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Association Montessori Luxembourg
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Mar 25, 2019

Pourquoi le plurilinguisme est-il important dans la petite enfance ?

Pourquoi le plurilinguisme est-il important dans la petite enfance ?

« Le langage est d’une telle importance dans la vie sociale que nous pouvons considérer qu’il en est la base même. Il permet aux hommes de s’unir en groupes, en nations. Il détermine cette évolution du milieu que nous appelons «la civilisation ».

Le Luxembourg est un pays caractérisé par une très forte présence d’étrangers avec plus de 45 % de la population de nationalité étrangère (portugais, français, belges flamands, italiens…) et par la coexistence de 3 langues officielles (luxembourgeois, français et allemand) avec la particularité qu’elles ne sont pas délimitées territorialement comme en Suisse ou en Belgique.

La crèche Europe de l’Enfant Roi, où j’exerce, reflète bien cette réalité. Les enfants accueillis sont soit originaires d’autres pays, soit nés au Luxembourg avec des parents nés dans un, voire deux pays différents de celui-ci.

Ainsi, dans la communauté enfantine, groupe dans lequel je travaille actuellement, nous retrouvons cette variété de population. Sur une vingtaine d’enfants accueillis, les parents sont originaires de France, du Luxembourg, d’Allemagne, d’Espagne, de Russie, de Slovénie, de Chine, d’Angleterre, de Belgique, d’Irlande, du Portugal, d’Italie… Le multilinguisme est une réalité ancrée au Luxembourg qui fait actuellement du Grand-Duché un pays riche au niveau de sa diversité culturelle. Le mot « multilinguisme » définit une communauté multilingue capable de s’exprimer dans plusieurs langues.

Afin de participer avec succès à une société multilingue marquée par la coexistence de différentes langues, les membres de celle-ci ont besoin d’une compétence plurilingue individuelle. Le plurilinguisme réfère au répertoire de variétés linguistiques que peuvent utiliser les individus. Le Luxembourg accorde donc pour cela une grande importance à l’apprentissage des langues dans le cursus scolaire et dans la vie professionnelle.

Désormais la loi du 29 août 2017 stipule que les prestataires d’éducation et d’accueil accueillant des jeunes enfants doivent : “garantir qu’au moins une personne du service d’éducation et d’accueil maîtrise la langue luxembourgeoise à un niveau C1 du cadre européen commun de référence des langues, et au moins une personne du service d’éducation et d’accueil maîtrise la langue française à un niveau C1 du cadre européen commun de référence des langues. L’offre de chacune des deux langues doit être assurée pendant au moins 40 heures par semaine. La pratique des deux langues doit être garantie dans le contexte des activités journalières et faire partie intégrante des activités usuelles d’un service d’éducation et d’accueil”.

Vu l’importance accordée au plurilinguisme dans la petite enfance par le Luxembourg et vu la notoriété du pays pour le plurilinguisme de ces habitants, j’ai voulu savoir pourquoi l’instauration de celui-ci est tellement importante dès la petite enfance ?

Beaucoup d’idées préconçues disent que les enfants bilingues parlent plus tard, qu’ils connaissent moins de mots dans une langue qu’un enfant monolingue, qu’il devra fournir plus d’effort pour parler… Voyons donc ce qu’il en est dans la réalité.

D’après Maria Montessori, le processus d’apprentissage d’un enfant se décline en trois points. Nous verrons donc dans une première partie l’esprit absorbant, dans une seconde partie les périodes sensibles et pour finir les sens.

1. Les périodes sensibles

Un enfant fait ses acquisitions pendant les « périodes sensibles ». Selon Maria Montessori, elles se définissent comme des “sensibilités spéciales, qui se trouvent chez les êtres en voie d’évolution, c’est à dire dans les stades de l’enfance. Elles sont passagères et se limitent à l’acquisition d’un caractère déterminé. Une fois ce caractère développé, la sensibilité cesse» . Il s’agit donc de périodes déterminées dans le développement de l’enfant pendant lesquels celui-ci apprend très facilement. “Elles guident en rendant l’enfant sensible à certaines choses, en le rendant indifférent à d’autres. Quand il est dans une période sensible, c’est comme si une lumière émanant de lui, éclairait seulement certaines choses sans éclairer les autres”.

Parmi ces périodes sensibles, se trouve celle du langage, qui va des trois mois de l’enfant à ses cinq ans. Durant cette période l’enfant va observer l’articulation, l’intonation, babiller, prononcer des syllabes, des mots,… pour finir par des phrases. “Il est particulièrement impressionnant de remarquer que les complications de sa langue sont absorbées par l’enfant avec la même facilité que le langage le plus simple. Aucun enfant n’a de difficulté à apprendre sa langue maternelle, son mécanisme l’élabore dans la totalité”.

Par mécanisme, nous entendons toutes les parties du corps qui permettent d’émettre les sons particuliers à chaque langue, qui composent les mots, comme le nez, la gorge, voir les muscles de la langue et de la joue.

“Nous ne pouvons-nous servir que du mécanisme de notre langue maternelle, mais l’enfant qui construit ce mécanisme du langage dans le plus profond de l’inconscient, peut parler parfaitement autant de langues qu’on en parle dans son milieu, et les fixer de façon permanente” . Les enfants de parents de nationalités différentes parlent facilement les deux langues. Nous pouvons donc partir de ce postulat pour penser qu’un enfant qui entend à la crèche des personnes lui parlant d’autres langues maternelles que celles de la maison, devrait les apprendre avec la même facilité.

La crèche dans laquelle je travaille, accueille des enfants de nationalités différentes . A la maison, ils parlent la langue maternelle des parents, parfois deux langues, si les parents sont de nationalités différentes. Quand ils arrivent à la crèche, ils ne parlent pas français, anglais et luxembourgeois, langues parlées par nos éducatrices. Dès leur arrivée, nous veillons à accompagner nos paroles de gestes pour aider ces enfants à intégrer les différentes langues. Au fur et à mesure, nous constatons qu’ils comprennent sans l’aide de gestes d’accompagnement. Après quelques mois passés à la crèche, ils font ce que nous leur demandons, peuvent prononcer quelques mots, de petites phrases et chanter avec nous les comptines que nous leurs avons apprises. Ils nous sollicitent pour nous interroger sur le nom de certaines choses en montrant du doigt ou en nous demandant ce que c’est. Récemment, j’ai été très surprise par un enfant de nationalité chinoise, dont les parents ne parlent pas français, qui m’a demandé en tenant un objet “c’est quoi ça?”. Ce sont les premiers mots qu’il m’ait dit en français.

Il est impressionnant de voir la vitesse à laquelle les enfants de la crèche apprennent les langues qu’ils côtoient depuis le Nido et qu’ils ne pratiquent pas à la maison. A leur arrivée en communauté enfantine, vers deux ans, après une phase d’écoute et d’observation des éducatrices, ils répètent avec succès des mots simples comme « merci », « encore »… Et se lancent ensuite pour dire des phrases simples comme « s’il te plait », « c’est quoi ça ?» montrant leur envie d’apprendre et leur intérêt pour une autre langue que leur langue maternelle.

Mon expérience professionnelle en crèche m’a permis de m’attarder sur l’attitude des enfants qui sont dans cette période sensible du langage. Les enfants du Nido se calment souvent au son de la voix ou avec une chanson. Ils sourient dès qu’un adulte se met à leur parler et se focalisent souvent sur les lèvres, essayant de reproduire ce que celui-ci fait avec sa bouche. Pour les plus grands, ils montreront du doigt ce qui les intéresse afin que l’adulte leur donne le nom de la chose en question. Quand les enfants commencent à parler, ils répètent souvent les mots que l’adulte prononcent et les sollicitent pour connaître un vocabulaire précis. Après nous être attardés sur les périodes sensibles, abordons la seconde partie du processus d’apprentissage : l’esprit absorbant.

2. L’esprit absorbant

Il s’agit du moment où l’enfant apprend de façon inconsciente et sans effort. Ses apprentissages vont être orientés par les périodes sensibles. L’enfant absorbe en entier, le concret comme l’abstrait. Il le fait sans fatigue et sans effort car il accomplit cette tâche de façon inconsciente. Cet apprentissage s’accomplit en continue et sans discrimination, c’est à dire qu’il absorbe le bon comme le mauvais.

Maria Montessori décrit ce moment où l’esprit absorbant entre en action de la façon suivante : “Nous pourrions dire que nous, nous acquérons les connaissances avec notre intelligence, alors que l’enfant les absorbe avec sa vie psychique. Rien qu’en continuant à vivre, il apprend à parler le langage de sa race. C’est une espèce de chimie mentale qui s’opère en lui. Nous, nous sommes comme des récipients dans lesquels se déversent les impressions : l’eau reste distincte du verre. Au contraire, l’enfant subit une véritable transformation : non seulement les impressions pénètrent dans son esprit, mais elles s’incarnent en lui. Le petit enfant est l’ouvrier de sa propre chaire mentale, se servant de ce qu’il trouve dans son ambiance”.

«Combien ce serait merveilleux si nous pouvions conserver cette prodigieuse habileté de l’enfant qui, alors qu’il est en train de vivre joyeusement, tout en sautant et en jouant, est capable d’apprendre une langue avec toutes ses complications grammaticales ! Comme ce serait merveilleux si la connaissance entrait dans notre esprit rien que par le fait de vivre, sans réclamer aucun effort, pas plus que pour respirer ! Tout d’abord, nous ne nous apercevrions de rien de particulier ; et puis, brusquement, les connaissances acquises se révéleraient à nous comme des étoiles scintillantes de connaissance ; nous serions avertis que tout est là, et nous deviendrions conscients de toutes les notions dont, sans effort, nous aurions fait notre patrimoine [ …] Eh bien, ce qui paraît si fantastique que cela semble l’invention d’une imagination fertile, c’est un fait, c’est une réalité, puisque c’est la façon d’apprendre du petit enfant inconscient».

Pour permettre aux enfants de se familiariser avec une langue différente de celle parlée par leurs parents, les éducatrices s’adressent à eux, dans leur langue maternelle, tout au long de la journée et pendant les activités afin qu’ils s’imprègnent de ces langues non parlées au domicile. Ce bain linguistique quotidien et inconscient rend fluide et aisé l’apprentissage d’une langue différente par les enfants.

Un des petits garçons arrivé récemment sur mon groupe était fortement introverti. Sur son visage, je ne voyais aucun sourire, aucune expression de ce qu’il ressentait. Après quelques temps, je l’ai vu commencer à rire et interagir avec nous. Il commençait à comprendre ce que nous lui disions.

Anne Christophe, directrice du Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique de L’École Normale Supérieure de Paris présente dans sa video DULALA, les conclusions de ses travaux démontrant que les enfants bilingues et monolingues apprennent la langue au même rythme, qu’un enfant bilingue comprend autant de mots dans les deux langues qu’un enfant monolingue, mais qu’il prononcera moins de mots dans chacune des langues. L’enfant bilingue connaîtra par contre plus de mots, en totalité, qu’un enfant monolingue.

De la même façon que les enfants apprennent à parler aisément, ils chantent avec la même facilité dans différentes langues, s’adaptant à la langue de l’éducatrice qui propose l’activité. Ils connaissent les chansons par cœur et réclament à l’éducatrice la chanson qu’ils veulent et dans la langue souhaitée. Souvent, nous surprenons les enfants en train de chanter les chansons seuls sans l’aide d’une éducatrice, avec leurs copains.

Enfin, dans cette dernière partie du processus d’apprentissage, nous allons aborder les sens.

3. Les sens

Maria Montessori reprend à son compte la phrase d’Aristote, “Rien n’est dans l’entendement qui ne soit auparavant passé par les sens”.

Les sens se définissent comme la fonction physiologique de relation avec le monde extérieur, permettant d’apporter au cerveau des informations sur celui-ci et de les rendre conscientes.

Les cinq sens sont: l’ouïe, le toucher, la vue, le goût et l’odorat.

Maria Montessori, en observant les enfants, a adapté son matériel afin que celui-ci permette aux enfants d’apprendre en passant par les sens. La leçon en trois temps utilisée pour le matériel sensoriel permet à l’enfant d’acquérir un vocabulaire précis pour différencier chaque chose.

Dans le premier temps, l’éducatrice montre à chaque fois deux voire trois éléments et lui indique le nom précis de chacun de ces éléments. Dans le second temps, elle répète les noms de chacun des éléments et demande à l’enfant de les reconnaître. Enfin, dans le dernier temps, elle vérifie que l’enfant a bien mémorisé ce terme.

L’ouïe est sollicitée pour l’apprentissage des différentes langues maternelles utilisées quotidiennement par les éducatrices dans toutes les activités (chansons, jeux, histoires, repas…). S’exprimant dans sa langue maternelle, tout naturellement, l’éducatrice a le bon accent, la bonne syntaxe, un vocabulaire varié et riche et les expressions idiomatiques… Parallèlement, en appliquant la méthode de la leçon en trois temps, l’utilisation des boites à sons permet à l’enfant de différencier le son fort, du son faible.

Maria Montessori a élaboré à l’attention des enfants différents matériels qui leur permettent, par le toucher, d’appréhender la forme, les dimensions, et les structures et surfaces de ce matériel. Par exemple la tour rose permet aux enfants de prendre conscience des dimensions, tout comme avec l’escalier marron, les barres rouges, les emboîtements cylindriques et les boites de cylindre de couleurs. Le cabinet de géométrie et les solides géométriques permettent l’acquisition de la notion de formes. Les sacs à mystère, le tri de graines, lisse et rugueux et encore la boite à étoffes sont utilisés pour la présentation des structures et surfaces, c’est à dire qu’il apprend à différencier ce qui roule, tombe, ce qui est lisse ou rugueux, à distinguer les matières… En manipulant chaque élément l’enfant apprend à les différencier les uns des autres et par la suite acquiert un vocabulaire précis.

En proposant la leçon en trois temps avec la tour rose, l’enfant va pouvoir découvrir la différence entre grand et petit, en manipulant les deux cubes à l’extrémité. Quand je fais cette présentation aux enfants, souvent il répète le mot pour mieux l’assimiler.

Les enfants en interrogeant régulièrement les éducatrices afin de connaître le nom des choses, des couleurs,… se familiarisent ainsi avec les mots du quotidien. Les éducatrices associent des illustrations aux histoires qu’elles lisent, montrent des imagiers en nommant les photos ou dessins pour élargir l’environnement des enfants et ainsi « sortir de la crèche » en associant la vue, à l’ouïe. Nous proposons également aux parents de venir lire des histoires dans leur langue maternelle afin de familiariser les enfants à d’autres langues ou de mettre la leur en valeur.

Maria Montessori insiste dans sa pédagogie sur le rôle essentiel de la vue et de l’observation dans l’apprentissage de toutes les notions. Pour stimuler cet enseignement par ce sens, en communauté enfantine, les enfants ont à leur disposition la maison du langage et la ferme. Ils peuvent ainsi découvrir le vocabulaire en lien avec ces deux univers et même raconter une histoire. L’éducatrice peut ainsi échanger avec l’enfant, lui demander le noms des choses, des différents endroits, afin d’enrichir en jouan, son vocabulaire.

Quand les enfants s’amusent avec la ferme, nous leur présentons chaque animal ainsi que le nom du mâle, de la femelle, du petit et le son qu’ils font. Un petit garçon, avec qui j’avais joué, est revenu vers moi plusieurs fois dans la même semaine en tenant un cochon dans sa main en me disant fièrement le nom de l’animal.

Les différences et le nom des couleurs sont introduits progressivement avec la première boite de couleurs. L’enfant doit simplement associer les trois couleurs primaires. Avec la leçon en trois temps vue précédemment, l’enfant va associer à chaque couleur primaire son nom. Une fois la notion et le nom des premières couleurs maîtrisés, il pourra passer à la seconde boite de couleur et s’approprier les onze couleurs de celle-ci, en fonctionnant de la même façon (la leçon en trois temps se faisant toujours avec trois couleurs). Enfin la dernière boite lui permettra de découvrir les dégradés de couleurs.

L’apprentissage passe également par le goût. Les éducatrices utilisent le moment des repas à la crèche pour enrichir le champ lexical des enfants. Elles le font aussi en associant les enfants à la préparation des gâteaux. Souvent les enfants demandent à goûter les aliments. Lorsque nous utilisons du citron, tout le monde veut goûter. Une fois le fruit en bouche, ils font tous la grimace.

Ils apprennent alors ce que c’est qu’un goût acide. Ils apprennent également à différencier les aliments pendant le repas, à reconnaître les saveurs (sucré, salé, acide, amer). De même, quand ils mangent de la soupe, les éducatrices leur font découvrir la notion de chaud/froid en leur apprenant à faire attention car celle-ci est chaude et qu’il est préférable de souffler. A la première cuillère, les enfants répètent souvent, « c’est chaud ». Les repas sont l’occasion de leur faire découvrir les différences de culture ou de régime quand les copains ne mangent pas la même chose. Maria Montessori a imaginé les bols à goûts qui permettent aux enfants de découvrir différentes eaux : sucrée, amère, acide et salée et de les discriminer. L’eau peut être remplacée par des aliments pour enrichir les découvertes et le vocabulaire gustatif. Cet exercice peut être poursuivi par la leçon en trois temps pour que l’enfant assimile bien le vocabulaire.

Pour terminer, l’apprentissage passe également par l’odorat. Nous utilisons les flacons des odeurs en y mettant des épices, plantes aromatiques, huiles essentielles pour leur faire reconstituer la paire. L’odorat est également sollicité par la préparation de gâteaux dont l’odeur envahit toute la crèche, les bouquets de fleurs que nous faisons quotidiennement et l’odeur des repas préparés dans la cuisine de la crèche que les enfants hument avant d’aller à table.

Tous les sens sont ainsi sollicités et permettent à l’enfant de s’approprier différents termes dans différentes langues.

« L’enfant fait ses acquisitions pendant les périodes sensibles. Celles-ci pourraient se comparer à un phare qui éclaire la nature intérieure, ou à un courant électrique qui produit des phénomènes actifs. C’est cette sensibilité qui permet à l’enfant de se mettre en rapport avec le monde extérieur d’une façon exceptionnellement intense ; tout est facile, alors ; tout est pour lui enthousiasme et vie ».

La période sensible du langage est donc un moment privilégié où l’enfant est en demande d’apprentissage. Il sollicite sans cesse l’adulte pour découvrir des termes et apprendre tout ce qui lui permettra d’entrer en relation avec les personnes qui font partie de son environnement. Grace à l’esprit absorbant l’enfant « apprend tout inconsciemment, en passant peu à peu de l’inconscience à la conscience, avançant par un chemin tout de joie et d’amour » . Il apprend donc sans la moindre difficulté, en s’imprégnant, telle une éponge, de tout ce monde qui l’entoure. Les sens permettent à l’enfant de rendre concret ce qu’il apprend. Il entend, voit, touche, sent et goûte aux choses pour qu’elles deviennent réelles pour lui. Ce processus d’apprentissage décrit par Maria MONTESSORI, sollicité et stimulé de façon bienveillante par un entourage professionnel aguerri et avec des outils et des méthodes adaptés, démontre qu’un très jeune enfant est tout à fait disposé et « armé » pour acquérir simultanément plusieurs langues. L’enfant apprend sans effort car il est justement dans une période où il s’intéresse au langage. Il faut alors profiter de cette période pour donner à nos enfants la clé du monde plurilingue de demain.

Nathalie Freitag
Éducatrice pour les crèches L’Enfant Roi

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