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Fév 20, 2018

L’importance de la préparation de l’éducateur et du milieu dans le développement de l’enfant.

 L’importance de la préparation de l’éducateur et du milieu dans le développement de l’enfant.

Introduction

La place de l’Enfant dans la société n’a cessé d’évoluer, notamment grâce aux politiques publiques et aux diverses lois permettant sa protection et lui donnant une place prépondérante dans notre société. Longtemps considéré comme un « mini-adulte », voire un adulte inachevé, il était d’abord défini davantage par ses manques que par ses compétences.

Maria Montessori, pour imager la place de l’Enfant auparavant, parlait d’un être « extra-social» : l’Enfant n’avait pas sa place, tant dans la rue que dans sa maison. L’enfant est alors « un dérangeur qui cherche, et ne trouve rien pour lui ; qui entre, mais qui est expulsé. » (Maria Montessori, 1836, L’Enfant, P.13)

C’est au début du XXème siècle que l’enfant prend sa place en tant qu’être social dans la société. Les villes et tout ce qui s’y trouvent vont s’adapter à l’enfant, en construisant des parcs, des jeux, des meubles confectionnés pour eux et répondant à leurs besoins spécifiques. La Convention Internationale des droits de l’enfant, de 1989, a permis de franchir un grand pas dans le respect du développement et de la liberté de l’enfant. C’est en m’intéressant à l’histoire de la place de ce dernier et plus particulièrement à l’impact que les premières années de vie de l’enfant ont sur sa construction en tant qu’adulte, que j’ai choisi mon métier, Éducatrice de Jeunes Enfants. En tant qu’adulte, l’environnement que nous préparons pour l’enfant et la place que nous prenons à ses côtés, fait de nous un élément majeur de son bon développement. Il est alors essentiel, pour moi, de s’intéresser plus particulièrement à la manière dont l’enfant se développe, par le biais de ses mouvements et de ses expériences, pour adopter la posture professionnelle la plus adéquate et qui permettra de répondre au mieux aux besoins particuliers de chaque enfant. En effet, comme le dit Maria Montessori, « (..) L’enfant est la partie la plus importante de la vie de l’adulte. Il est le constructeur de l’adulte» (Maria Montessori. 1936. L’Enfant, P15). Il est alors primordial pour les adultes de lui offrir un milieu sécurisant, propice à ses différents apprentissages et lui permettant de s’épanouir. Selon la pédagogue italienne, la partie la plus importante de la vie est la première période, de la naissance à six ans, période durant laquelle se forment « l’intelligence, le grand instrument de l’homme, mais aussi l’ensemble des facultés psychiques. » (Maria Montessori. 1959. L’esprit Absorbant d l’enfant, p.24) . On considère à présent que l’enfant est l’acteur de son développement, car il traite lui-même l’information fournie par son environnement, selon ses possibilités et ses intérêts.

Maria Montessori parle de l’esprit absorbant de l’enfant, qu’elle définit de la sorte : « Nous, nous sommes comme des récipients dans lesquels se déversent les impressions : l’eau reste distincte du verre. Au contraire, l’enfant subit une véritable transformation : non seulement les impressions pénètrent dans son esprit, mais elles s’incarnent en lui. Le petit enfant est l’ouvrier de sa propre chair mentale, se servant de ce qu’il trouve dans son ambiance» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.26). Ainsi, chaque élément que nous présentons à l’enfant, nos paroles, nos actes influencent son développement, son bien-être et par ce même biais, l’adulte qu’il deviendra.

Il m’est alors apparu comme évident de parler de l’importance de l’environnement, du milieu, dans lequel grandit l’enfant. L’adulte y occupe une place primordiale, dans le sens où il devient le responsable du milieu. L’adulte doit alors être prêt et reconnaître les capacités de l’enfant afin de lui proposer un milieu enrichissant et répondant à ses besoins.

Le sentiment de sécurité, un pas vers l’exploration

Pour commencer, nous allons nous intéresser au nourrisson, et plus particulièrement à son premier besoin : la sécurité affective. Selon Claudette Rivest, « Le sentiment de sécurité découle d’expériences qui prennent leur source dans l’enfance, alors que le bébé apprend égoïstement à obtenir la satisfaction de ses besoins. C’est par cet apprentissage d’expériences sécurisantes que l’enfant acquiert progressivement ce sentiment de sécurité» (Claudette Rivest. 1998. L’insécurité affective de la petite enfance à l’âge adulte, p.19). Ce besoin est directement lié à la notion d’attachement, et fait donc des parents les premiers acteurs. La qualité du lien d’attachement contribue fortement au développement des connaissances à la fois sociales et cognitives de l’enfant, et conditionne son sentiment de sécurité pour explorer l’environnement.

John Bowlby parle de l’attachement comme d’un besoin primaire, inné, il remplit essentiellement un besoin de protection. Il énonce que « le nourrisson et le jeune enfant devront avoir été élevés dans une atmosphère chaleureuse et avoir été unis à leur mère (ou à la personne faisant fonction de mère) par un lien affectif intime et constant, source pour tous deux de satisfaction et de joie» (John Bowlby. 1954. Soins maternels et santé mentale, p.11). Bowlby met l’accent sur le fait que la mère n’est pas la seule figure d’attachement de l’enfant, les modes de garde extra-familiaux de l’enfant favorise les attachements multiples. De cette théorie de l’attachement ont découlé différentes expériences qui ont permis de définir différents types d’attachement. Ils ont un lien direct avec l’exploration de l’enfant, puisqu’il a été observé, par la« situation étrange » d’Ainsworth et Wittig, qu’un attachement sécurisé amène l’enfant a accepté la séparation et à retrouver sa mère de façon positive après une absence. Ainsi, l’enfant continue de faire ses propres expériences, en dehors de la présence de sa mère.

Maria Montessori rejoint cette idée de sentiment de sécurité en disant que « l’idée sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est que l’individu le mieux soigné et le mieux assisté, a toutes chances de croître plus fort, mieux équilibré et d’avoir un caractère plus énergique. (..) Parallèlement à l’hygiène physique, l’enfant devra être protégé par une hygiène mentale » (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.19).

Elle parle de l’enfant comme d’un embryon spirituel. Selon elle, « l’enfant qui s’incarne est un embryon spirituel qui doit vivre par lui-même dans l’ambiance. Mais aussi bien que l’embryon physique a besoin d’une ambiance spéciale qui est le sein maternel, cet embryon spirituel a besoin, lui, d’être protégé dans une ambiance extérieur animée, réchauffée par l’amour, riche en aliments, où tout l’accueille, où rien ne l’entrave » (Maria Montessori. 1936. L’enfant, p.30).

Par la suite, l’enfant va s’ouvrir petit à petit au monde extérieur, ce sont alors les adultesqui  l’accompagnant au quotidien, les éducateurs, qui auront un rôle primordial à jouer dans l’acquisition et le maintien du « sentiment de sécurité » chez l’enfant. Ainsi la sécurisation est « le premier devoir qui s’impose à tout éducateur substitué temporairement ou définitivement aux parents, et qui lui demande aussi, aux yeux de l’enfant, présence, stabilité, offre d’un soutien et d’un intérêt personnel, sérénité, dans un cadre organisé favorable à la création d’habitudes et de points de repère» (Vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie de l’enfant. 1969).

L’importance de la préparation de l’éducateur et du milieu

Afin d’accompagner au mieux le jeune enfant, il est primordial pour l’éducateur de se rendre compte d’un élément majeur chez l’enfant : il est compétent. En effet, comme le dit Maria Montessori, « les enfants ont, et spécialement dans leurs premières années, une sensibilité intime, une nécessité spirituelle, qu’une éducation mal dirigée ou des répressions peuvent faire s’évanouir et remplacer par un esclavage des sens à l’égard de chaque objet» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.221). En résulte la nécessité de s’intéresser à l’éducateur, et à la préparation spirituelle qu’il doit avoir effectué pour ne pas entraver le développement de l’enfant qu’il accompagne quotidiennement.

Avant cela il me paraît essentiel de mettre l’accent sur un aspect fondamental : la façon dont l’adulte perçoit l’enfant. En effet, une personne qui ne croit pas au potentiel de l’enfant, et qui ne le considère pas comme une personne à part entière ne peut prétendre, selon moi, respecter la pédagogie de Maria Montessori. L’enfant doit être considéré comme une personne qui a ses goûts, ses opinions, et qui est en droit de les exprimer. A nous, adultes, de les entendre et de les prendre en compte. L’enfant a également un rythme qui lui est propre, avec son intelligence, notre rôle est alors de lui permettre de progresser en respectant ses possibilités.

Selon Maria Montessori, l’adulte doit s’attarder sur le soin de sa personne. Elle qualifie les enfants d’ « êtres d’élection » et place l’apparence de l’éducateur, qui est un élément de l’ambiance, comme la première étape dans la préparation de son comportement. Selon elle, « l’apparence de la maîtresse est le premier pas qui lui permettra de comprendre l’enfant et de le respecter » (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.226).

L’adulte doit alors avant tout apprendre à se connaître lui-même, à identifier ses propres défauts pour combattre ses mauvaises tendances, comme la colère ou l’orgueil dans diverses situations auxquelles il sera confronté au quotidien auprès de l’enfant. Pour moi, cela demande une grande préparation de la part de l’éducateur. Cela ne signifie pas que l’éducateur doit accepter tous les comportements de l’enfant. Maria Montessori parle des comportements destructeurs de l’enfant, qu’il faut alors interrompre. L’interruption pourra être sous forme d’une exclamation, ou d’un intérêt particulier porté sur le petit turbulent.

A l’inverse, le comportement principal à adopter est de rester en retrait, disponible à l’enfant, sans intervenir lorsqu’il est concentré. « Lorsqu’un enfant est concentré sur son travail, on ne doit pas intervenir, afin de ne pas interrompre le cycle de son activité et en empêcher le plein épanouissement » (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.227). Maria Montessori met l’accent sur le fait de n’intervenir sous aucune forme auprès de l’enfant, ainsi le simple fait de dire « c’est bien » pourra stopper la concentration de ce dernier. Ceci est un aspect difficile à travailler en tant qu’adulte, tout autant que le fait de vouloir aider un enfant se trouvant en difficulté. Il faut se rappeler que « l’intérêt des petits enfants ne se porte pas seulement sur le travail, mais le plus souvent sur le désir de surmonter les difficultés» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.228). Ainsi, lorsque nous intervenons nous risquons de détruire l’activité de l’enfant. Le fait de ne pas systématiquement valoriser l’enfant, et surtout lorsqu’il effectue une activité a été quelque chose de très difficile pour moi au départ, et qui m’a demandé une préparation particulière. J’avais, lors de mes études, toujours entendue qu’il était important de valoriser l’enfant autant que possible, dans chaque situation. J’avais donc pris l’habitude d’applaudir lorsqu’un bébé commençait à faire ses premiers pas, de féliciter un enfant qui parvenait à effectuer une activité ou encore de dire d’un dessin d’un enfant qu’il était très beau. En lisant les ouvrages de Maria Montessori, et en travaillant chaque jour dans une crèche qui s’appuie sur sa pédagogie, j’ai pris beaucoup de recul. Je me suis rendue compte qu’en valorisant l’enfant de la sorte je le soumettais, de manière inconsciente pour ma part, à mon jugement. Il m’a alors fallu du temps pour laisser la place à l’enfant de se soumettre à son propre jugement, et de me contenter de dire : « tu peux être fier de toi », « je vois que tu as réussi », « as-tu pris du plaisir à faire ce dessin ? ». Et, je reste actuellement convaincue que cela aura un impact positif sur la confiance en lui de l’enfant et sur son estime de lui-même. C’est pour cette raison que je souhaitais mettre l’accent sur la préparation de l’éducateur, et de la retombée, consciente ou non, de nos actes et paroles sur l’enfant.

Comme le dit Maria Montessori « si nous réfléchissons que le développement de l’enfant ne peut être détruit, mais qu’il peut demeurer incomplet ou être retardé quand nous ne lui accordons pas la possibilité de faire ses propres expériences, le problème de l’éducation surgit dans toute son étendu» Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.74).

L’adulte est présent uniquement pour placer l’enfant dans des situations correspondant à son âge, avec du matériel mis à sa portée, respectant le rythme de ses acquisitions motrices. L’observation est alors essentielle pour permettre à l’éducateur d’adapter le milieu et sa posture aux besoins de l’enfant. Par exemple, il est important d’observer l’enfant pour déterminer le stade moteur dans lequel il se trouve. Cela évite de mettre l’enfant dans une position qu’il ne sait pas encore prendre de lui-même, pour le laisser atteindre les différents stades moteurs à son propre rythme. Il en découlera pour l’enfant un sentiment de confiance en ses capacités personnelles.

L’adulte est également le garant du milieu, l’environnement dans lequel l’enfant grandit, l’élément majeur du développement de l’enfant.

En effet, c’est dans ce milieu que l’enfant, grand explorateur, va effectuer ses diverses expériences qui auront un impact sur sa construction. Comme Piaget le développe dans sa théorie de l’intelligence sensorimotrice, « Le bébé assimile l’information de son environnement avec les schèmes dont il dispose (vision, succion, audition, préhension), et il adapte ces schèmes à partir de ses expériences, il les modifie pour s’ajuster aux nouvelles expériences 16». Il met ainsi en avant l’importance de l’environnement de l’enfant, et des informations qui vont être transmises par le biais de ce milieu pour les acquisitions futures de l’enfant.

Maria Montessori a dit « quand on se propose d’aider au développement psychique de l’homme, il faut partir de ce principe que l’esprit absorbant de l’enfant s’oriente selon son milieu. On doit prendre des précautions, spécialement au début de la vie, afin que le milieu offre intérêt et attraction pour cet esprit(l’enfant) qui doit y trouver les aliments de sa propre construction» Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.81).

Comme nous l’avons décrit dans l’introduction, l’enfant est un esprit absorbant, ce qui signifie qu’il absorbe autant les expériences positives que négatives. Il en convient donc que la préparation du milieu dans lequel évolue l’enfant est nécessaire pour lui permettre de grandir sereinement dans un environnement favorisant l’apprentissage par ses propres expériences.

Ainsi, préparer une ambiance revient à adapter le matériel aux capacités mais aussi à l’intérêt de l’enfant, lui permettre de se déplacer librement pour assouvir son envie de découvrir, d’apprendre, de manipuler. L’espace grandit alors au même rythme que l’enfant, l’adulte, grâce à une observation attentive de l’enfant, va pouvoir mettre à disposition de l’enfant ce dont il a besoin. « Le premier pas de l’éducation est de pourvoir l’enfant d’un milieu qui lui permette de développer les fonctions à lui assignées par la nature. Cela ne signifie pas que nous devions le contenter et lui permettre de faire tout ce qui lui plaît, mais nous disposer à collaborer avec l’ordre de la nature, avec une de ses lois qui veut que ce développement s’effectue par les expériences propres de l’enfant» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.74).

Il faut aussi penser aux obstacles qui pourraient se dresser sur le chemin de l’enfant afin de les supprimer et d’offrir un milieu de vie entièrement favorable aux besoins de l’enfant. « de même qu’il (l’enfant) est sensible à ce qu’il reçoit pour construire et augmenter ses possibilités, de même l’est-il aux obstacles trop forts qui lui sont opposés. Les résultats de cette sensibilité contrariée se fixent par la suite comme un défaut pour le reste de la vie(..) Ces obstacles que nous formons souvent nous-mêmes devant l’enfant, nous rendent responsables des anomalies qui l’accompagnent sa vie durant» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.108).

Maria Montessori parle de sensibilités spéciales, passagères et se limitant à l’acquisition d’un caractère déterminé, qu’elle nomme les périodes sensibles. L’enfant fait ses acquisitions pendant les périodes sensibles, il apprend alors très facilement avec un grand enthousiasme. L’adulte, par son observation, doit offrir les éléments nécessaires à l’élaboration des acquisitions de l’enfant, car « si l’enfant n’a pu obéir aux directives de sa période sensible, l’occasion d’une conquête naturelle est perdue». (Maria Montessori. 1959. L’Enfant. p.34) Il me vient l’exemple d’un enfant, que nous nommerons Théo, âgé de trois ans, qui refusait de venir à la crèche pendant une période. On observait alors qu’il effectuait souvent les mêmes activités à la crèche, sans y prêter une grande attention. Théo commençait à avoir un comportement difficile au sein du groupe, et il était compliqué pour les éducateurs de comprendre sa situation. Lorsque Théo a changé de groupe, et est passé dans le groupe des « grands » nous avons vu un tout autre enfant : Théo s’est immédiatement intéressé à un travail, comme on le nomme en Montessori, et a su le reproduire directement. Il en a fait de même avec toute une série de différents travaux, et a impressionné l’équipe entière. Pendant plusieurs jours Théo s’est intéressé à tout ce qui touchait aux mathématiques, et a eu la capacité d’apprendre et de reproduire à une vitesse très impressionnante. Je pense que cela est en lien direct avec les périodes sensibles, nous avons laissé l’espace à Théo pour nous montrer ce qu’il voulait faire et les éducateurs étaient présents pour lui en faire la présentation. Théo a ensuite été totalement libre de faire et refaire le travail qu’il souhaitait ce qui lui a permis d’aboutir à une acquisition particulière.

L’ordre est une période sensible les plus importantes chez l’enfant, il s’agit pour l’enfant de connaître la place de chaque chose afin d’être capable de s’orienter dans l’ambiance, d’en connaître chaque détail. Ainsi, il est important de veiller à ce que chaque chose soit à sa place dans l’ambiance pour permettre à l’enfant d’atteindre ses buts. L’ordre est alors un plaisir vital.

L’éducateur doit aussi veiller à l’esthétisme de l’ambiance, « le premier soin de la maîtresse doit être : ordre et soin du matériel, afin qu’il soit toujours beau, clair et en parfait état ; que rien ne manque ; pour l’enfant, tout doit paraître neuf, complet et prêt à servir» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.225-226). Comme nous l’avons vu précédemment, l’enfant étant un esprit absorbant, il absorbe tout : le bon et le mauvais, lui proposer un matériel attrayant prend alors tout son sens. « Les adultes admettent leur milieu, ils peuvent se le rappeler ; mais le petit enfant, lui, l’absorbe. Non seulement il se rappelle les choses qu’il voit : mais ces choses font désormais partie de son psychisme ; ce qu’il voit et ce qu’il entend s’incarne en lui» Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.51).

Le milieu, pour conclure, doit offrir intérêt et attraction à l’enfant, et pour cela l’adulte doit prendre des précautions pour que l’enfant y trouver les aliments de sa propre construction, sans être fasse à des obstacles pouvant entraver son développement.

Conclusion

La pédagogie Montessori permet à l’enfant de prendre confiance en ses capacités et d’explorer librement le monde qui l’entoure.  Dans ma formation d’ Éducatrice de Jeunes Enfants j’ai pu découvrir le développement de l’enfant sous différents aspects : psycho-moteur, psychologique,etc..  Ainsi, il m’est apparu comme essentiel et logique de parler de l’importance de notre place auprès de l’enfant et du milieu que nous préparons pour qu’il évolue sereinement. Se connaître soi-même, et connaître l’enfant que l’on accompagne est primordial. Quand on s’intéresse, comme nous venons de le faire, à l’impact que l’adulte peut avoir sur l’enfant et l’adulte en devenir qu’il est, il me paraît primordial de savoir se remettre en question pour adapter constamment notre comportement et l’ambiance à l’enfant et à son évolution. « Chaque erreur dans notre manière de traiter l’enfant ne se reflète pas seulement sur lui, mais aussi sur l’adulte qu’il deviendra» (Maria Montessori. 1959. L’esprit absorbant de l’enfant, p.110).

On m’a appris à mettre l’accent sur la valorisation de l’enfant et à créer des activités adaptées à son âge et ses capacités. Ainsi, je préparais des activités chez moi afin de les présenter aux enfants et de partager un moment privilégié avec eux. C’est en intégrant une crèche appliquant la pédagogie Montessori que j’ai pris du recul sur les pratiques que j’avais pu observer dans les différentes structures d’accueil de la petite enfance que j’ai fréquentées. En effet, j’ai toujours été attentive aux besoins des enfants et ai essayé d’y répondre de la manière la plus appropriée possible mais je ne me rendais pas compte que je me plaçais alors souvent comme décisionnaire de leur « emploi du temps ». La journée était planifiée par avance, et les activités également. Bien sûr on ne forçait jamais un enfant à effectuer telle ou telle activité.

Mon premier jour à la crèche Montessorienne, j’ai été épatée, et même effrayée, de voir des jeunes enfants avec des couteaux ou des ciseaux en libre accès, chacun faisant son travail dans son coin. Il a fallu que je fasse un travail sur moi-même pour ne pas montrer mon appréhension aux enfants et surtout pour ne pas intervenir par peur qu’ils ne se blessent. En les observant, j’ai compris que la meilleure aide que je pouvais alors leur apporter était simplement de les laisser expérimenter seuls, tout en restant disponible si ils en montraient le besoin.

Maintenant, j’ai appris à laisser la place centrale à l’enfant dans l’organisation de sa journée et à me positionner comme une observatrice, prête à intervenir lorsqu’il me le demande.

J’ai pu observer que cette manière de voir l’enfant et d’interagir au quotidien avec lui avait un impact réel sur son développement et son bien-être. Les enfants sont très autonomes, fiers de pouvoir nous montrer chaque jour ce qu’ils savent faire seuls. Cela me paraît essentiel pour donner les clés d’un développement harmonieux à l’enfant. Nous, adultes, sommes garants du milieu dans lequel évolue l’enfant et, comme nous venons de la voir, la place que nous laissons à l’enfant va lui permettre une confiance et une estime de lui même.

Il s’agit de mettre en place les différents moyens pour que l’enfant puisse devenir autonome, ainsi le matériel de la pédagogie Montessori me semble être très intéressant à observer et à étudier afin de comprendre le but de chacun et l’apport qu’il a pour l’enfant. Je terminerai par une citation de Maria Montessori que j’apprécie particulièrement et qui selon moi résume sa pédagogie : « Libérez le potentiel de l’enfant et vous transformerez le monde avec lui ».

Clothilde Auguy
Chargée de direction de L’Enfant Roi Europe

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