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Mai 29, 2019

L’autonomie

L’autonomie a-t-elle sa place au Nido ?

Introduction

Actuellement, le concept qui ressort le plus dans les paroles des parents est la notion d’autonomie. Bien souvent, il tarde les parents de voir leurs enfants faire leurs premiers pas, acquérir la propreté, savoir se servir seul un verre d’eau et tant d’autres choses de la vie quotidienne… Ainsi les parents veulent être témoins de l’évolution de leurs enfants en les voyant devenir de plus en plus indépendants. Cependant, certains se substituent à leur enfant dans l’accomplissement de ses actions formatrices, ils peuvent avoir tendance à sous-estimer les capacités de leurs enfants ou encore certains acceptent difficilement de voir leurs progénitures grandir.

À savoir, l’autonomie est un besoin fondamental de l’enfant. Celui-ci a un besoin constant de vouloir faire seul sans l’aide de quiconque et cela dès le plus jeune âge. Afin d’assouvir au mieux ce besoin, il est primordial que l’enfant évolue dans un environnement libre, où celui-ci va pouvoir se mouvoir à sa guise. L’autonomie est un concept qui est essentiel à la pédagogie Montessori.

Aujourd’hui, ce qui me pousse à écrire sur l’autonomie, est une phrase de Maria Montessori « Aide-moi à faire seul » qui peut être ordinaire pour certains, mais qui en moi a suscitée énormément de réflexion. L’adulte a fréquemment le sentiment qu’il est supérieur à l’enfant pensant qu’il est l’unique détenteur du savoir. Son objectif premier est de lui apprendre afin que celui-ci devienne autonome. « Notre oeuvre d’adulte ne consistera pas à enseigner, mais à aider l’esprit de l’enfant dans le travail de son développement. »(Maria Montessori). Par le biais de cette phrase, de ses observations, de son travail Maria Montessori veut transformer les traditions qui elles sont encrées. L’éducateur est là pour guider l’enfant en lui montrant les gestes qui lui permettront de gagner en autonomie, en compétences et en confiance en soi.

Depuis que je travaille dans un Nido, j’ai souvent entendu dire que les éducatrices travaillant dans ce groupe, n’apportent pas beaucoup à l’enfant sur le point de vu pédagogique, mis à part répondre à ses besoins primaires et secondaires. Les enfants seraient trop jeunes pour que les éducatrices puissent amener les enfants vers une certaine indépendance. Ainsi par le biais de cet article nous allons approfondir ce sujet par la problématique suivante : L’autonomie à t-elle sa place dans un Nido ?

« L’enfant nous demande de l’aider à agir tout seul »

Maria Montessori

Qu’est-ce que l’autonomie ?

Autonomie :

« L’autonomie est définie par la capacité à se gouverner soi-même. Elle présuppose la capacité de jugement, c’est-à-dire la capacité de prévoir et de choisir et la liberté de pouvoir agir, accepter ou refuser en fonction de son jugement. Cette liberté doit s’exercer dans le respect des lois et des usages communs. L’autonomie d’une personne relève ainsi à la fois de la capacité et de la liberté. » (cours universitaire numérique francophone des sciences de la santé et du sport)

Le premier phénomène d’indépendance apparaît dès les premiers mois de vie du nourrisson par la préhension. Maria Montessori souligne que « l’organe moteur qui caractérise l’homme, c’est la main, qui est au service de l’intelligence afin de réaliser le travail » (Maria Montessori). Dès le plus jeune âge, l’enfant va vouloir faire seul et ce en voulant attraper seul des objets. La main est un membre que l’on utilise quotidiennement pour les gestes de tous les jours (tenir un ustensile, ouvrir une porte, s’habiller etc…), on parle plus précisément de la motricité fine.

Pour la plupart, quand on parle de motricité fine, on parle essentiellement d’une personne droitière ou gauchère. En outre, cela va bien plus loin que ça, elle concerne tous les mouvements précis qui sollicitent les muscles de la main et des doigts. C’est tout un cheminement que l’enfant va mettre en place pour parvenir à tenir une cuillère, boutonner son pantalon etc… C’est pourquoi Maria Montessori a conçu un matériel précis, afin de travailler, dès le Nido, ce membre, qui lui sera d’une aide incontournable afin de devenir le plus indépendant possible.

Le matériel se présente en fonction du besoin de l’enfant, mais aussi de son développement psychomoteur. En effet, il ne serait pas judicieux de présenter un travail qui se déroule assis alors que l’enfant n’a pas encore acquis cette position.

Vers l’âge de 4 mois, l’enfant réunit ses mains pour jouer. Il essaie d’attraper un objet avec ses mains, il joue beaucoup avec les hochets mais il a souvent tendance à le perdre. Ainsi il est essentiel de présenter à l’enfant les deux activités suivantes :

  • Anneaux et rubans : Ils permettent à bébé de coordonner des mouvements de bras et de mains pour attraper le matériel. Le fait qu’ils soient suspendu lui permet de pouvoir le reprendre quand ils s’échappent de ses mains, sans l’aide de personne.

  • Grelots et rubans : Ils demandent une forte concentration de bébé. Ils permettent aussi d’être facilement rattrapés quand il les perd des mains.

Entre 4 et 5 mois, le bambin saisit des objets de grande taille entre sa paume et ses trois derniers doigts. On parle d’une préhension cubito-palmaire. Différents matériels sont présentés à l’enfant afin de répondre à ce besoin.

  • Hochets : ils permettent de développer la coordination de ses mains et la coordination du pouce en opposition aux autres doigts.

  • Balles sensorielles : les différentes formes et tailles permettent à l’enfant d’exercer le passage d’une main à l’autre.

Entre 7 mois et 18 mois, une fois que la posture assise est acquise pour l’enfant, un nouveau matériel entre en vigueur. Il s’agit des activités de coordination oeil/main. Cette coordination peut se définir par l’habilité d’utiliser les yeux et les mains de manière simultanée.

  • Boîtes avec balles (plateau, tiroir, balle tricot) : la notion de permanence de l’objet est introduite dans ce matériel : l’objet existe toujours même lorsqu’on ne le voit pas. Cette activité permet aussi d’exécuter des mouvements précis de la main et du poignet.

  • Tiges (horizontales ou verticales) et anneaux : l’enfant doit insérer un anneau ou une sphére dans une tige. La coordination Oeil-Main est présente dans ce matériel.

  • Encastrements géométriques : la coordination Oeil-main est mise en avant dans ce matériel. L’encastrement le plus simple pour les petits est la forme ronde, l’enfant ne doit pas nécessairement l’orienter pour que la forme rentre dans le compartiment qui lui est destiné.

Environnement qui favorise l’autonomie

a. Ambiance préparée

Le concept « d’ambiance préparée » a toute son importance quand on parle d’autonomie. Il repose sur des aspects à la fois matériels, physiques, temporels, et humains, pensés pour encourager l’autonomie des enfants. La stimulation d’apprendre provient de l’environnement global.

Cette ambiance Montessori à trois caractéristiques principales :

  • Rangée et ordonnée : Chaque travaux, jeux ont une place bien précise au sein de la pièce. Cela permet à l’enfant de savoir où chaque chose est, sans devoir demander constamment à l’adulte. Il peut ainsi prendre ce qu’il désire sans l’aide de personne. De plus une ambiance qui est rangée va entrainer une meilleure concentration et amène le calme. L’enfant n’est pas dérangé par tous les jeux qui sont éparpillés un peu partout dans la pièce, cela ne l’invite pas à vouloir faire plusieurs choses à la fois. Ce qui provoque un sentiment de paix et de détente pour l’enfant.

  • Adaptée à l’enfant : Le nido accueille des enfants entre 3 mois et 24 mois. De ce fait, des enfants d’âges différents se côtoient au sein du même groupe. Il est nécessaire, que le module soit adapté autant pour les petits que pour les grands afin qu’ils puissent répondre au mieux à leurs différents besoins. Ce mélange d’âges permet une collaboration entre les plus jeunes et les plus ainés. Les plus jeunes observent beaucoup le savoir-faire des plus grands, ce qui va leur permettre de pouvoir les imiter dans le temps et de manipuler le travail des plus vieux quand le moment sera venu, bien qu’ils aient du matériel pensé pour eux. Quant aux plus âgés, on va pouvoir apercevoir une entraide envers les benjamins et une fierté de pouvoir aider son prochain.

Par exemple : avant de commencer les repas nous avons un rituel avec une petite boîte à musique où les enfants doivent aller chercher un bavoir quand leur photo apparaît. Il est arrivé que des plus grands prennent aussi les bavoirs des plus petits et leurs apportent étant donné qu’ils ne se déplacent pas seuls.

  • Esthétique : Pour que l’enfant travaille dans de bonnes conditions, que cela lui donne envie, il est primordial que le module soit esthétique. Il est ainsi nécessaire d’avoir une belle harmonie de couleurs, il n’est pas conseillé d’avoir de multiples couleurs au sein d’une même pièce. Pour embellir une pièce, il est bien d’avoir des plantes que les enfants pourront entretenir, des cadres qui habilleront les murs. L’enfant va manipuler du matériel noble c’est-à-dire du verre, du bois…, les différents matériaux doivent être en bon état et les plateaux doivent être complets. Ces critères favorisent la manipulation du matériel.

Dans un environnement Montessori, les enfants sont libres de choisir leur travaille parmi plusieurs matériaux qui leur sont proposés. L’enfant à la possibilité de prendre le temps qu’il souhaite pour réaliser l’activité et de la renouveler autant de fois qu’il le désire. Les matériaux ont été conçus et pensés par Maria Montessori dans le but d’assouvir au mieux les besoins et intérêts de l’enfant tout en lui offrant le temps nécessaire à la construction de son intelligence.

Par exemple : Il est déjà arrivé qu’un enfant de 18 mois fasse le même travail pendant plus d’une heure et de venir manger plus tard que les autres. Nous l’avons laissé manipuler jusqu’à ce que lui décide d’arrêter.

b. L’éducateur, un guide avant tout

Le rôle de l’éducateur à toute son importance dans la construction de l’enfant vers l’autonomie.

En effet, l’éducateur Montessori est présent pour s’assurer que le matériel est bien au complet… Mais son rôle va bien plus loin que ça, sa principale caractéristique est d’être un guide pour l’enfant. Il doit savoir à quel moment bien précis il a la possibilité d’intervenir, afin de ne pas entraver le travail de l’enfant. L’adulte doit se faire discret, être en retrait mais être bon observateur afin de pouvoir présenter le bon matériel au bon moment afin que l’enfant puisse poursuivre sa quête d’indépendance.

Bien souvent, dans une crèche ordinaire, l’adulte a tendance à valoriser les acquis de l’enfant. Hors l’éducateur Montessori doit encourager le processus du travail que l’enfant met en place et non le produit final. Cela permet le développement de l’estime que l’enfant à de lui-même et non de faire dans l’attente d’une approbation venant de l’adulte.

Selon Maria Montessori, il est important que l’adulte instaure un climat de confiance avec celui-ci, afin qu’il puisse évoluer en toute liberté. Pour créer cette confiance, l’éducateur doit croire aux capacités de l’enfant afin de créer un respect mutuel. À chaque fois que l’enfant commet une erreur, l’éducateur se retient si possible d’intervenir et permet à celui-ci de découvrir sa propre erreur au travers des manipulations plus poussées du matériel autocorrectif.

En Montessori, on sait que chaque enfant à un besoin profond de découvrir, d’apprendre de nouvelles choses mais à un rythme bien singulier. C’est pourquoi, il est nécessaire de faire des présentations individualisées. « Et, c’est là que l’adulte doit trouver sa mission; il faut qu’il soit l’inspirateur des actes enfantins : un livre ouvert dans lequel l’enfant peut découvrir le guide de ses propres mouvements et apprendre ce qui lui est nécessaire pour bien faire. Pour réaliser cet idéal, il faut que l’adulte fût toujours calme, agît lentement, afin que son action fût intelligible dans tous les détails à l’enfant qui l’observe. » (Maria Montessori). Il est important, lors des présentations de faire des gestes lents, de faire un minimum de gestes dit « parasites » et de réaliser toute cette démonstration dans le silence afin que l’enfant se concentre uniquement sur nos mouvements.

« Le véritable devoir du maître et d’aider, pas de juger »

Maria Montessori

Anaïs Delval
Chargée de Direction pour les crèches L’Enfant Roi

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