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Jan 23, 2019

La créativité: pourquoi et comment la développer chez l’enfant ?

La créativité: pourquoi et comment la développer chez l’enfant ?

Introduction

C’est en pratiquant que le goût et l’envie de faire se développent chez l’enfant. Créer va lui permettre de se construire une pensée, d’adapter ses attitudes et de prendre conscience de sa propre existence. En s’exprimant ainsi, il va laisser apparaître ses émotions et sa personnalité. La création contient de l’indicible. Elle permet de comprendre que tout ne peut s’expliquer notamment les goûts, les choix esthétiques et surtout qu’il peut exister plusieurs modes d’appréhension du monde.

Lorsque je me demande «Qui suis-je ? Pourquoi et comment suis-je devenue cette personne ? ». Les mots «imagination, découvertes et créativité » reviennent inlassablement.

En me remémorant mon enfance, je vois une petite fille déambuler dans divers musées, construire des cabanes de toutes formes, fabriquer des compagnons de jeux avec des objets du quotidien ou encore composer le plus parfait des parfums au gré de mélanges audacieux ! Adulte, j’ai réalisé des études dans le secteur artistique et culturel. Serveuse, je créais des cocktails, vendeuse j’organisais mes étalages selon mon propre esthétisme ! J’ai travaillé dans diverses et prestigieuses instances culturelles. Puis j’ai choisi d’apporter du bien-être aux personnes porteuses de handicaps, d’aider les familles en souffrances sociales, de réinsérer les adolescents déscolarisés : les arts visuels, les arts du spectacle furent mes outils de prédilection et des outils efficaces. Aujourd’hui éducatrice en crèche, j’observe chez les enfants un potentiel immense d’énergie et de créativité. Je retrouve ces mots qui m’ont constamment accompagnés. Chaque jour, je m’appuie sur leur désir de regarder, de toucher, de faire afin de développer leurs capacités, de provoquer de la curiosité et d’éveiller leurs sens.

Par ce constat, j’ai souhaité aborder la notion de créativité : pourquoi est-il indispensable de la développer chez les enfants et comment y parvenir ?

Afin de répondre à cette problématique, je commencerai par définir le terme de créativité. Je démontrerai qu’elle participe à la construction de chaque individu. Enfin, j’expliquerai l’importance du rôle de l’accompagnant et l’indissociable notion de plaisir.

I. Définition : qu’est-ce que la créativité ?

1. « Les origines »

La créativité a longtemps été considérée de façon mystique, comme venant d’une inspiration divine. Le premier à désigner ce que nous pouvons assimiler à la créativité est le psychologue RIBOT dans son livre fondateur « L’imagination créatrice », publié en 1900 dans lequel il décrit déjà la plupart des processus que nous utilisons aujourd’hui.

En 1908, Henri POINCARÉ souligne pour la première fois le rôle décisif de l’inconscient à travers des exemples vécus (mais il emploie uniquement le mot «invention») dans le processus créatif.

Selon GUILFORD (dans les années 50), l’aptitude à la créativité est présente à des niveaux variables chez tous les individus normaux. « Le processus créatif peut être reproduit à volonté, il peut donc être enseigné et développé chez un très grand nombre d’individus. »

Pour STENBERG (1985), l’intelligence humaine se constituerait par la complémentarité de trois composantes que sont :
-le facteur componentiel de l’Intelligence (facteur cognitif, ce que mesure le QI) ;
-le facteur expérientiel c’est-à-dire l’adaptation à la nouveauté et l’aptitude à automatiser les traitements (créativité)
-le facteur contextuel correspondant à l’adaptation au contexte et la culture de l’individu dans lequel celui-ci baigne (intelligence pratique).

Ces différentes évolutions de la conception de l’intelligence ont amené une prise en considération de la créativité. Ainsi, de nombreux chercheurs s’y sont intéressés avec des conceptions diverses et variées. Toutefois, une définition de la créativité est admise par la plupart des chercheurs du domaine : « la créativité est la capacité à réaliser une production qui soit à la fois nouvelle et adaptée au contexte dans lequel elle se manifeste. »

STENBERG et LUBART, 1995

2. La créativité

Le terme « créativité » vient du latin « creare » : engendrer, créer. Selon le dictionnaire Larousse, la créativité est une « capacité, faculté d’invention, d’imagination ». L’encyclopédie Universalis définie la créativité comme « la capacité à réaliser une production (une idée, un objet, une composition, etc.) à la fois nouvelle, originale (c’est-à- dire différente de ce qui existe) et adaptée au contexte et aux contraintes de l’environnement dans lequel la production s’exprime. La capacité à générer des idées créatives est reconnue comme une compétence du XXIe siècle, aidant à répondre aux défis de la vie personnelle et professionnelle, et favorisant le développement sociétal ».

Pour être considérés comme créatifs, une idée, un concept, une production artistique doivent d’une part se distinguer de ce qui a précédemment été proposé et d’autre part satisfaire les contraintes de l’environnement dans lequel elle s’exprime. De tout temps, certaines personnes ont su transgresser les normes existantes dans divers domaines afin d’apporter un nouvel éclairage sur notre monde (GALILÉE) ou un apport scientifique (EINSTEIN) ou encore proposer un nouveau courant artistique (CÉZANNE). Toutefois, chaque personne a aussi un potentiel créatif et est amenée chaque jour à faire preuve de créativité, à son niveau. En effet, dès lors qu’une personne (aussi bien des enfants que des adultes) se trouve confrontée à une situation nouvelle dans laquelle elle n’a pas la solution, alors, elle pourra faire preuve de créativité pour en tirer parti. Cette compétence cognitive, comme toutes les autres, peut être stimulée et évaluée du fait que plusieurs composantes ont une influence sur la réalisation du potentiel créatif. Selon l’approche multivariée, développée par STENBERG et LUBART (1995), trois facteurs se combinent pour observer le potentiel créatif : les facteurs cognitifs, les facteurs conatifs et les facteurs environnementaux.

3. Chez l’enfant

La créativité dépend de notre patrimoine d’expériences sensorielles et intellectuelles. Ainsi les situations de découverte, de manipulation, d’expérimentation, permettent à l’enfant d’acquérir ce « patrimoine » nécessaire (pensée convergente). L’enfant ne crée pas à partir de rien mais à partir d’un vécu, d’un patrimoine personnel de connaissances, d’expériences, d’émotions, de projets. La créativité correspond alors à une transformation, à une combinaison d’éléments déjà existants : un réinvestissement sélectif.

Pour ne citer qu’un exemple, pour la « tour rose », la construction fait appel au vécu de l’enfant puisqu’il connaît ces formes qui lui sont désormais familières et maîtrise cet assemblage basique mais va tout autant créer en improvisant des réalisations autres. La créativité encourage sa curiosité et la curiosité stimule sa créativité.

Nous pouvons assimiler la créativité à l’imagination tant reproductive que créative. La première permet de d’évoquer les images des objets que l’on a déjà perçus alors que la seconde est la faculté de former des images d’objets que l’on n’a pas perçus ou de faire des combinaisons de nouvelles images. Une grande importance est donnée à l’originalité du processus créatif mais aussi au rôle primordial des référents et des échanges avec l’environnement.

L’enfant est créatif s’il met en action son imagination mais aussi de part la perception qu’il a de sa production. Il convient de lui faire prendre conscience de la différence entre la création et la créativité. Il s’agit par conséquent, de lui permettre d’adopter une posture d’ « amateur », c’est à dire qu’il n’inscrive pas sa production dans une ressemblance avec celle des artistes mais dans une familiarité.

Comme l’a écrit ARDOUIN (dans son livre : « l’éducation artistique à l’école ») :

« l’œuvre de l’enfant sera du domaine des arts plastiques, en ce sens qu’elle témoignera d’un désir de représentation : dire et voir ».

L’enfant, n’a pas l’ambition de produire une œuvre, il vit dans l’instant et aime le processus de création répondant à un besoin de manipuler, de faire, de s’exprimer.

Nous pouvons proposer une activité de modelage avec de l’argile. L’enfant agira à sa convenance. Il prendra plaisir à manipuler la matière : malaxer, l’aplanir avec ses mains ou avec un rouleau à pâtisserie, il effectuera des trous avec ses doigts, etc. Progressivement, il réalisera des productions en trois dimensions.

II. Pourquoi développer la créativité ?

VYGOTSKI, psychologue russe, soutient qu’à la place d’enseigner l’acte créatif, il est plutôt question de rendre possible l’initiative créative des élèves eux-mêmes (1971).

Aussi, une telle acquisition reste progressive et principalement « individuelle » dans la mesure où elle n’est pas quelque chose qui s’inculque ou s’apprend par cœur, mais qui se développe graduellement. Selon LUBART (2012), l’aptitude à faire du neuf avec le connu s’aguerrit, se développe et s’exerce.

De manière générale, nous pouvons affirmer que la créativité favorise le développement de l’enfant. Ainsi, elle permet à l’enfant de renforcer son identité comme elle peut agir sur l’estime qu’il a de lui-même. De surcroît, elle facilite l’expression d’émotions et d’idées.

La créativité permet à l’enfant de percevoir les choses sous différents angles : elle favorise ainsi son ouverture aux autres et à son environnement comme elle facilite la recherche d’idées ou de solutions originales quand se présente un obstacle ou un problème qu’il doit affronter.

Enfin, elle contribue au développement de la concentration, de l’autodiscipline et de la pensée critique.

1. Le développement de la personnalité.

La notion de créativité renvoie de manière générale à la capacité d’expression de sa personnalité propre (ce qui fait qu’on est soi-même, différent d’un autre). C’est de notoriété scientifique qu’elle implique donc la notion de liberté, l’imagination et la réflexion. De ce fait, le développement de la créativité de l’enfant est à relier à la construction de la personnalité de celui-ci. Il participe, en effet, au développement de l’imagination, favorise la curiosité, l’autonomie, le sens critique et celui de l’observation ainsi que l’aptitude à former et à exprimer des jugements personnels : autant de compétences qui permettent à l’enfant de se construire. En étudiant l’adulte, qui puise quoi qu’il advienne dans son enfance, des recherches ont démontré que les traits caractéristiques d’une personne créative étaient : l’humour, la fantaisie, la curiosité, l’autonomie, l’indépendance, la prise d’initiatives, la persévérance, l’affirmation et l’acceptation de soi-même. . .

Si le développement de l’esprit créatif permet à l’enfant de se construire, de développer sa personnalité, il lui permettra, adulte, d’être actif au sein de la société.

2. Un enjeu social

Les ressources créatives sont de plus en plus sollicitées tant dans la vie professionnelle que familiale. La société actuelle demande, d’un point de vue professionnel notamment, aux individus de s’adapter à différentes situations, d’évoluer rapidement. Les entreprises sont ainsi demandeuses de personnes créatives.

De plus, nous rencontrons constamment, dans notre environnement social des difficultés qu’il faut résoudre, des tâches inhabituelles ou des projets à réaliser sollicitant notre ingéniosité et notre esprit d’inventivité. Pour illustrer ceci, nous avons tous été surpris en apercevant l’enfant, puisant dans son vécu (tour rose) pour empiler des livres (créativité) et finalement atteindre l’interrupteur (adaptation à une situation, franchissement d’un obstacle), conscient qu’il allait apporter la lumière à l’ensemble du groupe !

Développer la créativité chez l’enfant, c’est lui transmettre des compétences afin de l’aider à devenir un adulte libre intellectuellement, autonome et responsable,

III. Comment développer la créativité de l’enfant ?

Plusieurs facteurs interagissent dans l’expression du potentiel créatif de chaque individu. Certains de ces facteurs sont cognitifs (capacités intellectuelles, connaissance), d’autres conatifs (traits de personnalité, motivation), d’autres encore sont environnementaux (appui de l’environnement familial, scolaire ou professionnel). Tous ces facteurs varient d’une personne à l’autre et entraînent une expression plus ou moins grande du potentiel créatif de chacun d’entre nous.

1. Un processus créatif

Le cheminement créatif est difficile à observer et à généraliser puisque chaque expérience est unique. De nombreux scientifiques, comme Léonard DE VINCI ou le mathématicien POINCARÉ, ont cherché à comprendre comment notre esprit fonctionnait, pour trouver une nouvelle idée, une nouvelle invention ou pour résoudre un problème.
Globalement, pour permettre à l’enfant de développer ses facultés créatives il faut lui permettre de développer ses capacités à imaginer ainsi que ses références culturelles. De plus, l’enfant a besoin des autres et notamment de l’adulte pour s’exprimer et pour être créatif. C’est en cela que la créativité se développe, s’élabore. Il convient donc de s’intéresser au rôle de l’éducateur en crèche.

2. Le rôle de l’éducateur

« L’intervention dans le travail est toujours un obstacle qui interrompt l’impulsion intérieure de l’expression ».

Maria MONTESSORI

a. Un soutien

L’approche REGGIO

La pédagogie REGGIO est une pratique d’éducation née dans la ville du même nom au début des années 60, sous l’impulsion de Loris MALAGUZZI, psychologue et professeur en école primaire. Depuis, elle fait partie intégrante du système public d’éducation de cette ville d’Italie. Quatre points explicitent cette approche : l’enfant construit ses apprentissages selon ses intérêts, ses découvertes et ses résolutions de problèmes. Cependant, l’adulte ne doit pas dicter ses propres apprentissages, il observe l’enfant, le soutient et l’accompagne : parce que l’enfant est un être social, qu’il a besoin de bâtir des relations stables et significatives avec les gens qui l’entourent. C’est à travers les interactions avec les autres qu’il pourra apprendre et grandir. Qui plus est, l’expression de soi et la liberté de communiquer sont aussi au centre de cette approche.

Un exemple vient ici illustrer clairement l’application de cette pédagogie :

Un matin, alors que je lisais une histoire, Inès, 4 ans, me demanda : « Pourquoi ici c’est le Luxembourg ? Comprenant qu’elle s’interrogeait sur son pays d’origine, la Pologne, je lui proposai comme réponse à son interrogation, le puzzle représentant l’Europe avec ses différents pays dont le Luxembourg, le pays où elle évoluait et la Pologne, son pays de naissance. Par le toucher des contours, le positionnement des pays, certaines caractéristiques sont rendues plus concrètes et Inès a pu comprendre qu’elle venait d’un autre pays que le Luxembourg. Dans cette approche, l’éducateur n’est que le partenaire de l’enfant. Il l’aide dans son processus de questionnement, de réflexion et lui permet de réfléchir, d’émettre des hypothèses et des contradictions.

La pensée d’Arno STERN est de rendre l’activité de peindre plus libre et spontanée. Il conteste clairement les attentes trop oppressantes des adultes sur les enfants.

« Les enfants ont perdu leur spontanéité. Ce constat est très grave car cette spontanéité est primordiale. Elle permet à l’enfant d’être en contact avec lui-même. Sans ces racines, l’enfant ne peut pas trouver sa place dans le monde. Nous devons les aider à retrouver leur mémoire organique ou sinon, nous pouvons nous inquiéter des conséquences pour l’humanité. »

L’approche de STERN part du constat que l’adulte, par souci d’accompagnement, questionne, tente de comprendre le sens, de discerner des formes, suggère son point de vue à l’enfant qui dessine. Ainsi, pour l’enfant, dessiner n’est plus une expression spontanée, un plaisir de s’exprimer, mais le produit d’une attente, d’une attitude magistrale. Par exemple, la nécessité de produire quelque chose de « beau », de représentatif, d’esthétique.

Le « retrait » de l’adulte est une étape majeure dans le métier de l’éducateur : ainsi, lorsqu’un enfant a réalisé un dessin, une production et qu’il demande : « elle est jolie ma voiture ? », je dois répondre : « et toi, quand penses-tu ? Es-tu satisfait de ton travail ? » Par le questionnement, je me dégage de tout jugement et responsabilise l’enfant, le rassure et ne brime pas sa spontanéité.

b. Il favorise la liberté d’expression

Maria MONTESSORI

La pensée de Maria MONTESSORI, fondée sur le respect de l’enfant, accorde une grande place à la créativité. Pour permettre à l’enfant d’être créatif, l’adulte doit guider l’enfant, lui donner les bases afin qu’il maîtrise le matériel, dépasse la technique et qu’il puisse « entrer » dans l’art.

L’adulte doit éviter de diriger les travaux de l’enfant et lui laisser autant de liberté que possible afin de préserver sa spontanéité et son expression personnelle. L’enfant a juste besoin que l’on lui fasse confiance ! Il est judicieux de ne pas commenter le travail de l’enfant et de se conformer aux descriptions qu’il nous donne.

Pour illustrer cette pensée, j’ai pu accompagner Noah, 2 ans, dans l’apprentissage des nuances de couleurs. (Précédemment, il avait découvert la peinture : la matière puis la couleur.) Dans un premier temps, il a intégré ce que l’on appelle les couleurs primaires : le rouge, le bleu puis le jaune. Après que Noah ait peint avec les trois couleurs séparément, j’ai pu lui donner les couleurs deux par deux, ce qui lui a permis d’expérimenter les mélanges. Quelque temps plus tard, il a appris à ajouter du noir pour obtenir une couleur plus sombre, ou du blanc pour une couleur plus claire. Grâce à ces différentes étapes, l’enfant a été le maître de ses recherches tant en découvrant par lui- même le processus de mélange des couleurs.
Cependant le rôle de l’éducateur serait stérile pour toute créativité de l’enfant sans le facteur essentiel : le plaisir de l’enfant.

3. Le plaisir

La créativité passe par la liberté et l’expérimentation. Cela implique l’utilisation des cinq sens. A ces débuts, l’enfant aura une tendance à découvrir le monde qui l’entoure avec ses mains, c’est pourquoi il touche « à tout », c’est le plaisir de découvrir par le toucher. Il voudra aussi faire et reproduire la même chose pour le plaisir de perfectionner son geste. Le plaisir ou l’envie d’exécuter un acte qui lui plaît est le moteur de sa créativité en même temps que celui de son éducation. C’est pourquoi l’adulte référent ne doit pas être une entrave aux expérimentations et aux explorations de l’enfant. Souhaitant réaliser du papier mâché avec mon groupe d’enfant, je sortis le matériel : le papier journal, un seau contenant de la colle à tapisserie diluée, des pinceaux et des ballons de baudruches sur des bols. Filip s’émerveillant par le déchirement du papier réalisa cet exercice du toucher jusqu’au déjeuner, preuve de son plaisir à accomplir ce travail !

Plus il grandira, plus les sens de l’enfant, par le plaisir d’entreprendre, se développeront et plus ses domaines d’activités seront variés : la parole, l’écriture, le dessin, la peinture et bien d’autres encore.

Maria MONTESSORI

En se basant sur des observations scientifiques, Maria MONTESSORI a pris conscience que chaque enfant passe par des périodes d’intérêt et de curiosité au cours de son développement. Ces périodes sont dites « sensibles » car elles permettent à l’enfant de développer inconsciemment et sans effort une nouvelle capacité ; elles sont aussi temporaires : une fois passées, l’enfant est toujours capable d’acquérir des compétences, mais l’apprentissage sera plus long et plus difficile. Seul l’enthousiasme pourra recréer de telles conditions.

« Le joie d’apprendre est autant indispensable à l’intelligence que la respiration au coureur »

Maria MONTESSORI

Je proposai, un jour de beau temps, la réalisation de peinture uniquement composée d’eau. Avec un gros pinceau, puis un rouleau (etc.) et un pot d’eau, j’invitai Elizabeth à explorer ce qui l’entourait puis à «peindre» sur toutes les surfaces ! Débarrassée des contraintes de la feuille, elle observa les matières, les textures et ce qu’il se produisait lorsqu’on les mouillait !

Inlassablement, Elizabeth badigeonna le sol d’eau, au gré de son imagination enthousiaste !

4. L’environnement/ Au quotidien

Une créativité au quotidien sublime le vécu de l’enfant. En la favorisant inlassablement tout instant, cela favorisa son bon développement. Par conséquent, il est important que l’enfant puisse laisser libre court à son imagination de différentes manières : en cuisinant, en racontant une histoire, en se promenant, en dessinant, en fait, à tout instant de sa journée.

Cependant, sans jamais oublier de proposer à l’enfant un environnement et une ambiance adéquats, c’est à dire, calmes, ouverts mais encadrés, riches en propositions, et propices à une certaine liberté de mouvement indispensable à la créativité. L’ensemble du module de la crèche est pensé pour s’adapter à la taille de l’enfant,
lui permettre de choisir un éventail d’activités variées, pour qu’il trouve son lieu, assis, couché ou debout pour s’y concentrer, sous l’œil bienveillant de l’éducateur.

Pour favoriser le cadre de la création, il est primordial, c’est vrai, qu’il ait cet environnement de liberté, mais toujours dans un espace sécurisé.

« L’enfant est un individu unique : pour apprendre, il doit se sentir accepté, aimé, en sécurité et acteur d’un environnement qui l’encourage, le nourrit, le soutien. »

Maria MONTESSORI

REGGIO

Au sein de l’approche reggiane, l’environnement est un agent essentiel à l’épanouissement de l’enfant. Il suffit pour cela de regarder autour de soi et d’utiliser tous les composants que nous proposent la nature et le monde qui nous entoure. Un environnement vivant, invitant et déclenchant donc favorisant l’apprentissage de l’enfant.

L’intérêt de l’enfant est suscité par tous les objets et facteurs de son environnement. Il s’agit d’aiguiser son inspiration dans son quotidien pour éveiller sa curiosité et optimiser son accomplissement personnel. L’enfant est libre d’expérimenter, toucher, communiquer ou construire… à sa guise, avec comme référence bienveillante, les adultes, toutefois actifs, qui l’entourent.

Après un sommeil réparateur, nous partîmes au parc, munis de seaux. Les enfants ramassèrent, au gré de leur découverte de la nature, des fleurs, des branches et des cailloux. Ce fut également l’occasion d’écouter le chant des oiseaux et si les jeunes explorateurs avaient eu la moindre possibilité de les emporter, gageons qu’ils auraient fallu trouver d’autres seaux ! De retour et à l’aide de toutes ces trouvailles, ils s’improvisèrent botanistes en réalisant de magnifiques compositions.

Le rapport à la nature est important dans la construction de l’enfant. Les activités que l’on peut y partager sont variées et riches d’apprentissages et de découvertes sensorielles. De plus, l’enfant prendra conscience de sa place dans un ensemble plus vaste et le préparera, adulte, à une conscience environnementale indispensable.

Conclusion :

« L’Art peut mourir, ce qui compte, c’est qu’il ait répandu des germes sur la terre. »

Joan MIRÓ

Comme l’a compris Maria MONTESSORI, l’enfant apprend par lui-même, de manière naturelle, avec énormément de plaisir, si l’environnement est propice à cet état d’esprit. Cependant, comme il dispose d’une grande capacité d’absorption, il faut lui mettre à disposition un vaste éventail de choix où il puisera pour sa créativité. De fait, l’inspiration est un bon moyen d’ouvrir son esprit au monde et de développer sa tolérance et ses points de vue. Ceci acquis, l’enfant crée et éveille son imagination qui, elle-même, le pousse à créer. Alors, il percevra l’Art « sans jugement » pour, tour à tour, découvrir des lieux d’expositions, écouter de la musique, assister à des spectacles, entrer dans une bibliothèque ou encore peindre et la finalité, avoir envie de créer.

Chaque enfant peut être créatif mais c’est un apprentissage, une pratique au quotidien, un enrichissement et un entretien permanents, facteurs stimulés par le plaisir dans un environnement propice et un encadrement bienveillant. De plus, la créativité grâce à la pédagogie Montessori, permet à chaque enfant d’y accéder, à son rythme et selon sa propre personnalité. Véritable garant de cette réussite éducative, l’éducateur supervise tous ces facteurs sans entraver la liberté de l’enfant et son travail sur ce don naturel qui s’impose, la créativité.

Ophélie Verwaerde
Éducatrice principale pour les crèches L’Enfant Roi

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