enseignant ne parvient pas à trouver l’auteur de la bêtise commise « … » s’ensuit une punition collective « … » L’attitude de l’enseignant provoque alors une rancœur et un sentiment profond d’injustice chez les élèves et n’apporte aucune solution constructive à la résolution de conflits »

Concernant les dissensions entre les enfants, certains enseignants trouvent une solution parfois orthodoxe. Le paroxysme de l’injustice pratiquée dans certaines écoles reste les punitions collectives. En effet, quand l’enseignant ne parvient pas à trouver l’auteur de la bêtise commise voire le coupable, celui-ci oblige les enfants à « dénoncer » le « perturbateur ».Si l’enseignant n’obtient pas satisfaction, il s’ensuit une punition collective. Tous les enfants, sans exception, se retrouvent privés soit de récréation, soit de la lecture de leur histoire favorite. Tous les moyens sont mis en œuvre pour les dissuader, par un excès d’autoritarisme, à recommencer. L’attitude de l’enseignant provoque alors une rancœur et un sentiment profond d’injustice chez les élèves et n’apporte aucune solution constructive à la résolution de conflits. Cette façon de procéder est en totale contradiction avec la pédagogie Montessori puisque les punitions et humiliations n’ont aucune raison d’être.

Pour conclure, Maria Montessori considère que « l’éducation est la meilleure arme pour la paix. »* La construction de la paix, pour qu’elle puisse être universelle, devrait s’élaborer au préalable par le biais de l’éducation et ce, dès le plus jeune âge. L’éducation ayant un impact direct sur la construction de la paix dans le monde, il est essentiel d’accorder une place primordiale à la pédagogie que nous mettons en place dans nos écoles.

corinne chrétien - résolution de conflits Corinne Chrétien
Directrice Pédagogique

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