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Sep 26, 2018

L’apprentissage du langage à travers les interaction

L’apprentissage du langage à travers les interactions

Introduction

J’ai choisi d’évoquer l’apprentissage du langage à travers les interactions car  mes expériences professionnelles que ce soit en classes maternelle ou en crèche ont révélés que toutes activités étaient liées au langage. Il semblerait également que l’on ne s’attarde pas assez sur les espaces de jeux libres afin d’analyser ce qui y est dit et de quelle manière.

Pendant des gardes, j’ai déjà remarqué que les enfants habitués à parler avec des personnes plus âgées avaient un vocabulaire beaucoup plus riche et varié que les autres. Il apparaîtrait que l’enfant développe ses capacités langagières pendant les jeux avec ses pairs où il est libre d’inventer et de créer. Cependant, il ne faut pas oublier l’adulte, qui apporterait à l’enfant toutes les bases structurelles nécessaires à la construction d’un langage clair.

A partir de ces intuitions, il convient de s’interroger sur les apprentissages langagiers que les interactions peuvent amener, entre pairs ou avec l’adulte.

De là, on peut se poser diverses questions :

  • Comment se développe le langage chez l’enfant ?
  • Quel est la place et le rôle de l’adulte ?
  • Quel type d’interaction pouvons-nous rencontrer ?
  • Qu’apportent ces interactions à l’enfant au niveau du développement de son langage ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous nous appuierons sur différents auteurs ayant traité spécifiquement le langage et son développement. Tout d’abord, Laurence Lentin (1972), chercheuse en linguistique, a fait des recherches sur l’organisation du langage en fonction des premières relations de l’enfant avec les personnes qui l’entourent. Selon elle, le milieu socioculturel est un facteur important dans l’apprentissage du langage, celui-ci passant par les interactions. Ensuite, Agnès Florin (1995) professeur de psychologies à l’université de Nantes a effectué plusieurs travaux sur le développement langagier et notamment sur la manière d’aider l’enfant à maîtriser cet instrument de communication.

A.Florin suit la thèse de L.Lentin et affirme que l’enfant apprend au contact des autres dès le début de sa vie et au fil du temps par la diversification des partenaires. Jérôme Bruner

(1983), psychologue, estime quant à lui que l’enfant acquiert son langage ainsi que la manière de l’utiliser par le jeu, puisque selon lui, le jeu est une sorte de pré-conversation. Enfin, Sylvie Petit, institutrice maternelle et Christian Laroche (1994) rééducateur RASED, vont nous permettre tout au long de ce travail d’apporter des informations du point de vue de la pratique. En se basant sur leurs pratiques, ils affirment que l’enfant construit son langage au travers des interactions langagières et insistent beaucoup sur les désirs des enfants.

C’est ainsi qu’en s’appuyant sur les réflexions de ces auteurs, nous verrons dans un premier temps l’importance du langage en évoquant son rôle ainsi que celui des lieux d’accueil de la petite enfance. Puis, nous analyserons dans une seconde partie, la manière dont il s’apprend au contact d’autrui, enfant et adulte.

Le langage, élément important au quotidien.

Tout d’abord, nous allons montrer en quoi le langage est un élément important dans la vie de tous les jours.

Le rôle du langage

Dans ce point, nous nous focaliserons sur 3 fonctions du langage, que nous retrouvons principalement pendant les premières années de l’enfant.

Tout d’abord, le langage est un mode de communication. C’est la faculté qu’a l’homme d’exprimer ou de communiquer sa pensée au moyen de signes verbaux ou non verbaux, c’est-à-dire par le corps. De plus, « on ne peut pas ne pas communiquer »1, on communique toujours lorsqu’on est en relation avec quelqu’un, ne serait-ce que par le corps. Par exemple, les mimiques et les postures vont traduire une émotion, c’est ce qu’on qualifie de langage non verbal. Le langage non verbal est souvent constaté chez les enfants de moins de trois ans, qui communiquent souvent sans parole mais qui émettent des sons, font des gestes, des mimiques, des mouvements avec le corps pour essayer d’entrer en communication avec autrui en vue d’obtenir ce qu’ils veulent.

Ensuite, le langage a une fonction symbolique, notamment évoqué par Piaget. Cela signifie que le langage nous permet d’évoquer des choses qui sont absentes, une fonction très présente dans les jeux d’enfants. En effet, en écoutant les enfants jouer, il n’est pas rare de les entendre parler d’objets ou de choses qu’ils ont vu et qui pourtant ne sont pas présentes. Donc nous pouvons dire que le langage aide à entrer dans l’imaginaire.

Enfin, la fonction cognitive est très importante dans ce travail puisque nous cherchons à découvrir les apprentissages langagiers qui peuvent être amenés par les interactions. Cette fonction désigne le langage comme une aide à la pensée, à la construction de concept. Ces concepts sont nommés concepts quotidiens et concepts scientifiques2. Les concepts quotidiens sont définis comme se formant par l’expérience et toujours en référence à des cas particuliers. Pour Vygotsky, c’est quelque chose de l’ordre du spontané, c’est pourquoi un enfant arrivera mieux à expliquer la loi d’Archimède qu’à expliquer ce qu’est un frère. Bien qu’il ait une riche expérience empirique de ce qu’est un frère, il est embarrassé quand on lui demande ce que signifie le mot frère. A L’inverse, les concepts scientifiques sont issus d’une explication donnée par le maître, donc c’est l’école qui donne ces concepts. L’école va donc permettre de développer les concepts quotidiens pour les rapprocher des concepts scientifiques qui, eux, vont trouver des exemples dans ce qui est appris spontanément c’est à dire les concepts quotidiens.

A partir de ces définitions, voyons comment s’acquiert le langage. Est-il inné, c’est à dire, est-ce une acquisition naturelle ? ou alors, est-ce une acquisition qui résulte d’un apprentissage, c’est à dire amené de manière intentionnel par l’adulte.

L’acquisition du langage

Le langage n’est pas inné c’est à dire qu’il s’acquiert tout au long de la vie. Cependant, J.Bruner (1983) explique que dès la naissance l’enfant manifestera « une disposition active à rechercher des moyens dans la poursuite d’une fin » C’est-à-dire que l’enfant va acquérir le langage au contact de la société. En effet, dès la naissance, le cerveau humain est biologiquement prêt à percevoir le langage mais il ne s’acquiert que par les échanges effectués avec les personnes qui l’entourent. Ceci est confirmé par L.Lentin (1972) quand elle dit que l’enfant n’apprend à parler que si on lui parle. Donc, les premières relations avec la mère sont importantes : « la mère, premier professeur de langue maternelle ». D’où l’importance du facteur socioculturel mis en avant dans son ouvrage. En effet, L.Lentin insiste beaucoup sur les différences de langage dues au milieu social de l’enfant. Elle dit à ce propos que les enfants favorisés auront plus de facilités avec le mode de langage utilisé à l’école car il sera plus proche de celui qu’ils ont l’habitude d’utiliser au quotidien. Elle ajoute qu’à l’inverse, un enfant de milieu plus défavorisé pourrait rencontrer plus de difficultés car il ne va pas se reconnaître dans le langage utilisé par l’enseignante.

Ensuite, il est important de noter que les années de 0 à 6 ans sont souvent présentées comme les années clés du développement de l’enfant. Les bases fondamentales du langage se développent essentiellement entre la naissance et 6ans. Puis, jusqu’à 10/11 ans la construction syntaxique va se préciser. Cependant, vers 5ans, le langage est organisé et permet à l’enfant d’établir des échanges.

Bien entendu, il s’enrichit au fil du temps par la diversité des rencontres mais il faut que les bases de la communication soient déjà acquises. C’est pour cela que le rôle des éducateurs en crèche ou des institutrices maternelle est aussi important que celui de la famille. Il est primordial que toutes les activités concourent à l’éducation globale du langage. Plus l’enfant sera confronté à des situations de langage, plus il devra communiquer et donc progresser.

Nous allons voir maintenant le rôle particulier que joue les centres d’accueil de la petite enfance comme les crèches dans l’apprentissage du langage.

La crèche comme lieu spécifique à l’apprentissage du langage

L’arrivée à la crèche entraine pour l’enfant des changements dans ses habitudes. En effet, pour la plupart, ils passent du milieu familial où ils étaient seuls à avoir l’attention de l’adulte à un nouveau milieu où ils vont devoir apprendre à vivre en groupe.

D’autre part, l’entrée en crèche provoque un changement important au niveau du système de communication. En effet, la famille représente un espace restreint, où adulte et enfant, par habitude, arrivent à se comprendre. On pourrait dire qu’ils ont des codes particuliers qui seraient difficilement repérables par une tierce personne. A la crèche, ces codes familiaux ne sont pas toujours repris et ce n’est pas toujours évident de se comprendre. L’enfant devra donc être attentif aux dires de l’adulte pour comprendre ce qui lui est demandé, mais il devra également être attentif à ses propres dires lorsqu’il s’exprime face à un groupe. A.Florin nous explique ceci en disant que l’enfant doit

« exprimer autrement ce qui était compris par des adultes familiers et qui ne l’est plus dans ce nouveau cadre ». Cette phrase résume bien ce qui a été affirmé plus haut, c’est à dire que l’enfant va devoir s’adapter et adapter son mode de communication.

Ces changements peuvent prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour certains enfants. Cependant, la crèche accueille tous les enfants quelques soit le mode de communication. Il n’est donc pas rare d’observer des différences dans les capacités langagières des enfants. Il s’agirait alors pour les crèches d’utiliser ce que l’on appelle la pédagogie différenciée3, en diversifiant les moyens de les amener à une meilleure verbalisation.

Si on reprend les propos de L. Lentin (1972) on comprend qu’à cette époque la pédagogie différenciée n’était pas vraiment plébiscitée. Elle évoque notamment le fait qu’on ne prenait pas l’enfant dans sa globalité et que pour les apprentissages quels qu’ils soient on se basait sur un modèle et donc on pensait que tous les enfants quelques soit leur milieu social, leurs différences psychologique et biologique allaient acquérir le langage de la même façon. C’est-à-dire en s’exprimant librement, en s’imprégnant du langage de l’éducateur, en partageant son savoir avec les autres.

Personnellement, ayant fréquenté et enseigné plusieurs fois en maternelle, je pense pouvoir dire qu’aujourd’hui, on fait beaucoup plus attention à ces différences qui, je pense, sont de plus en plus importantes, on ne peut donc pas les ignorer. La pédagogie Montessori est une très bonne alternative à ses difficultés. En effet, l’enfant est considéré comme une personne à part entière. Il est placé au centre de ses apprentissages ce qui lui permet de progresser à son propre rythme. L’éducateur est un modèle, un guide pour l’enfant, il doit donc s’adapter à chaque enfant pour les aider à progresser.

L’adulte a donc un rôle primordial dans l’apprentissage du langage de l’enfant, c’est ce que nous allons voir dans la prochaine partie.

Le développement du langage au contact d’autrui

Nous allons voir dans cette partie le rôle des interactions dans l’apprentissage du langage et les activités à favoriser.

Le rôle de l’adulte

La 1ère chose que l’éducatrice doit faire c’est écouter l’enfant. Il a besoin de se sentir écouté, cela va le stimuler pour apprendre à parler.

Il faut établir une relation de communication avec l’enfant, le mettre en confiance donc éviter l’isolement ou tout autre mouvement de repli. Pour cela, il faut d’abord accepter tous les langages de l’enfant sans juger car le jugement est un obstacle à la communication. Il faut savoir laisser tâtonner, attendre, aider sans accabler. Et, il faut non seulement les recevoir mais aussi y répondre.

Ensuite, la richesse des échanges va dépendre à la fois du milieu et de l’attitude des éducateurs.

En effet, parfois il est difficile de comprendre, il faut donc admettre qu’on ne comprend pas et lui demander de répéter, de reformuler correctement, d’utiliser les bons mots et surtout éviter de bloquer la communication.

L’éducatrice doit aussi, favoriser les échanges en petit groupe, entre pairs, il n’y a pas une forme à privilégier, toutes sont bonnes, mais il faut que la situation ait un intérêt pour l’enfant. Il faut favoriser les conflits cognitifs, encourager la conversation entre les enfants. Pour cela, il faut fournir aux enfants des prétextes pour qu’ils entrent en relation avec les autres, proposer de travailler en groupe.

Puis, l’éducatrice doit être un modèle elle doit utiliser un langage clair, simple, accessible à la majorité des enfants du groupe. Il est important d’utiliser des mots, des formes verbales qui ne soient pas étrangère à leur expérience, sinon ils ne vont pas comprendre, ils ne se sentiront pas concernés par ce qui est dit, ce qui peut entraîner des difficultés de gestion du groupe. Si ce que l’on dit ne les atteint pas c’est comme si on leur parlé une langue étrangère.

L’éducatrice doit donc être exigeante vis à vis d’elle-même car c’est à la crèche que certains enfants trouvent des modèles linguistiques qu’ils n’ont pas dans leur milieu familial. Ainsi, si les mots, les structures sont clairement énoncées par l’adulte, l’enfant pourra reproduire correctement ce qu’il entend autour de lui.

Pour connaître le niveau de langage de chaque enfants, l’éducatrice doit créer de nombreuses situations de communication. Il existe différents types d’activités de langages c’est ce que nous découvrirons dans le point suivant.

Selon Piaget, il existe un lien étroit entre l’apprentissage du langage et le développement de la motricité. Pour lui, l’enfant construit son langage dans l’action, en même temps que l’exploration du monde. P.Kergomard rejoint cette hypothèse en affirmant que « pour que les enfants parlent il faut qu’ils vivent. »

Les enfants, doivent donc être acteurs. D’où l’importance de proposer des activités riches aussi bien au niveau des actions qu’au niveau des échanges entre pairs.

L’apprentissage au contact des pairs

Le langage est un moyen de communication qu’il faut apprendre et qui permet d’entretenir l’intelligence et la pensée. Il faut savoir, que l’apprentissage du langage se fait essentiellement entre la naissance et 6 ans d’où l’importance de la crèche. En effet, jusqu’à 6 ans l’enfant va apprendre l’essentiel c’est-à-dire les bases de la communication. Après cet âge, il sera capable de produire des échanges avec ses pairs au niveau du langage verbal puisqu’avant cela, il arrive à communiquer avec un langage non verbal. De plus, l’enfant ne peut apprendre à parler que si on lui parle. En effet, un enfant à qui on ne parle jamais ne peut pas développer son langage et a encore moins envie de le faire.

Il n’en verra pas l’intérêt jusqu’au jour où il arrivera en classe et où le langage deviendra indispensable pour lui, pour se faire comprendre, mais aussi pour comprendre les autres. Sur cet aspect de l’acquisition au contact d’autrui, S. Petit et C. Laroche (1994) rejoignent la thèse de L. Lentin et affirment que l’enfant construit son propre langage au travers des interactions langagières. « Il appréhende dans la parole de l’autre ce qui lui est utile à lui » c’est-à-dire qu’il va se servir du langage d’autrui pour construire sa propre pensée.

Ensuite, les échanges langagiers oraux qui se font entre enfants vont souvent leur permettre d’enrichir leur propre vocabulaire. En effet, au contact du langage d’autrui, l’enfant va assimiler de nouveaux mots et va les réutiliser à bon ou à mauvais escient, tout dépend de la compréhension qu’il en aura faite. J. Bruner (1983) nous dit à ce sujet, que « c’est par le jeu que l’enfant va apprendre le langage mais aussi la manière de l’utiliser dans sa communauté culturelle ». C’est-à-dire, qu’il va apprendre quel mot est associé à un objet ou une action donnée dans son milieu familial, culturel. En jouant, l’enfant va utiliser du vocabulaire qu’il apprendra avec plaisir et qu’il réutilisera dans la vie quotidienne. A ce propos, nous pouvons lier un exemple donné par L. Lentin qui raconte l’histoire d’un enfant qui joue à mettre et enlever des pièces dans une boîte en disant « bonjour maison ! Au revoir maison ». Lorsqu’on sonne à la porte, l’enfant dit bonjour ! Il passe donc d’un bonjour simulé du jeu à un mode plus conventionnel de salutation.

Enfin, nous allons aborder la notion de groupe, car en crèche, bien que la présence du langage soit prépondérante, il y a des moments où en groupe, au coin lecture par exemple, l’educatrice prévoit une séance dite de langage. Selon L. Lentin, le groupe stimule l’appétit de langage et le plaisir de l’activité verbale. Or, S. Petit et C. Laroche pensent que les activités de langage en groupe ne sont pas de véritables moments de langage car pour eux, l’adulte dirige l’activité dans le sens qu’il veut.

Ceci est clairement annoncé dans leur ouvrage, en effet ils affirment que « dans ces séance le contenu est pré programmé. » C’est-à-dire que lors de ces séances, l’adulte pose des questions et attend des réponses précises. Bien souvent, le temps de parole est limité donc il y a peu de place pour chacun.

En effet, Les enfants les plus inhibés ont donc tendance à ne pas prendre part à l’activité alors qu’ils en auraient le plus besoin.

L.Lentin quant à elle insiste beaucoup sur les interactions entre enfants qui permettent l’acquisition d’un nouveau vocabulaire, mais pas l’acquisition de la syntaxe. Celle-ci serait le résultat des interactions avec l’adulte. En pédagogie Montessori les regroupements sont limités et lorsqu’ils ont lieu, c’est l’enfant qui est acteurs. Par exemple lors du quoi de neuf, de la date ou la météo, c’est à chaque fois un enfant qui prend la parole et parfois l’adulte invite le groupe à réagir.

Nous allons voir dans le prochain point quelques activités mise à la disposition des enfants dans une ambiance Montessori.

Quelques activités de langage

Les coins jeux sont des espaces privilégiés dans le développement du langage car l’enfant se retrouve dans des situations de la vie quotidienne, du vécu. En pédagogie Montessori, dans chaque groupe nous pouvons retrouver un espace de jeu libre adapté à l’âge des enfants. Dans cet espace, l’enfant va pouvoir s’adonner librement dans les jeux symboliques. Il y retrouvera cuisine, poupées, déguisements, miroir, voitures et bien d’autres encore. Il faut être attentif à ces espaces car ils vont nous apprendre beaucoup sur les enfants.

Ensuite, les activités de découvertes, par exemple autour d’un animal. Les enfants vont dire ce qu’ils voient c’est aussi le moment de leur apprendre des mots de vocabulaire spécifique, ces types d’activités sont d’excellente motivation pour l’expression verbales et permettent également de responsabiliser les enfants.

L’utilisation d’un téléphone, d’un magnétophone sont aussi de bons outils de motivations. En effet, l’enfant va commencer en imitant, en reprenant des expressions qu’il a déjà entendues puis petit à petit, il va prendre conscience de lui mais aussi des autres. Il va découvrir, se découvrir et découvrir l’autre sous un aspect qu’il ne connaissait pas.

Il ne faut pas négliger l’importance des chants, des contes, comptines dans le développement du langage de l’enfant. En effet, outre l’aspect musical et récréatif, les comptines souvent accompagnées par des gestes, contribue à la fixation de séquence articulatoire. De plus, les enfants aiment beaucoup et répètent avec plaisir et non par contraintes. Il ne faut pas hésiter à changer de structures par exemple introduire un peu de langage poétique car l’enfant est particulièrement sensible aux mouvements de la phrase, aux rimes… Il faut donc en tant qu’éducatrice posséder un vaste répertoire de chants, comptines, contes…

Il est aussi intéressant de profiter des collations et des repas pour entamer une conversation.

Les conversations qui peuvent s’établir autour des repas sont nombreuses et peuvent avoir des buts divers. Le principal serait d’amener l’enfant à s’exprimer. Pendant les repas, il est bon de s’installer à la table avec les enfants pour discuter avec eux de choses qui les intéressent vraiment et qu’ils peuvent partager. Il faut toujours veiller à ce que ce ne soit pas toujours le même enfant qui monopolise toute la conversation.

Nous pouvons aussi profiter des repas pour éveiller les enfants à des nouveaux mots par exemple en nommant les aliments où les ustensiles utiliser.

Il y a encore beaucoup d’autres activités. En effet, les activités de langage sont nombreuses car le langage est partout.

Conclusion

Le langage est donc essentiel à l’homme. C’est grâce au langage que nous pouvons établir des relations. Il va nous permettre de comprendre les autres et de se faire comprendre par les autres.

Le langage est un outil essentiel au développement. Nous avons vu aussi que le langage peut être de type différent et il peut avoir plusieurs fonctions. La période la plus propice pour l’apprentissage du langage est la période de 0 à 6 ans, donc le rôle des éducatrices en crèche sera très important dans ce développement d’où l’importance de proposer des activités variés et attrayantes pour l’enfant.

Ainsi, nous pouvons remarquer que le langage occupe une place importante en crèche, on le retrouve dans toutes les activités y compris les jeux. C’est pendant les jeux que les enfants vont entrer en contact plus facilement et c’est là que nous pourrons écouter et prendre conscience du niveau de langage des enfants. En effet, pendant les jeux ils parleront avec moins de retenue et surement plus d’aisance car ils seront dans des espaces isolés et pas devant un groupe.

La pédagogie Montessori donne davantage de force à cet apprentissage, notamment grâce à l’encadrement permanent des éducatrices, mais aussi grâce aux contacts avec ses pairs.

Toutefois, l’apprentissage du langage nécessite des activités spécifiques qui permettront de développer le langage de l’enfant telles que, les images séquentielles, les mise en paires, les paniers à objet ou encore les boites mystères.

Enfin, ces enseignements généralistes doivent être complétés par un accompagnement individualisé et différenciées dans le cas d’enfant présentant une situation de Handicap. La pédagogie

Montessori ayant été créé à l’origine pour des enfants déficients est donc tout à fait propice pour relever ces enjeux.

Bibliographie

BENIGNI.N, (2004) Pratiquer le langage oral en maternelle, texte de l’inspection académique deReims.

BRUNER.J, (1983) Comment les enfants apprennent à parler, Paris, Retz.

FLORIN.A,(1995) Parler ensemble en maternelle: La maîtrise de l’oral, l’initiation à l’écrit, Paris, ellipses.

JAKOBSON.R, (1963) Essais de linguistique générale, paris, Minuit

LENTIN.L, (1972) Apprendre à parler à l’enfant de moins de 6 ans : Où ? Quand ?Comment ?,

Paris, ESF.

PETIT.S, LAROCHE.C, (1994) Apprendre à parler à l’école maternelle, Paris, L’harmattan.

LACOMBE.J, « Le développement de l’enfant de la naissance à 7ans » chap4C, édition De Boeck, 1996.__

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