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Oct 28, 2019

Le développement de l’entraide à travers la pédagogie Montessori

Le développement de l’entraide à travers la pédagogie Montessori

I – L’entraide, qu’est-ce que c’est ?

a) Que nous dit le dictionnaire ?

Entraide (nom féminin) : Aide mutuelle.

Action de s’entraider, c’est-à-dire de s’apporter une aide mutuelle, de se soutenir de manière réciproque, de se faciliter les choses mutuellement. Exemple : “L’entraide est un signe positif de cohésion sociale”.

b) Que nous dit la société, le sens commun d’après moi

L’entraide, une action, une valeur qui apporte tellement, surtout chez les enfants. Une action qui leur permet de se socialiser, de se sentir valorisé et d’être sur un pied d’égalité.

Un échange qui aujourd’hui devrait devenir un besoin important pour mieux avancer dans la société et dans notre avenir. Cette société qui est dépassée par l’individualisme et le manque de temps que l’on pourrait consacrer à aider son prochain. Un échange qui apporte une solidarité, ainsi qu’un apprentissage permettant une meilleure autonomie dès l’âge adulte.

c) Que nous dit Maria Montessori dans sa pédagogie ?

Ce principe d’entraide, on le retrouve bien parmi tant d’autres, dans la pédagogie Montessori.

En effet, comme le médecin et pédagogue Maria Montessori l’évoque dans ses nombreux ouvrages, « Aide moi à faire seul », cette acquisition d’autonomie favorise la confiance en soi et responsabilise l’enfant, une sorte d’indépendance de l’enfant, tout en lui apprenant à évoluer à son propre rythme, développer ses sens en le rapprochant du monde qui l’entoure, d’une bonne ambiance, et de son entourage. Telles sont les promesses de la pédagogie Montessori qui doit s’appliquer dès le plus jeune âge.

Une pédagogie qui permet donc, grâce à cette autonomie et confiance en soi, une responsabilisation de l’enfant, à travers son aide apporté à ses camarades qui en ont besoin. L’enfant sera donc capable de reproduire ce qu’il a appris par l’adulte, le nouvel éducateur, afin d’aider son prochain.

« La question sociale de l’enfant nous fait pénétrer dans les lois de la formation de l’homme et nous aide à nous créer une conscience neuve et, par conséquent, à donner une nouvelle orientation à notre vie sociale ».

Maria Montessori s’intéressait donc à améliorer la société, y apporter de la paix et cela en commençant par faire respecter des valeurs aux enfants, comme respecter son prochain et se soutenir. Selon elle, l’entraide et la solidarité sont des valeurs qu’il faut comprendre dès le plus jeune âge, afin de pouvoir vivre dans la Paix.

En effet, dans son époque où la paix était absente, Maria Montessori avait bien vu à quel point le monde pouvait changer si on changeait notre façon d’éduquer, ou d’enseigner, si on se remettait en question et on faisait un travail sur soi.

L’éducation comme une aide à la vie. « Nous devons considérer l’enfant comme le phare de notre vie future. Celui qui veut obtenir quelque progrès pour la société doit nécessairement s’appuyer sur l’enfant […] » (Maria Montessori)

II – Ce que je pense de l’entraide, et pourquoi j’ai choisi ce sujet ?

L’entraide, c’est un des sujets qui me touche et que je souhaite partager, suite à mes observations et expériences professionnelles en crèche Montessori, ainsi qu’aux observations faites par Maria Montessori.

D’après mes études l’entraide est un moyen de survie présent dans le monde animal et qui s’est développé chez l’homme à l’époque de la préhistoire et ensuite dans certaines tribus ethniques.

L’homme, faisant en effet parti du règne animal, un monde ou’« la grande majorité des espèces vivent en société et qu’elles trouvent dans l’association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens largement darwinien, il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour s’assurer des moyens de subsistance, mais d’une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces.

Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l’aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès.

La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d’atteindre un âge d’or et d’accumuler de l’expérience, le plus haut développement intellectuel et l’évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s’éteindre. », comme le disait un écrivain anarchiste russe Pierre Kropotkine dans son ouvrage L’Entraide, un facteur de l’évolution (1902).

Je me demande comment aujourd’hui, dans notre société actuelle, l’homme a-t-il pu changer à ce point en se renfermant sur lui mème dans cette société ou’ la solidarité devrait être encore plus forte ? Une société qui est entraînée par la concurrence, la compétition et le manque de temps. Ou’ l’altruisme pourrait remédier à la pauvreté et la solidarité serait le moyen pour éviter la guerre ?

C’est suite à ces interrogations que j’ai eu la motivation de parler de ce sujet.

III – Quels moyens mis en œuvre dans la pédagogie Montessori pour favoriser l’entraide ?

a) le rôle de l’éducateur

Maria Montessori avait formé des éducateurs en mettant en place les 10 règles d’or à suivre pour devenir le « nouvel éducateur » qui pourra accompagner l’enfant dans son chemin vers l’âge adulte, de la manière la plus épanouie et bienveillante possible.

Elle pensa à une façon d’éduquer, un adulte entant que guide pour l’enfant pour qu’il puisse vivre en communauté, à la création d’un travail d’équipe, la création d’une salle de classe qui représente une sorte de communauté solidaire en respectant chaque individu ainsi que sa propre personnalité.

Une éducation qui met en avant le développement de l’être humain dans toutes les dimensions : physique, sociale et spirituelle. L’aider à faire seul, comme le disait Maria Montessori dans ses ouvrages.

« Nous aiderons l’enfant, non pas parce que nous le considérons comme un être petit et faible, mais parce que ses énergies créatrices réclament une défense amoureuse et intelligente pour rester entières, sans être blessées. C’est à ces énergies que nous voulons porter aide, et non à l’enfant parce qu’il est petit, ni à sa faiblesse. » (Maria Montessori, 1949)

Un nouvel éducateur qui apporte une harmonie chez l’enfant, suite à ses conseils bienveillants.

Cet aspect d’éducation j’ai pu effectivement le voir lors de mon travail en crèche, à mes tous débuts, lors de l’accompagnement des enfants vers le jardin, ou’ l’éducatrice parlai de voix basse et posée pour expliquer aux enfants qu’ils devaient se diriger vers le vestiaire pour enfiler leurs vestes et chaussures. Les enfants étaient calmes et souriants et marchaient auprès de l’éducatrice d’un pas franc et serein. Je pouvais voir un sentiment de confiance que le groupe dégageait.

Au moment du changement de chaussures j’observais que les enfants plus âgés aidaient les plus petits à enfiler les chaussures, cela après avoir observé l’éducatrice qui aidait un enfant qui présentait quelques difficultés avec la fermeture éclair de sa botte.

Cette transmission involontaire de savoir, les enfants qui avait appris à s’entraider après avoir souvent observé les actions et les gestes de l’éducatrice, avait vraiment positivement attiré mon attention, ainsi que cette harmonie et collaboration entre l’éducatrice et les enfants. Comme un vrai travail d’équipe dans laquelle chacun se faisait confiance. C’est un des aspects qui m’a donné envie d’en savoir d’avantage sur le nouvel éducateur.

b) L’Ambiance

Maria Montessori a proposé une pédagogie tenant compte des besoins des enfants à chaque stade de la croissance humaine. Chaque enfant possède en soi son propre potentiel qui se développera si on lui construit un environnement approprié et si on respecte son histoire de vie, sa propre personnalité et son propre rythme. Un environnement, une salle de classe, une ambiance préparée soigneusement pour accueillir les enfants avec leur vécu, ou’ on leur apporte des expériences répétées autant de fois qu’ils le souhaitent afin que ces derniers soient « acteurs » de leur propre développement.

Préparer donc une ambiance dans laquelle l’enfant ait la liberté de mouvement et le libre choix des activités, pour permettre le développement de l’autonomie, de la responsabilisation et surtout une entraide. L’environnement adapté est constitué d’un groupe d’enfants, d’un « nouvel éducateur », mais aussi de l’ambiance et du matériel pédagogique adéquat. Dans les écoles, crées en se fondant sur la pédagogie de Maria Montessori, le matériel est pensé de façon à ce que l’enfant puisse accéder à une activité autonome, après une présentation soignée de la part du nouvel éducateur, à travers des gestes lents et précis.

L’enfant est donc libre de choisir ses activités selon une motivation interne qui correspond à ses périodes sensibles, et ce dans un climat de confiance, de joie et de liberté. L’enfant prend ainsi peu à peu confiance de son identité, il s’adapte de mieux en mieux à son environnement sur lequel il expérimente sa capacité d’agir positivement. Personnellement, je pense que l’enfant sera préparé afin d’être capable à appréhender les événements, quand il sera confronté à la vie, à travers la formation de son intelligence et de l’élaboration du sens social.

L’enfant se construira à travers les enseignements qu’il aura reçu et à ses observations tout au long de sa vie, en crèche, à l’école, en famille, dans le monde du travail et surtout en communauté. En effet, à mon avis, les apprentissages les plus importants se font dans le contexte scolaire, ou’ il construira ses bases, les fondations de sa personnalité à travers ses interactions sociales. Vivre en communauté, en cohabitation, dans le partage, l’apprentissage et la transmission du savoir. En s’entraidant.

D’après ce que j’ai pu voir sur place, les activités Montessori qui développent cette entraide se concentrent sur de simples tâches quotidiennes, les exercices de « vie pratique », comme par exemple les tâches quotidiennes de dresser la table pour le repas ou soigner les plantes pour embellir l’ambiance, la leçon de « grâce et courtoisie » qui permet de mieux vivre ensembles en respectant son prochain…

Maria Montessori le décrit : « Le but moral est pourtant différent, parce que ces exercices ne sont pas poussés par un sentiment de compétition, mais par l’amour des enfants pour le milieu qui les entoure. Avec ce genre de gymnastique on arrive à développer un véritable « sentiment social », parce que les enfants travaillent dans leur ambiance ordinaire, en communauté, sans se soucier s’ils travaillent pour eux ou pour l’avantage commun. En effet, ils corrigent avec la même promptitude et le même enthousiasme toutes les erreurs : les leurs comme celles des autres, sans chercher le coupable pour lui faire répares sa faute. »

En somme, des activités dépourvues d’égocentrisme et qui apportent une harmonie, une symbiose dans le groupe. C’est cette façon d’éduquer, d’auto-s’éduquer qui m’a donné envie de travailler dans cet esprit avec les petits. Leur apprendre les valeurs montessoriennes, pour simplement mieux vivre ensembles dans le présent et le futur.

c) Le mélange des âges

Un apprentissage de la vie grâce à une entraide, ça Maria Montessori l’avait permis grâce au concept du mélange des âges. « Le plus grand perfectionnement d’une classe survient grâce aux expériences sociales […] enfants, qui se trouvaient réunis dans un milieu fermé, étaient d’âges variés ».

Selon Maria Montessori, mélanger les âges a pour but de favoriser l’entraide, le respect mutuel, et les échanges. Ce concept de respect mutuel, c’est un sujet qui me touche beaucoup dans mon expérience professionnelle en crèche Montessori, ou’ on apprend aux enfants comment mieux cohabiter.

Pour cela que je suis très intéressée au concept de Maria Montessori des « Maison des Enfants », des classes élémentaires ou’ se réunissent des enfants par trois ans d’âge : de 3 à 6 ans ; de 6 à 9 ans et de 9 à 12 ans. Un concept où l’éducation y est considéré comme une aide à la vie, qui construit des bases solides d’une société future consciente et responsable, capable de vivre dans la paix.

Concrètement, je vois que dans n’importe quel pays, les enfants plus jeunes observent et prennent comme exemple et modèle les plus âgés, en les respectant, mais également les enfants plus âgés apprennent tout autant avec les plus jeunes, car ils doivent essayer de retranscrire leur savoir, de formuler en essayant d’utiliser les mots et les gestes les plus justes afin de se faire comprendre et en restant patients.

Tout cela implique un grand travail sur soi-même et à y trouver ensuite du plaisir dans ses actions.

Le concept du mélange des âges dans les « Maisons des Enfants », permet justement des échanges qui prépareront les enfants à grandir, s’épanouir, et renforcer leur confiance en soi, tout ce dont ils ont besoin pour se socialiser et se « normaliser ».

Il permet d’une façon croissante, depuis l’âge de 3 ans jusqu’à celui de 12 ans, un apprentissage de la vie en société, le respect, une attitude saine à l’égard du détachement parental, un contact avec d’autres adultes également, des occasions de se réaliser sur le plan social ou intellectuel, développer l’esprit d’initiative et équilibrer l’attitude à l’égard de l’échec ou de la réussite.

Cet apprentissage est différent du système scolaire classique (ce que je trouve dommage car les enfants restent cloisonnés par leur âges), surtout lors des travaux pour le groupe, car chacun trouve sa place et les plus jeunes apportent autant aux plus âgés. Il n’y a pas de compétitions ni de jalousies puisque les enfants aiment beaucoup s’entraider.

Sur le terrain, l’enfant possède un esprit absorbant, il va reproduire ce qu’il a observé et acquis et le transmettra ensuite à ses camarades. Ceci, mon expérience en crèche Montessori en Maison des Enfants me l’a démontré. Les enfants plus âgés apportaient leur aide aux nouveaux arrivés dans le groupe et aux plus petits, en leur montrant les bonnes règles de vie, la bonne utilisation du matériel sous l’œil attentif et bienveillant de l’éducateur.

Ces échanges, ces coopérations et ces transmissions de savoir font parties des valeurs que la pédagogie de Maria Montessori souhaite enseigner, notamment la notion de « Grâce et courtoisie » basée sur le respect et l’écoute, permettant la socialisation, la collaboration, l’entraide, le respect et la confiance, pour un environnement, une ambiance harmonieuse.

Par exemple, lors des premiers jours d’adaptation, les enfants plus âgés et présents en Maison des Enfants depuis longtemps, viennent en aide aux nouveaux arrivés en les orientant et leur expliquant les différentes étapes de leur vie quotidienne en crèche : le regroupement du matin devant le calendrier, le tableau des tâches, les travaux Montessori en vie pratique ou encore le moment du repas et son déroulement, et cela malgré parfois la barrière de la langue entre certains enfants.

Ce qui m’avait également vraiment interpellé, était le moment du goûter en Communauté Enfantine, le groupe des moyens (2-3 ans) avec certains enfants du groupe de Maison des Enfants (3-4 ans) lors des vacances scolaires.

Lors du goûter, les enfants venaient de s’asseoir à table. À chaque table se trouvait deux enfants de Maison des Enfants avec ceux de la Communauté Enfantine.

Lorsque tous les enfants se trouvaient bien installés, un enfant de Maison des Enfants s’était mis spontanément à servir de l’eau de la cruche dans les verres des enfants plus petits, en leur demandant « comment on dit ? » et les plus petits répondaient « s’il te plaît ». Ce sont des petites phrases de politesse qui apportent énormément à mes yeux d’éducatrice, qui me montrent que notre message a été transmis, acquis et retransmis.

Une valeur qui a été comprise et qui peut faire une très grande différence.

Une autre observation qui m’avait aussi positivement surprise était en Maison des Enfants, lors des travaux Montessori où cette entraide est présente pas uniquement dans les gestes, les actions, mais aussi dans la langue parlée.

Un enfant qui essayait de terminer son travail sensoriel sur son tapis, il essayait de poser avec la main tremblante le dernier cube de la tour rose, on voyait sa crainte de le faire tomber. Je me préparais alors à me lever pour lui venir en aide mais aussitôt un camarade qui travaillait sur le tapis près de celui-ci s’était levé et lui avait demandé « tu veux que je t’aide ?», en langue française, mais l’enfant le regardait bizarrement et ne répondit pas, ce qui a fait réagir un autre camarade qui passait à coté et qui a traduit en anglais la question du petit camarade francophone.

Cette courte intervention a donc permis à l’enfant en difficulté de recevoir de l’aide d’un copain pour terminer son travail.

Cette entraide a pu donc avoir lieu malgré l’obstacle de la langue et de façon très naturelle et spontanée.

Les enfants se trouvent donc dans un environnement paisible dans lequel ils coopèrent sans attendre quelque-chose en retour. Ils prennent soin de leur espace et de leur proche.

Ils agissent pour le groupe, la communauté, ce qui leur procurent un réel sentiment de responsabilité, confiance et estime de soi.

C’est grâce à des moments pareils que j’apprécie énormément mon travail. Voir comment l’entraide peut apporter au sein d’un groupe, un réel sentiment d’altruisme et de paix, bénéfique pour tout le monde : pour les plus petits qui apprennent à faire seuls grâce à l’aide des plus grands, et pour les plus grands qui en aidant ils développement leur confiance en soi et se responsabilisent.

De plus je suis de l’avis que toute entraide permet par la suite à l’enfant de pouvoir faire seul et se sentir plus confiant, sûr de soi.[/title]

IV – Conséquences/Bénéfices de l’entraide chez les enfants

Cette façon d’éduquer, de s’entraider, ainsi que cette vision de travailler dans le respect et la paix est également pratiqué dans certaines écoles du monde, comme en Finlande, en Amérique ou dans les pays voisins, notamment en France, comme j’ai pu le voir dans un reportage sur l’éducation bienveillante dans une école à Trappes dans les Yvelines.

La pédagogie de cette école se base sur une méthode fondée sur l’empathie et la bienveillance. En effet, « les élèves corrigent eux mèmes leur dictée sous le regard et la disponibilité de la maîtresse »8. Ils se mettent à la place de l’autre, essayent de, comprendre ce qu’il peut ressentir, essayent de régler un conflit en s’expliquant et se pardonnant. Pour gérer leurs émotions l’école a mit en place la chaise des émotions, un espace intime pour l’élève qui souhaite mettre par écrit ses émotions.

Cette méthode a eu comme résultat des élèves plus calmes, motivés, concentrés, solidaires, dépourvus de toute compétition ou de jalousies.

Dans l’ensemble, l’entraide se développe grâce à tous les éléments présents dans une ambiance Montessori : la présence et l’accompagnement du nouvel éducateur, le soin de l’ambiance, le mélange des âges et les bonnes pratiques à avoir au sein d’une communauté.

Personnellement, l’entraide a pour objectif de permettre à terme de mettre en place les fondations d’une vie sociale équilibrée à l’âge adulte, base d’une éducation à la paix.

Cela commence déjà par respecter les règles de vie en groupe, les enfants « ne font pas ce qu’ils veulent : on ne se pousse pas, on ne se frappe pas… Une grande partie de notre gestion de groupe et la vie en communauté sont basées sur le fait que nous apprenons à nos enfants à mettre des mots sur leurs émotions. C’est la base de l’éducation à la paix ».

Le respect grâce à la coopération, un aspect de la pédagogie Montessori qui met l’enfant en tant qu’acteur de ses apprentissages. Elle part de l’observation que c’est en expliquant à un autre ce qu’il a compris, que l’enfant l’intègre le mieux.

Ainsi après un temps de recherche personnelle, les enfants travaillent ensemble, échangent leurs stratégies mentales dans un cadre posé par l’éducateur, qui joue le rôle d’accompagnateur.

« Une mise en commun avec le reste de la classe et l‘enseignant permet de construire les savoirs, d’intégrer des stratégies pour mémoriser, synthétiser, chercher et organiser sa pensée. Cette pédagogie d’échanges va impliquer de la coopération. Tout au long des apprentissages et de façon transversale, l’enseignant transmet des outils permettant à l’élève de gérer ses états émotionnels et ses interactions avec les autres.

Cette méthode pédagogique assure l‘entraide, la liberté de faire, de dire et de penser au sein d’un groupe, tout en garantissant le respect de chaque individu ».

L’entraide, développée à travers la pédagogie Montessori amène à une coopération qui apporte donc un environnement plus solidaire et serein.

Conclusion

En conclusion, nous avons vu que les enfants s’entraident spontanément dans leur jeune âge et que certaines pédagogies des milieux scolaires essaient de prôner des méthodes basées sur la bienveillance, le respect, la solidarité et la coopération.

L’enfant construit son identité grâce à ce que on lui apporte, grâce à notre aide, notre soutien et nos exemples, ainsi qu’aux interactions sociales qu’il a avec les adultes et ses pairs, que ce soit à la maison ou dans le milieu scolaire.

Tout ce qu’il vit, ce qui l’entoure, va contribuer à sa construction et lui permettra d’arriver au stade de socialisation, ou en quelque sorte de « normalisation ».

Pour moi, La pédagogie Montessori lie justement les différents éléments nécessaires à cette « normalisation » : l’accompagnement de la part du nouvel éducateur, le concept du mélange des âges, le concept de grâce et courtoisie, le développement de l’entraide et de la solidarité, sont toutes des valeurs qui créent une forme de respect, de responsabilisation et de confiance en soi chez l’enfant, afin de grandir et pouvoir faire face au monde qui l’attend.

Une pédagogie qui a pour but : « le renforcement du maternel, la lutte contre l’échec scolaire ou le décrochage scolaire, la lutte contre les violences à l’école, la mixité sociale, la diminution de la taille des classes, la démocratie scolaire, et le renforcement de l’enseignement adapté à chaque élève ».

Comme Marie Montessori l’évoquait : « Aide-moi à faire seul », une phrase qui montre une certaine entraide, une collaboration entre l’adulte et l’enfant, qui plus tard participera à la construction d’un monde meilleur, en paix. C’est la vision qui j’espère va se réaliser avec le temps, un jour.

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. » Françoise Dolto

Sara Corigliano
Éducatrice pour les crèches L’Enfant Roi

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