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Avr 16, 2019

Grâce et courtoisie

Grâce et courtoisie

L’importance des bonnes manières dans une socialisation précoce d’un enfant


Dire « bonjour », « merci » ou « s’il vous plaît » nous semble tout à fait naturel. Cependant, d’où vient une telle habitude et comment nous savons ce qu’il faut faire et pas faire? Grâce et courtoisie sont inséparables de la vie sociale et du système éducatif appelé Montessori. L’homme est un être social et ne peut grandir correctement que dans la société. Déjà Aristote prétendait que «l’homme est un animal social» et que le fait d’être un élément d’un groupe social (petit ou grand) peut lui apporter le bonheur.

Etre parmi d’autres, en communauté est la meilleure façon pour apprendre à un enfant à se comporter de la façon à laquelle la société s’attend. Autrement dit, le rejet social pourrait conduire à l’isolement social, faire de l’enfant à se sentir très malheureux. C’est donc avec les autres qu’un homme acquiert des connaissances, façonne sa personnalité et réalise ses besoins. L’importance de communauté apparaît dès les premières années de la vie d’un enfant et l’accompagne jusqu’à l’âge adulte. Le rôle d’un adulte est de façonner ce jeune individu et de l’initier à la vie sociale tourbillonnante et souvent compliquée.


Selon Maria Montessori « (…) le premier pas que doit faire l’enfant, c’est de trouver le chemin de la concentration qui établit le fondement de son caractère et prépare son comportement social » Malheureusement, pendant longtemps, les besoins sociaux des enfants ont été supprimés dans un système d’éducation obsolète. Le rôle d’un enfant dans la société a été complètement oublié. « L’adulte, par un phénomène psychique mystérieux, a oublié de préparer une ambiance pour son enfant. Dans l’organisation sociale, il a oublié son fils. Dans l’élaboration des lois successives il a laissé son propre héritier sans lois et, par conséquent, hors la loi. Il l’a abandonné sans direction à l’instinct de tyrannie qui existe au fond de chaque cœur d’adulte. »

Les vieilles méthodes d’éducation où l’autorité et les règles rigides prévalaient étaient remises en question au dix-neuvième siècle. Les effets de nouvelles méthodes d’enseignement ont été rapidement visibles quand le nouveau système d’éducation s’est concentré sur l’enfant et ses besoins individuels. Plusieurs personnalités ont initié ces changements. Parmi eux, le Belge Ovide Decroly (18711932) avec la méthode innovante d’enseignement de la lecture et de l’écriture et l’Allemand Peter Petersen (1884-1952), qui a proposé une méthode appelée «Plan d’Iéna». Mais l’un des plus grands noms connus de l’histoire des systèmes éducatifs innovants est Maria Montessori (1871-1950), une femme extrêmement talentueuse qui a été la première Italienne à obtenir le titre de docteur en médecine dans l’histoire. 

Maria Montessori, qui en 1905 a réalisé un système scolaire nommé de son nom de famille, a créé la « La casa dei Bambini », ouvrant ainsi une toute nouvelle voie pour aider les enfants. Initialement, Maria Montessori a destiné son système  aux enfants souffrant de maladies mentales et ceux provenant d’environnements exceptionnellement pauvres et difficiles. Cependant, elle a remarqué que ses méthodes sont tout aussi efficaces pour les enfants qui n’ont aucun problème d’apprentissage. Elle a donc initié un mouvement qui continue à ce jour et est l’une des méthodes d’enseignement les plus pratiquées faisant de Maria Montessori l’une des femmes les plus respectées de l’histoire. Montessori a assumé que chaque enfant à une tendance innée à réaliser ses propres prédispositions et capacités. Une éducatrice doit constamment surveiller l’enfant et le suivre de près pour assurer des conditions de développement optimales. D’où le principe de la liberté de choix: l’enfant décide ce qu’il veut faire, tandis que le rôle de l’éducatrice qui observe son développement est de veiller à ce qu’il désigne des tâches sociales et intellectuelles compatibles avec son niveau de développement. 

Le début de la vie sociale de l’homme commence dès sa naissance. Comme un sociologue américain Robert E. Park dit, l’homme ne naît pas social mais le dévient peu à peu, ce qui signifie qu’un enfant nouveau-né n’a pas un instinct social naturel mais en grandissant en communauté, il le devient. Ce qu’il apprendra au début de sa socialisation influencera ses relations dans le futur. C’est ici que les adultes entrent en jeu. Nous jouons tous le rôle le plus important dans le bon développement d’un enfant. 

Comme déjà évoqué, le savoir-vivre joue un rôle important dans la vie sociale et dans une relation sociale saine. C’est pourquoi j’ai décidé de développer ce sujet et de discuter de ce qu’est exactement un bon comportement et comment le système de Maria Montessori répond aux besoins d’un enfant.

Selon le dictionnaire Larousse, la politesse c’est « ensemble des usages sociaux régissant les comportements des gens les uns envers les autres ; observation de ces règles. Action, propos dictés par les bons usages ». De nos jours, à l’heure des visages cachés derrière les écrans des smartphones et d’un manque d’interactions humaines, nous pourrions même nous demander si les bonnes manières sont toujours pertinentes. Mais selon les experts, comme Karen Stohr, professeur de philosophie au Kennedy Institute of Ethics, ces codes de savoirvivre créent notre société, ils nous permettent d’exprimer et d’agir sur des idéaux moraux comme le respect, le respect de soi et considération pour les autres. Nous rencontrons des situations qui exigent des connaissances sur la façon de se comporter dans des situations quotidiennes.

Alors maintenant au vu de la définition des bonnes manières, comment reconnaissons-nous un enfant qui se comporte bien? Ce n’est pas toujours facile. Tout d’abord, il est important de mentionner  que les bonnes manières varient en fonction de l’endroit où nous sommes. Par exemple, retirer ses chaussures est obligatoire au Japon, mais aux États-Unis, ce comportement serait inapproprié. Ces différences sont d’autant plus visibles au Luxembourg qui est un melting-pot où se rencontrent toutes sortes de nationalités et de cultures. Un des enfants dans mon groupe (une petite fille de 4 ans) n’était jamais dans une crèche auparavant. Elle vient d’une famille indienne traditionnelle où ils mangent principalement du riz avec leurs mains. C’était une nouvelle chose pour elle d’utiliser une fourchette comme les autres. 

Le savoir-vivre est comme une langue, il change avec le temps. Peut-être que les normes auxquelles nous sommes habitués ne seront pas bien vues dans quelques années. Certes, nos grands-parents ne sont pas toujours d’accord avec la façon dont nous nous comportons de nos jours. Mais comme Dr Montessori dit :

« (…) un petit enfant s’adapte au niveau de civilisation qu’il trouve, quel il soit, et parvient à construire un homme adapté aux coutumes de son temps. »

L’autre aspect que nous devons prendre en compte est le caractère personnel d’un enfant. Un enfant timide ou introverti ne dit pas toujours « bonjour » quand il/elle entre dans une pièce. Et ce n’est pas un signe de mauvaise conduite. Je travaille avec une petite fille de 4 ans qui nous parle à peine. Elle n’est jamais impolie envers les autres, elle peut rendre silencieusement une chaussure perdue aux autres ou ramasser les livres sur le sol. Pour Dr Montessiori, ce type de comportement « n’est pas un problème d’éducation morale, mais de développement du caractère » Ainsi, la petite fille ne manque pas de manières mais le fait de s’exprimer ouvertement n’est tout simplement pas dans sa personnalité. 

Un autre aspect qui peut conduire un enfant à un certain type de comportement qui ne correspond pas nécessairement à la grâce et courtoisie est l’égocentrisme. L’égocentrisme est une étape naturelle du développement personnel de chaque personne. Pour Dr Montessiori, « un nouveau-né est stimulé par un besoin d’affronter le milieu et de le faire sien ». Cela ne signifie pas l’immaturité ou le mauvais comportement de l’enfant, et contrairement aux apparences, il ne devrait pas être nivelé. Probablement chaque enseignant devait faire avec une élève qui dirait « Mais moi je veux ! ». Ce comportement parmi les adultes n’est pas considéré comme poli et selon nos principes de bonnes manières, nous essayons de l’écraser dans l’œuf. Les enfants, cependant, n’ont pas la même perception de la réalité que les adultes. Quand ils tirent les cheveux d’un collègue, ils n’ont pas la conscience que la douleur est la même que celle qu’ils ressentent. Cependant, à travers les comportements narcissiques, les petites personnes présentent leurs besoins (à la fois physiques et émotionnels) et, parallèlement à leur développement, elles apprennent d’autres points de vue sur la réalité. Grâce au développement approprié de la phase narcissique, l’enfant se développe socialement et moralement, il crée son empathie et commence à suivre les principes des bonnes manières qui lui sont donnés.

Sachant qu’un mauvais comportement n’est pas nécessairement mauvais du point de vue de l’enfant, il convient de se poser une question sur les raisons potentielles d’un mauvais comportement et du manque de bonnes manières. Avant d’essayer de répondre à cette question, il est nécessaire de s’arrêter sur la façon dont les enfants apprennent. 

À cet effet, Maria Montessori a établi un terme « L’esprit absorbant ». Il s’agit en effet d’une période durant laquelle un enfant apprend sans effort et rapidement. Un enfant absorbe toute l’information dans son ensemble, ce qui est à la fois réaliste et abstrait : « on l’absorbe pas son par son, bruit par bruit, objet par objet ; on commence par absorber un tout. (…) c’est l’évolution qui succède à cette première absorption globale.

Un bon exemple présentant la façon réaliste de percevoir le monde est celui des blagues. Par exemple, une fois, en réponse à la blague de mon collègue, j’ai fait une grimace en prétendant que je suis contrariée. Un enfant de 3 ans à côté de moi a demandé pourquoi je suis triste et m’a fait un câlin pour me réconforter. J’ai essayé d’expliquer que c’était juste pour rigoler et que je suis de très bonne humeur mais cela ne lui a pas semblé convaincant. De telles situations de contradiction peuvent être déroutantes pour un enfant. Par conséquent, il est extrêmement important de maintenir l’environnement correct et réaliste que chaque enfant peut percevoir sans effort.

Un autre exemple est les enfants qui imitent mon accent lorsqu’ils parlent anglais ou répètent des expressions que nous ne sommes même pas au courant de faire. Si l’on se rend en compte tout ce que nous disent les enfants autour de nous, on réalise pourquoi il est tellement important d’utiliser un vocabulaire approprié à tout moment. Si les enseignants parlent de manière impolie, il en sera de même pour les enfants. Si les parents oublient les simples gestes de politesse, nous ne pouvons pas s’attendre à ce que l’enfant le fasse alors qu’il n’a pas d’exemple chez soi. Ainsi, un enfant qui ne veut pas respecter les règles de savoir-vivre vis probablement dans un environnement où la politesse ne lui a jamais vraiment été présentée et enseignée. Selon Maria Montessori, « la période de 3 à 6 ans est une période de réalisations et de perfectionnement. C’est en elle que se décide la construction individuelle, qui reste incarnée dans la personnalité. Les maniérés de se mouvoir, d’agir, se stabilisent en des caractères qui, désormais, indiqueront si un individu appartient à telle classe de la société, établissant des différences entre les différents groupes sociaux, comme le langage établissait des différences entre les différents peuples ». 

Maria Montessori a observé en effet que chaque enfant a sa période sensible, c’est-à-dire une étape de la vie où il est particulièrement absorbant à des enseignements. Selon elle, le développement des compétences linguistiques se construit de 0 à 4,5 ans, et le comportement social de 2,5 jusqu’à 5 ans. Il est donc crucial pour les parents et les enseignants, dans ce court laps de temps, d’introduire des règles sociales et les bonnes habitudes. Pendant cette période, les adultes devraient être le plus vigilants à ce qu’ils disent et comment ils se comportent.

Comme dit précédemment, les enfants sont très attentifs et reflètent souvent le comportement des adultes, mais pas seulement. Dans un groupe d’enfants avec qui je travaille, les enfants s’imitent les uns les autres tout le temps. Par conséquent, il est important de se rappeler d’imposer les mêmes règles à tout le monde. Or, ces règles ne sont pas nécessairement celles que les enfants apprennent à la maison. En conséquence, certains enfants se conduisent mal en raison d’absence de bons exemples dans leur environnement familial et, en venant  à la crèche, ils influent les autres enfants qui les imitent.

Nous avons établi ce que sont les bonnes manières et comment reconnaître un enfant qui se comporte mal. Il est maintenant temps de comprendre comment le système Montessori répond au problème.

Maria Montessori a créé un décalogue, un guide pour tous les enseignants à la suite de son programme scolaire, afin de les aider à comprendre les éléments les plus cruciaux d’un contact quotidien avec les enfants. Les dix commandements contiennent des règles basées sur la grâce et courtoisie pour les adultes que les

enfants apprennent par l’observation et la réflexion. La deuxième commandement stipule « Ne dites jamais de mal d’un enfant, ni devant lui, ni en son absence ». Comme nous l’avons déjà mentionné, les enfants observent et reflètent notre comportement et le langage. Parler grossièrement au sujet d’un enfant, n’est pas seulement un manque de respect, mais aussi démontre une mauvaise attitude et de l’énergie négative. Les enfants perçoivent cela comme un manque de patience et finalement l’absence de manières lesquelles ils doivent apprendre, absorber et en tenir compte. Cependant, d’après mon expérience, je voudrais aller plus loin et ajouter ma touche personnelle à cette règle. Un enseignant ne doit pas parler de qui que ce soit derrière leur dos en présence d’un enfant. Cela n’est pas seulement impoli mais donne un mauvais exemple aux enfants.

La deuxième règle cruciale que j’aimerais aborder est le dixième commandement qui dit : « Traitez toujours l’enfant avec la plus grande politesse et offrez-lui le meilleur de ce dont vous disposez ». Les enfants qui sont respectés respecteront aussi les autres. Donner de son mieux enseigne aux enfants également de faire un effort et de travailler plus fort. Nous pouvons supposer que la paresse est dans la nature humaine et les enfants préfèrent regarder la télévision que de travailler sur le développement de leurs compétences. « Si, comme tant d’entre nous le présent, le bien-être idéal était de rester assis à ne rien faire, en laissant les autres travailler pour nous, si l’enfant voulait retourner dans le corps de sa mère pour que ce soit elle qui pourvoie à tous ses besoins. (…) Mais la réalité dont l’enfant nous donne la preuve n’est pas celle-là ». Au début de leur vie, les enfants sont très intéressés à travailler sur leur expérience, en particulier les compétences motrices et sociales qui mènent finalement à l’indépendance. L’indépendance est très importante dans la grâce et la courtoisie. Un enfant qui a appris l’étiquette et les règles sociales de base se sent plus confiant alors qu’il n’a plus besoin d’un soutien constant d’un adulte. Apportons un exemple de dîner. Au début, les enfants appellent les enseignants pour leur faire passer l’eau qui se trouve sur la table. Nous avons dû leur rappeler à plusieurs reprises comment demander poliment à leurs amis de leur donner ce dont ils ont besoin. Après un certain temps, ils n’ont pas du tout besoin de notre aide à la table. À présent, les enfants savent comment se servir et comment parler poliment avec les autres, ce qui leur apporte un sentiment d’indépendance et augmente leur estime de soi. Comme dit Maria Montessori à propos de l’indépendance : « La conquête de l’indépendance commence avec le début de la vie ; tandis que l’être se développe, se perfectionne et surmonte chaque obstacle trouvé sur son chemin. »

Nous avons mentionné le fait que les enfants s’observent les uns les autres et de reproduisent le comportement de l’autre. Maria Montessori a établi un système qui améliore les aspects positifs de ceci. Dans son organisation, les enfants ne sont pas séparés en fonction de leur âge, comme c’est dans le système obsolète, mais en fonction de leurs compétences et leur développement. Aussi, les enfants d’âge différent, qui appartiennent à des groupes séparés peuvent coopérer et s’associer les uns avec les autres. Dr Montessori estime qu’ : «  Il est inhumain et cruel de mettre ensemble des personnes du même âge. (…) C’est une erreur fondamentale qui donne lieu à toute espèce d’autres erreurs. C’est un isolement artificiel qui empêche le développement du sens social » Réunir les enfants en fonction de leur âge donne pour effet que les enfants plus âgés deviennent des mentors pour les jeunes en leur montrant et en leur enseignant les compétences qu’ils possèdent déjà. « Les plus grands deviennent des héros et des maîtres, et les petits sont leur admirateurs ». Par exemple, il y a quelque temps, un nouvel enfant a rejoint mon groupe. Il est non seulement un an plus jeune que le reste d’enfants, mais aussi physiquement plus petits. J’avais peur qu’elle se sent séparée des autres. Au début, la transition n’était pas simple ; elle pleurait souvent et ne voulait pas se séparer de sa mère. Un jour, lorsqu’elle est arrivée à la crèche un matin, j’ai demandé à un autre enfant de lui ouvrir la porte et l’inviter d’entrer. J’ai été surprise de voir que l’enfant plus âgé a pris la petite fille par la main et lui a dit « ta maman va travailler, elle viendra de te chercher plus tard » et la fillette l’ai suivi tranquillement jusqu’à son coin artistique pour ensuite designer ensemble. Cet exemple est très intéressant ; l’enfant plus âgé est devenu un protecteur de la plus jeune, il l’a consolée, lui a expliqué le rythme de la journée et a trouvé une activité qu’ils pourraient faire ensemble. D’autre part, l’enfant plus jeune a observé le comportement correct et l’a répliqué à partir de ce-moment-là. Les enfants plus âgés apprennent les bonnes manières pour ensuite les enseigner aux jeunes élèves. « Il est difficile d’imaginer combien cette atmosphère d’affection et d’admiration augmente et s’approfondit : la classe devient un groupe cimenté par l’affection. Les enfants finissent par connaître leurs caractères réciproques ; ils s’apprécient mutuellement. »

Par ailleurs, Maria Montessori a aidé aux enfants de travailler sur leur grâce par la vie pratique. Il s’agit d’un ensemble d’activités qui sont déterminantes et utiles dans la vie de tous les jours. Les enfants sont naturellement plus intéressés par les choses dont ils ont été témoins : « L’enfant s’intéresse particulièrement aux choses qu’il sait déjà, car il les absorbées au cours d’une période antérieure où il avait une plus grande puissance de concentration ». C’est la raison pourquoi Maria Montessori a créé le groupe d’activités grâce auxquelles les enfants ont eu la chance de s’observer et donc de s’adapter et s’installer de façon confidentielle dans une société. On distingue cinq groupes de matériel de vie pratique : exercice préliminaire, soin de la personne, soin de l’ambiance, leçon de silence et grâce et courtoisie. Toutes ces activités créent un ensemble de règles de bonnes manières qui jouent un rôle important dans un bon comportement d’un enfant et par conséquent l’aident à trouver sa place dans une société. 

Les leçons comprennent de nombreux éléments, allant de la salutation, l’observation, s’asseoir et déposer la chaise, offrir de la nourriture et partager, prendre soin des matériaux dans le module, respecter le travail des autres enfants, respecter l’espace personnel, se taire et se faire des amis. La liste s’allonge encore et encore, mais je vais me concentrer sur trois activités que je trouve le plus importantes.

D’abord et avant tout je me soucie beaucoup de la façon dont les enfants se comportent à la table. Le bon comportement à table n’est pas seulement le signe d’un respect aux autres mais joue également un rôle important dans le bien-être physique d’un enfant. Le risque d’étouffement pour un aliment est beaucoup plus élevé quand un enfant parle ou joue avec des couverts. En outre, dans le module Montessori tous les objets sont réalistes, y compris les verres et les couteaux, ce qui peut être dangereux si un enfant ne fait pas attention. Tous les enfants portent des tabliers, se servent eux-mêmes de l’eau et de la nourriture, souhaitent à d’autres « bon appétit » et essayent de rester tranquille de sorte que tout le monde puisse profiter de son repas. Si un enfant renverse de l’eau, nous le demandons de prendre un chiffon pour nettoyer après eux-mêmes. Après le repas, chaque enfant vide son assiette et attend un autre plat à venir. Après le repas, les enfants essuient le visage avec des gents mouillées et attendent d’être appelés pour les jeter dans un panier à linge. Avant tout, l’enfant désigné apporte une nappe pour le lavage. Cette routine est harmonieuse et vérifie que toutes les règles de savoir-vivre et du respect mutuel coexistent. 

L’autre comportement que je trouve essentiel dans la grâce et la courtoisie est le fait de s’excuser. Il est normal de commettre une erreur, en particulier chez les enfants, mais il est important de savoir comment dire pardon. Il n’est pas toujours simple d’expliquer à un enfant pourquoi c’est une bonne chose à faire. Ce que nous pouvons faire c’est de faire référence à une situation similaire. Par exemple, si un enfant a frappé un autre, nous pouvons lui rappeler que ça lui a blessé. Une autre chose que beaucoup d’adultes oublient, c’est le fait que le mot « je suis désolé » ou « pardon » n’a pas un grand sens pour un enfant, surtout si nous avons affaire à un enfant d’une autre langue maternelle. Les gestes sont beaucoup plus importants, et au lieu de demander à un enfant de dire « je suis désolé », nous pouvons lui demander de prendre l’autre enfant dans les bras pour s’excuser.

Le dernier élément que je voudrais aborder est le respect par l’enfant des matériaux utilisés. En effet, d’après mon expérience, les enfants aiment détruire les jouets ou d’autres choses qu’ils utilisent. Les jeunes enfants en particulier parce qu’ils ne comprennent pas les conséquences de leurs actions. De ce fait, il est important d’expliquer ce qui se passera s’ils jettent un verre ou arrachent une page d’un livre qu’ils aiment. Un verre brisé est dangereux et pourrait les blesser et un livre qui est détruit n’est plus propre à utilisation. L’enfant, au lieu de se concentrer sur sa personne, pense à des conséquences de ses gestes. L’enfant comprend que les jouets et matériaux utilisés peuvent servir à d’autres enfants dans le groupe s’ils ne sont pas cassés. Un enfant se trouve dans le sens de collectivité et apprend le sens de bien commun. En outre, nettoyer après eux n’est pas seulement une partie des bonnes manières mais répond également à un enfant a besoin d’ordre. Comme Maria Montessori dit « Le petit enfant ne peut pas vivre dans le désordre ; cela le bouleverse et le fait souffrit, il manifeste sa souffrance avec des pleurs, désespérés et parfois même avec une agitation persistance qui peut aller jusqu’à prendre la forme d’une maladie». Et c’est très bien visible dans chaque crèche. Au moment où la pièce devient mal organisée, l’ambiance change immédiatement. Les enfants se sentent plus en sécurité dans une chambre qu’ils connaissent bien, ils ont besoin d’un extérieur afin de parvenir à un ordre interne. Une combinaison de ces deux crée une intégrité.

Les leçons de grâce et courtoisie sont une pierre angulaire de la méthode Montessori. En effet, ces leçons ne consistent pas seulement à enseigner les bonnes manières, mais aussi à aider l’enfant à trouver son chemin dans une société. Chaque être humain a besoin de trouver sa place dans la société en trouvant en premier lieu l’ordre à l’intérieur  de soi-même. Dr Montessori a introduit la grâce et courtoisie en réaction au besoin de l’ordre. L’enfant a besoin de connaître et d’absorber les structures sociales afin d’être plus à l’aise avec son environnement. La leçon de grâce et courtoisie permet de nous donner le vocabulaire, les actions et les étapes requises pour l’enfant afin de construire sa conscience et la réactivité. Cela donne à l’enfant un meilleur sens de l’orientation dans sa structure sociale. Maria Montessori présente donc des leçons de politesse avec des leçons de vie pratique. Bien sûr, cela est compréhensible, parce que les compétences sociales aident au bon fonctionnement de la société et doivent découler du besoin du cœur. Maria Montessori souligne également que si nous laissons l’enseignement de la courtoisie et de grâce pour plus tard, l’enfant perdra de la spontanéité et de l’intérêt spécial. Au début de la formation du groupe, il est donc nécessaire de se concentrer sur la pratique des bonnes manières, tout comme sur les exercices, afin d’établir des harmonies entre les enfants et leur environnement. Le point principal est que les enfants ne devraient jamais être forcés au comportement courtois ou punis s’ils l’oublient, mais ils devraient savoir comment faire.


Je voudrais terminer cette contribution avec ma citation préférée de Maria Montessori : « La société a construit murs et barrières : la nouvelle éducation doit se détruire et montrer un horizon libre. La nouvelle éducation est une révolution, c’est la révolution non violente. Si elle triomphe, les révolutions violentes seront rendues impossibles ».

Sabina Gucwa
Éducatrice principale pour les crèches L’Enfant Roi


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