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Association Montessori Luxembourg
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Jan 24, 2017

Manque d’autonomie et problèmes comportementaux des enfants d’aujourd’hui

autonomie de l'enfant

Manque d’autonomie et problèmes comportementaux des enfants d’aujourd’hui

Dans le magazine « Books » consacré aux enfants difficiles, j’ai relevé des articles particulièrement intéressants sur les enjeux de l’autonomie des enfants dés le plus jeune âge ainsi que des problèmes comportementaux les taxant « d’enfants mal élevés ».

Il est vrai que ce magazine publie des auteurs et auteures américains et que la vision d’ensemble de cette nation sur l’éducation des enfants paraît catastrophique : ne pas oublier que l’Europe suit généralement, en bien et en mal, la suprématie américaine et que le risque est là pour nous aussi. J’espère simplement que nous, habitants de l’ancien continent, sauront à temps endiguer ce marasme car les enfants sont notre avenir.

L’autonomie :

Le premier article ayant attiré mon attention est un article anthropologique basé sur le livre « Le prix du privilège : comment la pression parentale et l’aisance matérielle créent une génération d’enfants déconnectés et malheureux ».

L’auteure, Madeline Levine, est une psychologue et essayiste américaine qui s’est spécialisée dans le développement psychique de l’enfant. Dans ses essais, elle critique le surinvestissement parental et la pression exercée sur les enfants dés le plus jeune âge en vue d’assurer leur réussite scolaire et professionnelle.

La journaliste, Elisabeth Kolbert, a écrit l’article « Dis, maman, ça veut dire quoi, « adulte ».

Je retrouve dans cet article les constatations que j’ai pu faire sur les enfants et jeunes adultes que j’ai côtoyé depuis plus de 2O ans dans mon milieu professionnel.

La première observation que j’avais faite sur un jeune étudiant stagiaire durant les vacances d’été avait été de constater qu’à 17 ans, il ne savait pas éplucher une orange.

Le goûter des enfants qu’il devait préparer était donc en danger ! Quand je lui demandais si chez lui, il avait déjà épluché une orange, il fut presque choqué : bien sûr que non, c’était sa maman qui effectuait cette tâche. Je lui ai donc « appris » à éplucher une orange, mais à 17 ans, il me semblait que cela était un peu tard.

Quelques années plus tard, j’ai découvert la pédagogie Montessori et j’ai repensé à mon petit stagiaire : au moins, les enfants dont nous aurons désormais la charge, sauront effectuer les gestes de la vie quotidienne de façon « naturelle ». Il n’est jamais trop tôt pour apprendre et Maria Montessori l’a démontré en nous faisant part de sa grande découverte sur « les périodes sensibles ».

Elisabeth Kolbert, dans son article, nous fait part des observations d’une anthropologue américaine, sur les enfants d’une peuplade aborigène au Pérou, en Amazonie :

« l’Anthropologue décida un jour d’accompagner une famille qui descendait le fleuve à la recherche de feuilles spécifiques pour confectionner la toiture de leurs maisons. Une petite fille d’une autre famille, Yanira, âgée 6 ans, décida d’accompagner le groupe durant ces 5 jours sur le fleuve. Sans fonction clairement définie, Yanira ne tarda pas à trouver différentes manières de ce rendre utile. Deux fois par jour, elle brossait les nattes sur lesquelles la petite troupe dormait pour en ôter le sable. Elle aidait à empiler les feuilles qu’on allait rapporter au village pour la confection des toitures. Le soir elle pêchait des crustacés qu’elle lavait, ébouillantait, et servait à ses compagnons. Calme et maitresse d’elle même, elle ne demandait rien. L’attitude autonome de Yanira marqua fortement l’anthropologue. »

Car parallèlement, elle faisait une étude sur une trentaine de foyers américains de la classe moyenne. Le sujet d’étude de cette scientifique était, entre autre : comment les parents de différentes cultures préparent-t-ils leur progéniture au rôle d’adulte ?

Le fait est qu’à Los Angeles, pour l’essentiel, ils ne le font pas.

Dans les familles observées, les enfants ne s’acquittent d’aucune tâche ménagère sans qu’on le leur ait demandé. Il faut les supplier pour qu’ils s’attaquent à la besogne la plus simple, ce qu’ils refusent souvent malgré tout. Au cours d’un échange typique, le père demande cinq fois à son fils Ben, âgé de 8 ans d’aller, « s’il te plait » prendre une douche. La cinquième demande restant sans effet, le père attrape son fils et l’emmène de force dans la salle de bain. Cinq minutes plus tard, l’enfant est ressorti, toujours pas lavé, et joue dans une autre pièce à un jeu vidéo. Plus tard, lors d’une sortie, alors qu’il doit mettre ses baskets, Ben ne sait pas dénouer ses lacets et s’énerve. Il ordonne à son père en lui tendant ses chaussures « défais le nœud ». Le père demande à Ben de s’exprimer plus convenablement. Après plusieurs échanges, et sans que Ben s’exprime plus poliment, le père cède et défait le nœud. Bien sûr, Ben, sur le même ton, demande à son père de lui nouer ses lacets …

Et les exemples s’enchainent, tous plus interpelant les uns que les autres.

Elle en conclue que jamais jeunesse américaine n’a bénéficié d’une éducation plus complaisante que les petits américains d’aujourd’hui.

La juxtaposition des deux récits oblige à s’interroger sur l’émergence de la responsabilité et l’autonomie chez l’enfant.

Chez nous, bien que moins caricaturale, la situation de l’autonomie dans l’éducation des enfants se pose de manière flagrante.

Sur l’autonomie des jeunes enfants, ce que Maria Montessori  nous a enseigné :

En observant les enfants dits « débiles », Maria Montessori se rend compte qu’ils sont tout à fait capables d’apprendre. Et à partir de 1901, elle s’intéresse aux enfants dits « normaux ».

En son temps Maria Montessori a créé du matériel car les enfants n’avaient rien à leur disposition, ce qui favorisait l’agressivité. Elle comprend vite que les enfants ont besoin de manipuler les choses pour les comprendre. Quand elle présente ce matériel aux enfants « normaux », les résultats sont impressionnants.

Dans cette pédagogie, le matériel de vie pratique, qui est le seul à n’être pas scientifique,  peut changer selon la culture, le groupe social et l’époque : liés à la vie quotidienne, il permet à l’enfant de répéter les activités à loisir et de faire tout seul, ce qui est indispensable pour développer la confiance en soi.

Si l’adulte fait tout à la place de l’enfant, ce qui est monnaie courante dans notre société, l’enfant reste dépendant  et développe petit à petit un grand sentiment d’insécurité empêchant la construction de la confiance en soi.

Dans les tribus aborigènes d’Amérique du sud, les Matsigenka, les parents ont bien « senti » l’importance pour les enfants de connaître les gestes de la vie quotidienne, ne serait-ce que pour la sauvegarde leur vie. Certes, l’anthropologue qui avait observé Yanira a été impressionnée du niveau de débrouillardise et de maturité de ces enfants.

Mais elle a remarqué également les stigmates de blessures ou brûlures graves qu’ils s’étaient faite en cuisinant ou en chassant sans surveillance adulte.

Le revers de la médaille est également que ces enfants ne sont pas incités à aller à l’école, mais les choses bougent et les parents s’efforcent actuellement d’accompagner davantage le développement intellectuel de leurs enfants.

En conclusion :

Le matériel de vie pratique de Maria Montessori est « la » solution aux problèmes de manque d’autonomie de la plupart des enfants dits « privilégiés » dans notre société actuelle. Ce que fait Yanita et ses frères peut tout à fait être réalisé dans nos familles. On ne vas pas demander à nos petits de 3 ans de préparer le repas de midi, ni d’aller au supermarché seuls, mais de mettre la table, de débarrasser son assiette, de mettre son gant de toilette utilisé dans le bac adéquat, de se brosser les cheveux, de mettre ses lacets, d’enfiler son manteau, de se laver les mains, d’être « propre » à un âge physiologique normal, …

Tout cela en vue d’un meilleure autonomie au plus tôt : ce qui est appris n’est plus à apprendre et au bon moment (périodes sensibles).

De plus le matériel de vie pratique que nous proposons dans nos ambiances a des buts bien plus importants que le simple fait de savoir se moucher, par exemple ; il coordonne les mouvements de l’enfant, développe sa concentration, satisfait son besoin de répétition, lui permet de s’adapter à son environnement, construit son esprit logique et sa confiance en lui.

Il correspond à la période sensible du raffinement des sens ainsi que celle du mouvement et de l’ordre.

Les problèmes comportementaux :

1° En Suède, les enfants ont pris le pouvoir et à Stockholm, il est mal vu d’user de la moindre contrainte.

Tiré du livre « Comment les enfants ont pris le pouvoir de David Eberhard.

Arnaud Cancel, journaliste, interroge l’auteur :

  • Vous dites qu’en Suède, les adultes ne sont plus capables d’exercer leur autorité ? C’est à ce point là ? 

Oui, en faisant des recherches pour mes précédents livres, j’en suis venu à cette conclusion, les petits Suédois ont pris le pouvoir. Profitant des méthodes très permissives en vigueur dans le pays, ils se sont arrogés un droit de décision qui était autrefois le privilège des parents. Aujourd’hui, dans de nombreuses familles, ce sont les enfants qui choisissent les menus, le lieu des vacances et même l’heure du coucher. Persuadés que leurs enfants sont des petites choses fragiles, ils sont terrifiés à l’idée de les traumatiser. Pas question donc de les soumettre à la moindre contrainte.

  • Quelles sont les conséquences de cette éducation et en quoi cette philosophie est-elle nuisible ?

Le risque, pour les enfants élevés ainsi c’est d’être mal préparés à entrer dans l’âge adulte. Superprotégés et choyés, ils auront du mal à encaisser les chocs et à se débrouiller seuls.

  • Mais de nombreux spécialistes de l’enfance ont condamné les parents trop autoritaires !

 Je pense que les théoriciens de l’éducation outrepassent souvent leur domaine de compétence quand ils se prononcent sur les méritent et les défauts de telle ou telle méthode. Leur analyse se focalise sur l’influence parentale et néglige un grand nombre de facteur, comme la génétique par exemple. Et si on procède ainsi, il est pratiquement impossible de déterminer à coup sûr la part qui revient à l’attitude des parents dans l’apparition de névroses. Mais cela ne permet pas non plus de porter un jugement sur l’éducation autoritaire.

  • Cette crise intervient-elle dans tous les milieux de la société suédoise ?

 La société suédoise est composée d’une énorme classe moyenne et c’est en son sein que s’est popularisé cette conception hyper démocratique de l’éducation. Certains parents, issus de milieux défavorisés, l’imite au risque d’avoir avec leurs enfants des problèmes encore plus graves, car des difficultés socioéconomiques s’ajoutent aux difficultés comportementales. Il existe bien sûr des milieux où on se fait une autre idée du rôle des parents, mais il leur est difficile de l’appliquer, se heurtant de front à l’orthodoxie selon laquelle les enfants sont des poupées de porcelaine qu’il ne faut pas affronter.

  • Quels conseils pouvez-vous donner aux parents :

 L’essentiel est d’être persuadé que l’adulte sait mieux que l’enfant ce qui est bon pour lui. Si c’est clair dans votre tête, vous n’aurez aucune difficulté à leur dire quoi faire et aucune fessée ne sera utile.

Je conseille donc aux parents d’être des parents et non de se comporter comme le meilleur ami de leurs enfants.

2° L’Espagne et ses petits dictateurs

« Le petit dictateur, quand les parents sont les victimes » de Javier Urra, psychologue clinicien travaillant au service de la justice des mineurs au ministère de la justice espagnole. Il a été le défenseur des enfants dés 1996, il a beaucoup écrit sur l’adolescence.

Une génération de parents perdus, incapables de dire non et de gérer les conflits, a donné naissance à une génération d’enfants impossibles. Souvent déviants, parfois délinquants, certains en viennent à terroriser leur famille. En jeu, ici comme ailleurs, les valeurs consuméristes d’une société où l’on veut tout, tout de suite. S’y ajoute plus spécifiquement, le complexe d’une démocratie encore jeune où l’autorité est particulièrement dévaluée. »

Selon une enquête de la fondation d’aide contre la drogue, 4O % des parents espagnols reconnaissent ne pas savoir gérer les conflits avec leurs enfants. Les bouleversements sociaux, la révolution internet, le faits que les enfants disposent de bien plus d’argent qu’auparavant ont profondément transformé la culture des jeunes ces dernières décennies, prenant à rebrousse poil « la génération de la démocratie » ; c’est ainsi qu’on nomme la génération arrivée à l’âge adulte après la chute du franquisme en 1975 et l’instauration d’un régime démocratique en Espagne.

Le philosophe José Antonio Marina soulignait récemment que les jeunes d’aujourd’hui ne communiquaient plus avec leurs parents. Désormais, parents et enseignants sont convaincus qu’ils n’éduquent plus au nom de la société, mais malgré elle. Et ils se sentent dépassés. Alors, nombreux sont ceux qui laissent faire, décidant d’ignorer la gravité des conflits avec leurs enfants pour échapper à la confrontation. Ils cantonnent ainsi leur interventions à la sphère familiale, plus facilement contrôlable mais évitent les questions essentielles : qui donc fréquentent-ils ; quels risques courent-ils ; quelles sont ses valeurs. Ils ne le font pas, car ils craignent de voir leurs pires soupçons se confirmer. Ils accusent alors l’école, les médias, les lois, la société.

3° L’épidémie d’hyperactivité :

« Obéissance sur ordonnance au Brésil : la société brésilienne consacre chaque année 9 millions d’euros aux médicaments contre l’hyperactivité. L’ampleur du phénomène, véritable dopage légalisé d’enfants que l’on coule ainsi dans le moule scolaire et comportemental, produit une déresponsabilisation générale : les adultes sont déchargés de leur rôle éducatif et les enfants ainsi étiquetés sont exonérés de tout. »

Eliane Brum.

La TDAH, une pathologie controversée :

Ce trouble neurologique du comportement touchant les enfants de 6 à 16 ans devrait être de 8 à 12 % dans le monde. Au Brésil, d’un état à l’autre, il peut varier énormément et atteindre 27 % des enfants scolarisés.

Les symptômes qui conduisent à ce diagnostic sont les suivants : l’enfant présente des difficultés d’attention et paraît dans la lune ; il ne semble pas entendre quand on s’adresse directement à lui ; il se laisse facilement distraire de son occupation ; il bouge constamment et est incapable de rester assis ; il est incapable de jouer sans soliloquer ; il a peine à attendre son tour ; il interrompt les conversations ; il manifeste de l’impatience.

En France, on parle souvent d’hyperactivité : le terme, à lui seul, porte en germe de nombreuses idées reçues. Galvaudé, on l’utilise aussi bien pour parler des enfants « turbulents », « agités », soumis à une éducation trop rigide ou au contraire trop laxiste…

En réalité, mieux vaudrait parler de « TDAH », le « trouble déficit de l’attention/hyperactivité » qui, d’après la Haute Autorité de santé (HAS), toucherait entre 3 % et 5 % des enfants et n’a rien à voir avec ces considérations. Désormais bien connu, ce syndrome se caractérise par des troubles associés, dont le principal n’est justement pas l’hyperactivité, mais le déficit d’attention. D’où l’incrédulité de parents lorsque le diagnostic est posé, à partir de 6 ans.

« Certains ne comprennent pas, parce que leur enfant n’est pas particulièrement agité », témoigne ainsi Christine Gétin, la présidente de l’association HyperSupers TDAH France. À l’inverse, avoir la bougeotte, être turbulent ou capricieux ne fait pas d’un enfant un hyperactif au sens médical.…

Pourtant, en France, le nombre de boites de Ritaline  avoisine les 400 000 par an ; ce chiffre avait augmenté de 44 % entre 2008 et 2011. En 2013, le nombre d’enfants diagnostiqué serait compris entre 190 000 et 480 000, dont les ¾ serait des garçons.

Malgré ces chiffres vertigineux, nous sommes loin des Etats-Unis et du Canada, et même loin de la plupart des pays européens.

Un chercheur donne cependant son avis : « En France, on traite trop tard. Les troubles apparaissent dés l’école primaire et l’objectif n’est pas de soigner un comportement, mais ses conséquences : la souffrance de l’enfant et sa stigmatisation. » Mais le traitement ne serait pas justifié pour tous les enfants difficiles, seul 1% d’entre eux devraient être traités. Et on constate souvent des surdiagnostics,  et par conséquent des surprescriptions.

La première question que l’on pourrait se poser : pourquoi une telle différence entre les pays :

  • Au Brésil, la Ritaline est devenue la « drogue de l’obéissance » et les spécialistes se demandent si le traitement est utilisé à bon escient, autrement dit pour des enfants réellement atteints, en respectant les dosages et la durée d’utilisation. Les statistiques montrent que l’utilisation de la Ritaline varie en fonction des vacances scolaires : il existerait une relation directe entre l’école et la prise de ce médicament classé parmi les drogues.
  • En réalité, les doutes sont nombreux. Certains dénoncent de mauvais diagnostics, d’autres affirment que cette maladie, à supposer qu’elle existe dans une telle ampleur, est une opération marketing montée de toute pièce par l’industrie pharmaceutique.
  • Et les risques d’abus sont réels : un représentant des firmes pharmaceutiques aux états déclare avoir rencontré, entre 2004 et 2009, 75 psychiatres à Oakland, Californie, et ceci une semaine sur deux, pour leur vanter les mérites du stimulant incriminé sensé améliorer les résultats scolaires et comportementaux. Si un psychiatre posait des questions sur les effets secondaires ou les risques d’abus du médicament,  il fallait les minimiser. Il n’était pas question de dire « il y a des effets secondaires sérieux, vous devez y prêter attention ». Les parents de Andy on arrêter le traitement à la Ritaline de leur fils parce qu’il souffrait d’insomnie et de palpitations cardiaques.

Le succès de la Ritaline peut s’expliquer ainsi :

Un professeur de pédiatrie de la Faculté de médecine de Campinas, au Brésil, a fait un constat : la médicalisation de l’éducation des enfants dans l‘enseignement primaire et la politique de formation des professeurs induit que la société délègue à la médecine la tâche de normaliser, policer et contrôler ces enfants. Les problèmes pédagogiques sont ainsi transformés en questions biologiques …

Elle décrit une prise de contrôle sur la vie des hommes, car diagnostiqué enfant, l’adulte restera sous Ritaline sa vie entière …. Encore un bon plan pour les laboratoires qui n’hésitent pas à « acheter » le concours de certains scientifiques pour vanter les mérites de leur drogue, sans doute réels, quand le bon diagnostic est posé.

On pourrait conclure que la TDAH traitée avec le méthylphénidate, soit entre autre la Ritaline,  décharge l’école et les parents de leurs rôles éducatifs, laissant les enfants incriminés se débattre pour atteindre les connaissances et l’autonomie nécessaire pour devenir un adulte heureux. Triste constat.

Ces 3 cas de disfonctionnement du comportement pourraient-ils être améliorés par l’application de la pédagogie Montessori dés le plus jeune âge.

Qu’aurait pensé Maria Montessori si elle vivait encore, de cette situation à la fois douloureuse pour les enfants et pour les parents et quels conseils nous aurait-elle donné en fonction de ses recherches et de ces découvertes sur l’enfant.

La question fondamentale que les adultes responsables de l‘éducation des enfants devraient se poser impérativement est celle que Maria Montessori s’est posée et à laquelle elle a répondu : qui est l’enfant et quels sont ses besoins.

Qui est l’enfant :

le nouveau-né doit entreprendre un travail de construction qui, sur le plan psychique, rappelle celui qui s’est élaboré corporellement pendant la période embryonnaire. Il vit cette période post-natale comme une période formative et l’enfant devient un embryon spirituel. 

Maria Montessori

Et que doit faire l’adulte face à cet embryon spirituel : il doit simplement lui permettre de faire par lui-même ses propres conquêtes. Si l’enfant n’a pas la possibilité de faire usage de son intelligence, elle s’atrophie. L’enfant a besoin d’avoir quelque chose à faire et ce, dés sa naissance.

Nous avons là une première piste : dés la naissance, ne pas perdre de temps en pensant que l’enfant est trop petit, que de toute façon, il ne comprend pas, que ce n’est pas la peine et qu’à partir du moment où les besoins vitaux sont comblés, la nourriture, le sommeil, la chaleur, l’hygiène, il n’y a rien d’autre à faire. Bien que l’on soit en 2O14, c’est une mentalité qui est encore répandue. Pourtant, c’est pendant cette période que l’enfant développe des compétences fondamentales dans le but d’acquérir « un modèle de comportement » : la conscience, la langue, la perception le comportement social et l’intelligence.

Et quels sont les besoins de l’enfant :

  • l’autonomie, sujet que nous avons traité plus haut
  • la liberté
  • le mouvement.

Savoir « qui est l’enfant » est donc fondamentale ; il faut maintenant répondre à ses besoins : voilà une 2éme piste intéressante.

La liberté :

L’enfant a besoin d’être libre de ses choix, de ses mouvements et du temps qu’il souhaite consacrer à une activité.

Que se passe-t-il souvent en structure d’accueil classique, à l’école où à la maison :

  • l’enfant est attaché dans une chaise haute, dans l’impossibilité de se mouvoir, obligé qu’il est d’accepté d’être nourri comme un petit animal.
  • l’enfant est prisonnier dans un parc, avec l’impossibilité d’explorer son environnement
  • l’enfant est harnaché de couches culottes afin qu’il ne répande pas ses excréments partout ; il sera toujours temps, vers 2 ans et demi ou 3 ans de s’inquiéter de savoir si physiologiquement, il est en passe d’être rendu propre par la mise au pot régulière, systématique et obligatoire.
  • Plus tard, pour le repas, il sera libéré de ses liens physiques, mais pas de l’entrave psychologique de l’adulte qui lui donnera encore la becquée, parce qu’il risque de ne pas manger toute sa ration de protéine, de laitage ou autre, entrainant une dépendance qui aura des répercussions sur le régime alimentaire de l’adulte en devenir : un pédiatre, que j’ai bien connu, disait « un enfant sain ne se laisse pas mourir de faim »
  • Et puis ses jouets, ses livres, ses vêtements seront à hauteur d’adulte, c’est plus pratique ……. Pour l’adulte qui doit ranger, préparer.
  • Ne parlons pas du libre choix des activités et du temps passé à les réaliser : la maitresse décide qu’à 10 heures, tout le monde va colorier le même petit canard, et comme l’enfant n’aura qu’un crayon jaune, il ne risque pas de se tromper …
  • Ensuite, on ira tous aux toilettes, juste avant de manger ….

Alors que l’enfant a besoin de liberté, nous entrevoyons là un énorme problème.

Dans nos ambiances, les déplacements sont autorisés, bien que contrôlés, on parle à voix basse, le matériel est rangé par l’enfant après utilisation et il ne peut être repris que s’il se trouve à sa place. On travail ici les repères fixes, si importants pour le jeune enfant.

Et le mouvement :

Maria Montessori a dit « l’enfant se développe dans le mouvement ». Si l’adulte entrave l’enfant, comment peut-il se développer convenablement. Si l’enfant, en maternelle, est vissé sur une chaise pendant des heures, sans autorisation de se lever, obligé de se concentrer sur une tâche qu’il n’a pas choisie, comment, pour certain, ne pas développer une bougeotte qui va être taxée «d’hyperactivité » et peut-être si les parents ou le pédiatre ne sont pas attentifs, traitée par la « drogue de l’obéissance ». Il a été constaté, que dans certains cas, l’enfant subit des séances de kinésithérapie ayant pour visée de renforcer les abdominaux de l’enfant afin qu’il reste assis plus longtemps. Jusqu’où ira-t-on ?

Ma conclusion :

Certains disent que de toute façon, les enfants ont toujours été mal élevés et collés aux basques de leurs parents. Je ne sais pas ce qu’il en était il y a 2OO ans, mais il y a 5O ans, oui, j’y était et bien que moins intellectualisés qu’à l’heure actuelle, nous étions, pour la plupart, autonomes et respectueux.

Que c’est-t-il réellement passé.

Alors que pratiquement tout, dans notre monde moderne à évolué en bien, en très bien même : la science, la médecine, le confort, la communication… que s’est-il passé avec l’éducation des enfants.

Les parents d’aujourd’hui ont-ils oublié que l’enfant était mu par « l’intelligence de l’amour » dont parlait Maria Montessori dans L’Enfant. « L’adulte est, pour lui, un objet particulier d’amour ». Comment se fait-il que, dans certaines familles, cette évidence semble complètement disparue.

Je pense que c’est une partie de la réponse. « Cette poussée irrésistible qui unit l’enfant aux choses pendant les périodes sensibles, est bien un amour de l’ambiance » si les parents et les éducateurs ont perdu cela de vue, s’ils s’arment d’indifférence parce que fatigués, préoccupés, dépressifs, égoïstes … ils ne peuvent plus être « objet d’amour » et l’équilibre est rompu.

L’éducation d’un enfant est une tâche très difficile, elle commence à la naissance et se poursuit jusqu’au début à l’âge adulte. En étant attentif et aimant, la transmission s’effectue dans les meilleures conditions et le résultat est là.

Je pense que Maria Montessori nous conseillerait de revenir aux fondamentaux, d’accepter l’enfant tel qu’il est, de lui permettre de « se développer dans le mouvement » sans le contraindre à rester assis de longues heures alors que physiologiquement, il n’est pas près, de ne pas constamment intervenir dans ses travaux et lui apporter une aide dont il n’a pas besoin, de l’éveiller sans l’ennuyer, de le responsabiliser pour son autonomie et surtout de le voir avec cette intelligence de l’amour que l’adulte doit avoir pour l’enfant.

Pourquoi, alors que la solution est là, personne ne la met en application. Parce que tout n’est pas perdu, et c’est à nous de poursuivre l’œuvre de Maria Montessori, dans la mesure de nos moyens et de notre temps.

Il faut transmettre à tous ceux qui sont intéressés par l’avenir des enfants, comme l’avait fait en son temps Maria Montessori.

dominique-godard Dominique Godard
Présidente

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