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Juil 29, 2019

Le ” Toucher Massage “

Le Toucher Massage, un outil de communication précieux dans la prise en charge quotidienne des enfants.

Introduction

Lors de mes expériences professionnelles et personnelles, j’ai pu observer que l’être humain à du mal à se détendre, se relaxer, et être à l’écoute de son corps et de ses limites. La question qu’on peut alors se poser est de savoir ce qui l’empêche de le faire. Je pense qu’il manque de connaissances, de rencontres, et d’outils.

Pour ma part, j’ai eu l’occasion de faire des rencontres qui m’ont permis de me découvrir davantage et d’apprendre à ressentir différemment les choses qui m’entourent. Surtout une chose essentielle, apprendre à écouter mon corps afin de lui permettre de se détendre grâce à divers outils et pratiques.

De manière personnelle, j’ai fait appel à des professionnels tels que des maîtres du Shia Tsu et du Reiki. Ils m’ont aidé à mieux comprendre mon corps et mon esprit. Il est important de savoir soi-même se détendre pour mieux entrer en relation avec les autres, et être davantage à l’écoute des personnes, pour pouvoir répondre davantage à leurs besoins de manière physique et psychique.

Lors de mon parcours professionnel, j’ai effectué un stage de formation « toucher massage » à Metz avec une infirmière formée à la relation d’aide à la sophro-relaxation. Ce stage avait pour objectif de créer un outil de communication précieux dans la prise en charge quotidienne des enfants. Il a déclenché en moi, comme une évidence, l’envie de donner à l’autre le moyen de lâcher prise, de prendre plaisir mais avant tout, d’être en relation avec autrui.

De par mes formations professionnelles, mais aussi de mes expériences, j’ai pris conscience des enjeux du « toucher » dans la qualité de la relation, de l’importance d’avoir des gestes adaptés en fonction de l’âge de l’enfant, de ses activités et des conditions de travail professionnel.

La pédagogie de Maria Montessori

La pédagogie vise à développer le potentiel de l’enfant en favorisant son plein épanouissement. Elle accompagne l’enfant dans son auto-construction.

Elle met donc l’accent sur l’éducation avant de parler d’instruction. Il ne s’agit pas de « verser » des connaissances sur l’enfant mais de l’aider à vivre. L’éducation est une aide à la vie. L’enfant passe alors par des phases de développement, il a son propre rythme, sa propre histoire, ses propres potentialités présentes dès qu’il existe.

La pédagogie se concentre sur les stades du développement individuel de la naissance à la maturité. A chaque stade, il existe des besoins et des comportements différents. L’éducateur essaie de répondre à ces besoins au cours du développement et d’aider au processus d’adaptation en fonction de sa période sensible.

L’enfant édifie lui-même sa personnalité et développe ses facultés motrices et intellectuelles. L’éducateur doit avoir une confiance complète dans les forces de l’enfant et lui offrir un environnement riche et stimulant avec des matériaux qui lui permettent de se construire.

Selon Maria Montessori il est important de donner le goût et la curiosité d’apprendre, sans notion d’évaluation et de compétition. L’enfant a la liberté de choisir le travail qu’il souhaite faire. La motivation venant de lui, il lui sera bien plus facile de se concentrer.

Il y a aussi la liberté de mouvement. L’enfant peut s’installer sur une table ou sur un tapis.

Cette liberté de choix et de mouvement, tout en respectant les règles de vie en groupe, permette à l’enfant de développer son autonomie.

L’enfant reçoit dès la naissance, et en continu, des stimuli sensoriels. Il ne peut rien apprendre sans l’avoir acquis pour commencer à travers les sens. Il a des sensations de mouiller et sec, de dur et mou, de léger et lourd, de pâle et foncé, de fort et doux, en un mot toutes sortes de sensations qui vont le stimuler sans arrêt pour donner au cerveau des impressions.

C’est à travers ces réactions aux stimuli et à partir de ces impressions sensorielles que l’enfant va construire son intelligence. Le début de l’intelligence est créé à partir de son enfance. Il regarde l’ordre extérieur qui l’entoure. A partir de celui-ci, il va créer l’ordre intérieur, qu’on appellera son mental.

L’ordre est le fondement, la base solide et essentielle pour développer son intelligence. «Pouvoir distinguer, contraster, comparer, arranger » c’est vraiment une des caractéristiques de l’espèce humaine. Nous parlerons alors de la relation à l’esprit absorbant.

L’importance des sens

Maria Montessori a beaucoup écrit sur le développement des sens de l’enfant entre 0 et 6 ans et cela me semble primordial.

En effet, l’enfant découvre le monde par les sens. Plus ses sens seront affinés, meilleure sera sa perception du monde.

Si les sens sont affinés, on se rend compte que la nature et tout ce que produit l’art nous procurent des sensations intenses. On ne passe pas à côté de tout sans voir, sans sentir, sans entendre, sans toucher et donc sans se rendre compte des richesses du monde dans lequel on vit et du besoin d’agir pour conserver tout cela intact.

On n’a alors aucune attirance pour les paradis artificiels qui ne procurent que des sensations grossières. En créant un environnement approprié aux développements des sens des enfants, on le protège de tant de choses, et on lui donne la clé de bonheur intense et immuable.

J’aime cette phrase de Maria Montessori : « La beauté réside dans l’harmonie, non dans les contrastes, et l’harmonie est affinité ; Il faut donc une finesse sensorielle pour la percevoir. Les harmonies esthétiques de la nature et de l’art échappent à ceux dont les sens sont grossiers. Le monde en est réduit et âpre. Il existe dans notre milieu quantité de sources de joies esthétiques, devant lesquelles les hommes passent comme des insensés ou comme des bêtes, cherchant la jouissance dans les sensations fortes, parce que ce sont les seules qui leur soient accessibles. »

La notion du toucher

Le toucher est certainement l’un des cinq sens le plus indispensable à la survie de l’être humain. Il nous permet le contact avec l’environnement et fonctionne comme un système d’alarme naturel. Sans le toucher, il serait impossible de faire la distinction entre un environnement dangereux et un environnement sûr.

Le sens du toucher est dû à la présence de nombreux récepteurs et corpuscules situés sous la peau. Chacun d’entre eux a une tâche particulière et répond à la chaleur, au froid, à la pression ou à la douleur.Ils informent le cerveau que la peau a été touchée. Ce sens remarquable qu’est le toucher nous protège tous les jours des agressions de l’environnement. Sans lui, la vie serait très difficile.

Le toucher est un sens qui est lié à la fonction tactile de la peau et des muqueuses. C’est une sensation et une perception corporelle qui implique les deux participants dans une relation d’intimité, puisqu’il n’est pas possible de toucher sans être touché.

Dans la vie l’être rencontre différentes formes de toucher.

  • Le toucher maternelle ou maternant
  • Le toucher amoureux
  • Le toucher amical relationnel
  • Le toucher soignant.

Le toucher est une réalité, une existence. Il crée un équilibre entre le corps et l’esprit. Pour pouvoir dire « je suis » il faut avant tout avoir la notion de toucher. Le toucher est le premier sens à apparaitre et il se développe chez le « petit être » dans le ventre de sa maman. Par ce sens, il entre en contact avec le monde qui l’entoure. Ce sens est aussi le dernier à disparaitre chez l’être humain.

Le contact physique aborde la notion de sécurité, de confiance dans l’espace intime de la personne. Le toucher fait parti des besoins fondamentaux et permet d’évoluer et de s’accroître avec le développement. La plupart de nos actes passent par le toucher, nous devons faire attention à ce que nous pouvons dégager afin de créer une relation saine aux échanges positifs. Il est important d’avoir à l’esprit qu’avant de toucher l’autre, il faut d’abord être en harmonie avec soi-même.

            Je me suis interrogée sur comment je pourrais développer ce sens en plus du matériel utilisé par la pédagogie. C’est alors que le massage fait échos dans ma pratique professionnelle.

La notion de Massage

Par massage on désigne l’ensemble des techniques par lesquelles on se sert de ses mains pour exercer des pressions, des vibrations ou d’autres techniques spécifiques sur différentes parties du corps. Le titre de masseur est, juridiquement parlant, strictement réservé aux masseurs-kinésithérapeutes qui interviennent notamment dans le cadre d’une rééducation. Toutefois, de nombreux massages « esthétiques » réalisés par d’autres praticiens existent. Ils visent surtout à procurer une sensation de bien-être à leur bénéficiaire.

Notre corps a une mémoire affective. Rappelons nous que le « fœtus » in utero se fait masser avec l’eau dans le ventre de sa mère mais aussi avec la paroi utérine. Lors de l’accouchement, ce sont les contractions qui lui procurent son premier massage. Il est important de continuer cet acte extra utéro pour rappeler à l’enfant les mouvements qui lui permettait de se sentir bien mais aussi en sécurité. Ainsi la maman peut travailler la communication à travers le corps.

Qui dit massage, dit contact avec la peau. La peau est un de nos organes les plus importants, puisqu’elle relie tout notre organisme au monde qui nous entoure.

Elle joue plusieurs rôles fondamentaux dont celui de protection vis-à-vis de l’extérieur, de régulation thermique, de synthèse hormonale et possède aussi une fonction immunitaire. Elle est en quelque sorte la membrane nous séparant du monde mais aussi la membrane qui s’imprègne, qui ressent, qui éprouve, qui touche… une membrane a des besoins, besoins d’être touchée, d’être câlinée, d’être aimée.

La peau révèle notre état de santé et notre état d’âme, elle est le plus vital de nos organes. A la naissance, la peau est un organe tout à fait achevé contrairement aux autres sens du bébé qui sont encore en train de se former. La peau possède des millions de petites cellules sensorielles qui ne demandent qu’à être activées.

Le massage a de nombreux avantages pour le bébé et par la suite pour l’enfant, comme par exemple favoriser l’éveil sensoriel, contribuer à sa sécurité affective, aider à son développement émotionnel, et l’aider à structurer son schéma corporel.

Chez l’adulte on parlera de massage thérapeutique fait par une thérapeute qui aura pour but des soins spécifiques. Ou des massages bien être qui auront pour but de se détendre et d’évacuer des tensions.

On peut donc dire que le massage possède une dimension sensorielle, relationnelle et affective.

Dans mon approche, j’ai conscience de ces notions qui m’aident à avoir la prise en charge la plus adaptée suivant le public avec lequel j’effectue l’activité. Certes un massage sur un bébé n’est pas le même que celui sur un enfant, il faut alors bien connaître le développement de celui ci. A la crèche, je travaille avec un public de 3 à 4ans et je me suis rendue compte qu’eux aussi appréciaient ces moments d’échanges.

Maintenant, je vais expliquer comment j’amène la séance. Je crée une ambiance apaisante, je tamise la lumière, et mets une petite musique autour de la nature. Des tapis au sol et des couvertures sont à disposition si besoin.

En fonction des enfants présents je vais choisir un outil qui mènera à bien l’activité.

La balle est un outil apprécié de l’enfant, je le laisse choisir celle qui lui fait envie mais c’est moi qui effectue le massage sur lui. La balle peut avoir des picots, être lisse ou avoir une forme géométrique. Cet exercice est en relation dual et permet à l’enfant de repérer son schéma corporel et ainsi prendre conscience de chaque partie de son corps.

La balle se situe dans ma main et me permet d’effectuer les contours du corps mais aussi du remplissage par des mouvements circulaires. Par cette balle, j’effectue différentes pressions sur le corps qui permet de ressentir des sensations. Il est important à ce moment que l’enfant écoute son corps, qu’il exprime ou non ses ressentis de manière verbale ou non verbale.

Il découvre ou redécouvre des sensations telles que des chatouilles, de la chaleur, du frottement, qui peuvent le déranger à ce moment-là, à moi d’être observatrice et de discerner ses réponses pour passer peut-être à une autre partie ou une autre pression.

Il y a aussi d’autres outils plus ludiques qui permettent également de faire interagir les enfants entre eux, comme par exemple le « train du massage ». Dans cet exercice, les enfants sont l’un derrière l’autre et effectuent sur le dos et la tête du voisin de devant, des mouvements qui représentent des formes comme sur une feuille à dessin.

Par exemple on peut aborder le thème de la météo, « Faire la pluie qui tombe, l’orage, le retour du soleil et cela s’arrête» ou encore par celui de pas d’animaux dans la forêt «  ours, le mille pattes… ».

Un autre exercice tout autant apprécié est celui du « car wash », six enfants forment la machine de massage, les premiers effectuent de légères pressions par les doigts sur l’enfant qui passe, un autre binôme frotte le corps et les derniers suivent. Comme le passage d’une voiture avec plusieurs étapes l’enfant passera en marchant devant chaque « stand ».

Bilan

Avec la pratique que j’ai acquise, maintenant quand je rentre dans une pièce, je prends toujours conscience de ce que je suis et de ce que je veux apporter à l’autre.

Je prends alors une minute pour moi, je ferme les yeux et avec l’aide de ma respiration je me mets dans l’énergie et l’ambiance sereine que je veux partager. Il est primordial d’être générateur de calme, sans cela nous engendrons un climat instable qui obstrue les risques de partages et d’échanges.

Avant de partager ce moment lors de l’activité, il est important de se poser la question : « Suis-je disponible pour donner et recevoir » (cris, geste, regards) ? Suis-je indisponible ? Je crée une insécurité chez l’enfant ou un mauvais état d’esprit qui ne peut pas être positif.

Dans l’idéal, le silence permet de se consacrer juste à l’autre, mais parfois il peut-être source d’angoisse et de non maîtrise, à moi de savoir m’adapter aux besoins de l’enfant.

En ôtant ce masque social de domination de l’adulte sur l’enfant, nous pouvons découvrir le véritable rôle de l’éducateur qui est d’être une aide utile au développement de l’enfant et ainsi permettre son éveil social.

Conclusion

Pour conclure, je vous dirai que, grâce à mes expériences humainement riche, et à mes différentes recherches ma pratique du massage trouve une stabilité, un équilibre riche en partage et en émotions. Grâce à cet outil de communication, j’ai pu constater un impact positif pour les enfants. Il me plaît de partager, d’observer en tant qu’éducateur, une activité qui apporte à l’autre, dans un cadre serein et bienveillant.

En tant qu’individu en quête d’évolution, je suis à l’écoute afin de réajuster et d’adapter ma pratique au mieux face à l’enfant. Nous ne devons pas rester sur nos acquis, mais devons être constamment en quête de questionnement et d’évolution. L’être humain a besoin de rencontres, de partages et d’échanges afin de se combler davantage et de grandir humainement.

Mélanie Faucillon
Éducatrice principale pour les crèches L’Enfant Roi

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